Helvet Immo ? Cette affaire porte le nom des prêts « Helvet Immo » commercialisés en 2008-2009 par BNP Paribas Personal Finance. Des crédits destinés à linvestissement locatif défiscalisé, et qui reposaient sur un montage financier complexe : ces prêts étaient libellés en francs suisses, en sappuyant sur la supposée stabilité du cours vis-à-vis de leuro. Mais ce montage basé sur un prêt en devises sest avéré toxique au fur et à mesure que la valeur de la monnaie unique européenne baissait par rapport au franc suisse. Mécaniquement, lendettement des emprunteurs a augmenté (parfois de plus de 30%), au même rythme que la valeur du franc suisse vis-à-vis de leuro. Un euro rembourse aujourdhui environ 1,10 franc suisse, contre 1,57 au lancement dHelvet Immo en mars 2008.
Résultat : 4 655 emprunteurs victimes de « pratiques commerciales douteuses », dun « discours trompeur » et dune omission du risque induit par ce montage en francs suisses, selon la CLCV. Lassociation estime que près de 800 millions deuros ont été prêtés via Helvet Immo, soit environ 170 000 euros en moyenne. 1 600 victimes se sont constituées partie civile, accompagnées par les associations de consommateurs CLCV, UFC-Que Choisir et Afoc.
Me Charles Constantin-Vallet, avocat denviron un millier de parties civiles, affirme à lAFP que « l'offre a été rédigée de telle sorte que les emprunteurs ne pouvaient comprendre qu'ils étaient exposés à ce risque », dautant que les agents ayant commercialisé ce produit disposaient eux-mêmes d'un « argumentaire commercial trompeur ». Lavocat cite lune dune victime, aujourdhui surendettée : ce cariste à la Poste « ne pouvait plus rembourser » et a vu son bien, « un appartement T2 acheté 140 000 euros, saisi à la demande de la banque et revendu 55 000 euros ». Or, « la banque le poursuit et lui réclame encore plus de 190 000 euros ».
Le témoignage clé dune ancienne directrice régionale
Pour sa défense, la banque rétorque que son offre indiquait clairement le risque induit par les variations de change. Et que cela pouvait avoir un impact sur le remboursement du crédit. La filiale de BNP Paribas s'appuie sur ce point sur plusieurs décisions qui lui sont favorables devant des juridictions civiles.
Les juges dinstruction ont toutefois estimé que BNP Parbias Personal Finance a manqué à son « obligation de clarté dans linformation » aux emprunteurs. Les juges dinstruction se sont notamment appuyés sur le témoignage dune ancienne directrice régionale, qui a pointé un « mensonge » sur le « capital restant dû » lors des formations internes suivies par les collaborateurs de la banque. Un témoignage lui-même qualifié de mensonger par BNP Paribas Personal Finance
















