Désormais ultra-majoritaire dans le financement des véhicules neufs, la location avec option d’achat a réussi à convaincre les Français par ses avantages, incontestables. Dans certains cas, le crédit auto traditionnel conserve pourtant des atouts. Voici les points forts des deux formules.

Crédit auto traditionnel contre LOA : dans les faits, il n’y a pas match. En 2020, selon les chiffres de l’ASF (1), la location avec option d’achat a représenté 80% du financement des automobiles neuves, hors prêts personnels. Dans une année particulièrement sombre pour les ventes des voitures, la LOA n’a reculé, en volume, que de 6,6%, contre 22,3% pour le crédit affecté. Elle gagne aussi du terrain sur le marché de l’occasion (+15%), où elle représente désormais 17% du volume des financements.

Comment comprendre ce raz-de-marée de la LOA ? On l’explique souvent par une évolution des comportements des consommateurs, de moins en moins attachés à l’idée de posséder leur voiture. On peut aussi supposer que la large exposition offerte par les constructeurs à ce mode de financement, systématiquement mis en avant dans leurs publicités, a joué son rôle. La location avec option d’achat est en effet une excellente affaire pour eux, à tous points de vue. Elle crée une forme de captivité du client qui, dans la majorité des cas, renouvelle une LOA chez eux, dans la même marque, au terme de la location. Elle permet aussi de faire tourner la machine productive : un client optant pour la LOA renouvelle son véhicule tous les 3 ans en moyenne, contre 6 ans pour les particuliers en général,

La formule est-elle aussi avantageuse pour les usagers ? Pour le déterminer, voici un rappel des atouts respectifs de la LOA et du crédit affecté.

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Souplesse : avantage LOA

La souplesse est l’un des atouts mis en avant pour la location avec option d’achat. Pas tant, d’ailleurs, en amont de l’achat : la LOA est un crédit à la consommation, au sens de la réglementation, et sa distribution est donc soumise aux mêmes contraintes qu’un crédit auto traditionnel, notamment pour la vérification de la solvabilité de l’emprunteur. Surtout en aval : au terme de la période de location, vous avez en effet la possibilité soit de restituer le véhicule à votre concessionnaire, soit de le conserver et d’en devenir propriétaire.

La LOA est ainsi logiquement appréciée des automobilistes souhaitant changer régulièrement de voiture. Elle leur permet en effet d’éviter la corvée de la revente du véhicule : poster des annonces, négocier son prix, la faire essayer…

Prix : avantage crédit auto

La souplesse d’utilisation de la LOA, toutefois a un coût. Attention à ne pas se laisser aveugler par le prix des loyers mensuels, souvent moins élevés, à véhicule égal, que les mensualités d’un crédit affecté. Ces loyers réduits signifient en effet généralement qu’il s’agit d’une LOA avec apport, dont le premier loyer est largement majoré pour couvrir, notamment, les frais de dossier ou de carte grise. Ainsi, pour comparer efficacement le prix des deux options, il faut intégrer au coût total de l’opération cet apport initial, mais aussi le prix de la valeur résiduelle, à régler dans le cas où vous choisissez d’en devenir propriétaire.

La comparaison, finalement, sera rarement en faveur de la LOA. Autrement dit, si le prix est un critère pour vous, et vous envisagez de conserver le véhicule au terme de la période de location, mieux vaut opter pour le crédit auto, qui vous permettra en plus, lors de la revente du véhicule, de récupérer un capital à investir dans un nouvel achat.

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Visibilité budgétaire : avantage LOA

C’est le principal point fort, l’argument massue en faveur de la location avec option d’achat. Plus chère dans l’optique d’un achat final de la voiture, la LOA a toutefois un mérite : avec ses formules tout compris, elle permet de lisser le coût de l’automobile, et donc de l’intégrer dans son budget mensuel.

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Les formules de location avec option d’achat intègrent notamment, dans l’immense majorité des cas, l’entretien du véhicule. Certes, ce n’est pas le poste budgétaire le plus coûteux dans les premières années. Néanmoins, vous n’avez pas besoin d’anticiper le prix des révisions généralement conseillées tous les 15 0000 km pour les moteurs essence, et 20 000 km pour les moteurs diesel. Selon les cas, votre loyer peut également inclure le coût de l’extension de garantie, qui permet de couvrir le défaut éventuel d’une pièce, voire, en option, l’assurance du véhicule.

Tranquillité d’esprit : avantage crédit auto

Cela peut être vu, selon les cas, comme un avantage ou un inconvénient : si vous optez pour la LOA, votre voiture ne vous appartient pas tant que vous n’avez pas activé l’option d’achat. Ainsi, ce que vous gagnez en souplesse, vous pouvez le perdre en tranquillité d’esprit quand vous conduisez le véhicule.

Avec la LOA, l’usage que vous allez faire du véhicule est en effet contraint. Le contrat que vous passez avec le concessionnaire prévoit généralement un kilométrage maximum : plus celui-ci est élevé, plus le prix du loyer augmente. Si vous le dépassez, vous serez redevable de frais supplémentaires. Même chose si le véhicule est abîmé (taches sur les sièges, rayures sur la carrosserie, etc.) : au moment de la restitution, votre concessionnaire vous facturera des pénalités, dont le coût n’est pas encadré et peut parfois s’envoler.

Le financement par crédit affecté classique, à l’inverse, offre plus de tranquillité d’esprit. Vous êtes pleinement propriétaires du véhicule dès le 1er jour, et donc entièrement libre de l’utiliser comme bon vous semble, sans compter vos kilomètres quand vous partez en vacances, sans surveiller en permanence vos enfants à l’arrière du véhicule ou sans frémir dès que vous vous garez dans l’espace public.

(1) Association française des sociétés financières, instance représentative des métiers du financement en France. Ces adhérents représentent près de 50% de l’encours de l’ensemble des établissements de crédit.