Face aux coûts de financement, les banques n'ont pas d'autre choix que d'augmenter leurs barèmes, au grand dam des emprunteurs, de plus en plus nombreux à être exclus du crédit immobilier.

Alors que le froid s'est installé sur la France, les taux de crédit immobilier prennent eux, comme chaque mois depuis février dernier, un nouveau coup de chaud. « Face à des coûts de financement qui dépassent les 2% (taux de refinancement de la BCE à 2%, OAT 10 ans autour de 2,5%) les marges des banques sont toujours sous pression les poussant à répercuter une partie de la hausse sur les taux de crédit immobilier », note Pretto dans un communiqué.

Ce n'est plus une surprise, emprunter à moins de 2% est désormais impossible, quelle que soit la durée. Et les établissements sont de moins en moins nombreux à proposer du crédit immobilier, en attendant le prochain relèvement du taux d'usure, ce taux maximum au-dessus duquel les banques ne peuvent plus prêter. « Certaines banques qui refusent de trop rogner sur leurs marges mettent en suspens la production de crédit jusqu'à la révision de l'usure en janvier prochain (actuellement fixé à 3,05% pour les prêts d'une durée de 20 ans et plus, NDLR). D'autres qui poursuivent la production de crédits sont face à des dossiers qu'elles ne peuvent financer car bloqués par le taux d'usure », développe Pierre Chapon, co-fondateur de Pretto.

Les taux moyens dans les banques début décembre

    • Sur 15 ans : 2% pour Vousfinancer ; 2,30% selon Meilleurtaux ; 2,20% pour Empruntis ; 2,15% d'après Pretto.
    • Sur 20 ans : 2,2% pour Vousfinancer ; 2,42% selon Meilleurtaux ; 2,35% pour Empruntis ; 2,25% d'après Pretto.
    • Sur 25 ans : 2,4% pour Vousfinancer ; 2,59% selon Meilleurtaux ; 2,45% pour Empruntis ; 2,39% d'après Pretto.

    Taux moyens constatés par les réseaux de courtage, sur la base des barèmes fournis par les banques. Ils ne tiennent pas compte du coût de l'assurance emprunteur.

« L'année 2022 se termine ainsi avec des taux qui ont plus que doublé et sont aujourd'hui proches de 2,5% sur 20 ans. Certaines banques affichent même des taux à 3% sur 25 ans, pour l'instant inapplicables compte tenu du niveau des taux d'usure, confirme Julie Bachet, directrice générale de Vousfinancer. Mais au-delà de la remontée des taux qui restent inférieurs à l'inflation, ce qui est plus préoccupant, c'est la contraction de la production de crédits en raison de la faible rentabilité de cette activité pour les banques dans ce contexte de très forte hausse des taux de refinancement. Une situation particulièrement bloquante en cette fin d'année pour l'ensemble des acteurs du marché immobilier, dont les courtiers, et bien sur les accédants à la propriété. »

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Le nouveau taux d'usure très attendu

Alors qu'une étude menée par PAP.fr estimait qu'un emprunteur sur 10 avait fait l'objet d'un refus de prêt en novembre, Vousfinancer rapporte de son côté une baisse de 20% à 25% en novembre par rapport à novembre 2021. Même constat du côté de Le Partenaire, pour qui « cette fin d'année 2022 se termine plutôt mal aussi bien pour les banquiers/courtiers où les dossiers stagnent en attendant une hausse du taux d'usure que pour les emprunteurs. L'effet protecteur des emprunteurs n'est plus tenable, même avec de bons revenus et une qualité de dossier avérée (apport, épargne...), une grande majorité ne peuvent plus accéder à la propriété. »

Prêt immobilier : vaut-il mieux acheter son bien maintenant ou attendre quelques mois ?

Dans quelques jours, fin décembre, la Banque de France dévoilera les nouveaux taux d'usure qui s'appliqueront à partir du 1er janvier pour les trois prochains mois. Alors que le ministre du Logement, Olivier Klein, a rencontré à plusieurs reprises François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, les emprunteurs attendent désormais un rayon de soleil dans la grisaille.

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