Une enquête pour escroqueries en bande organisée a été ouverte après qu'une agence du Crédit Mutuel de Strasbourg a octroyé 30 millions d'euros de prêts frauduleux à des ressortissants roumains, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.

L'enquête préliminaire a été ouverte à la suite de « nombreux crédits (...) accordés par la Caisse locale du Crédit Mutuel Strasbourg-Gutenberg à plusieurs dizaines de sociétés civiles créées par des membres de (...) familles d'origine étrangère, en vue de l'acquisition de biens immobiliers », indique dans un communiqué la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Nancy, confirmant des informations du quotidien régional Les Dernières Nouvelles d'Alsace (DNA).

L'enquête, confiée à la section de recherches de la gendarmerie de Strasbourg, devra notamment déterminer « si de faux documents ou des manœuvres frauduleuses ont été utilisées pour permettre l'octroi de ces prêts par l'établissement bancaire », ajoute la Jirs.

Le Crédit Mutuel « a déposé plainte contre X au mois de novembre », a indiqué à l'AFP un porte-parole de l'établissement mutualiste. Le groupe bancaire « ne fait pas d'autres commentaires en raison de l'enquête en cours ».

C'est lors d'une enquête interne à la banque que « des flux anormaux » ont été décelés, a indiqué à l'AFP une source proche du dossier. Selon cette même source, les prêts litigieux octroyés par l'agence s'élèvent à 30 millions d'euros. L'enquête interne a notamment permis de déterminer que plusieurs individus qui avaient obtenu des crédits étaient en réalité liés par « une communauté d'intérêts », évoquant un possible « réseau de blanchiment d'argent », selon cette même source.

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L'agence strasbourgeoise mise en cause aurait ainsi « accordé 80 crédits sur la base de documents frauduleux via un intermédiaire strasbourgeois », écrivent les DNA, journal par ailleurs détenu par le Crédit Mutuel.

Tous les clients qui ont obtenu ces prêts venaient de ce « même porteur d'affaire », sorte de courtier qui apportait les dossiers de demandes de prêt « clé en main » et qui « avait contractualisé avec la caisse » mise en cause, a confirmé la source proche du dossier.

L'enquête interne a ainsi mis en évidence que des ressortissants roumains d'une même famille « installés en France (...) auraient utilisé des faux documents pour monter » des dossiers de crédit portant « sur des projets immobiliers, notamment en région parisienne », écrivent encore les DNA, selon lesquelles des « poursuites disciplinaires » ont été diligentées « à l'encontre du directeur et des administrateurs de la caisse ». La gouvernance de la caisse incriminée a depuis été entièrement « renouvelée », selon la source proche du dossier.