LOA, pour « location avec option dachat ». LLD, pour « location longue durée ». La première est devenue, au cours des 4 dernières années, le premier mode de financement des achats dautomobiles neuves en France, et se développe désormais sur loccasion. La seconde sest également fait une place comme alternative au crédit auto classique, mais elle reste beaucoup plus confidentielle : elle pèse environ 10% du poids de la LOA, selon Christophe Michaeli, directeur marché Automotive France de BNP Paribas Personal Finance. Comment expliquer ce différentiel de succès ?
« Labsence doption dachat est encore un frein »
Les deux ont en tout cas en commun de correspondre à une évolution majeure des modes de consommation, à un nouvel air du temps. Dans la nouvelle économie du numérique, lusage a en effet tendance à prendre le pas sur la propriété. En clair, les consommateurs sont de moins en moins attachés à lidée de posséder leur voiture, et de plus en plus enclins à la louer. Dautant que dans le même temps, la crise économique a contraint les ménages à gérer leur budget au plus près. De plus en plus, « le client veut pouvoir gérer des budgets mensuels, au même rythme que celui du versement de son salaire », rappelle ainsi Christophe Michaeli. Un mode de gestion facilité par la LLD et la LOA, le plus souvent vendu sous la forme de packages incluant lentretien et lassistance du véhicule.
L'usage prend le pas sur la propriété
Si les mentalités ont évolué, elles nont toutefois pas été totalement révolutionnées. Ce qui explique pour une bonne part la domination de la LOA sur la LLD. « Labsence de possibilité dachat est encore un frein pour certains clients particuliers », confirme Christophe Michaeli. Cest en effet la principale différence entre LOA et LLD. La première permet au consommateur, au terme de la période de location, davoir le choix entre rendre le véhicule à la concession - le cas échéant pour en reprendre un autre neuf - et en devenir définitivement propriétaire, à un prix convenu à lavance. Pas de possibilité dacquisition, en revanche, dans le cas de la LLD. « La LLD noffre pas autant de souplesse », souligne Aude Fauchie, directrice marketing de DIAC, filiale spécialisée du constructeur automobile Renault, « et pas davantages en termes de prix ».
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La LLD pour appâter le client
Du point de vue du coût dusage du véhicule, la LLD est-elle effectivement au même prix que la LOA, malgré labsence doption dachat ? Répondre à cette question dans labsolu na rien dévident. Tout dépend en effet de la politique du constructeur, et du concessionnaire qui propose le véhicule.
Une chose est certaine : les loyers mensuels alléchants affichés par les constructeurs automobiles dans leurs publicités sont en général ceux des offres de LLD. Pourquoi ? Tout simplement parce que, contrairement à la LOA, la location longue durée nest pas considérée comme un crédit à la consommation, ce qui permet au constructeur de sabstraire de certaines contraintes dans sa communication : pas besoin dafficher en gros le coût du financement par exemple. Le message est plus simple, et plus efficace.
« Des offres miroir en LLD et LOA »
Au moment daccueillir les clients alléchés par la publicité, les concessionnaire ont ensuite le choix. Ils peuvent le convaincre dopter effectivement pour la LLD. Ils peuvent aussi lorienter vers la LOA. Et même choisir daligner les conditions de lune sur lautre : même premier loyer, même mensualité, même durée. « Sils le souhaitent, les réseaux proposent des offres miroir en LLD et en LOA », confirme Christophe Michaeli, de BNP Paribas Personal Finance.
Un coût dusage moins important avec la LLD
En labsence defforts particuliers du concessionnaire, le coût dusage dun véhicule neuf est toutefois généralement inférieur en LLD. Pour lillustrer, nous avons comparé les offres faites par Renault, sur son site web, pour accéder au modèle le plus vendu en France en 2018, la Clio, ici en version dentrée de gamme (Trend TCe 75). Dans les deux cas, lentretien et lassistance sont inclus.
En location longue durée, ce modèle est accessible en échange dun premier loyer de 1 700 euros, puis 48 loyers mensuels de 119 euros. Soit un coût dusage total sur 4 ans et un mois de 7 412 euros.
En location avec option dachat, le même véhicule est proposé par Renault à 185,68 euros mensuels pendant 48 mois, après un premier loyer de 1 500 euros. Soit un coût dusage total sur 4 ans et un mois de 10 412,64 euros. Plus de 3 000 euros de plus.
En activant l'option dachat, fixée à 6 650,81 euros, le client va toutefois pouvoir faire lacquisition du véhicule, pour un coût total de 17 063,45 euros. Mais pour que la formule LOA soit gagnante au final, il faut ensuite quil puisse revendre le véhicule, sur le marché de loccasion, à 9 650 euros au moins. Pas évident pour un véhicule vendu 15 300 euros neuf : en moyenne, une voiture a déjà perdu près de 40% de sa valeur au bout de 2 ans.
Bilan : la LLD permet daccéder à un véhicule neuf à moindre coût et avec moins de contraintes que la LOA. Cest dailleurs ce que lui reprochent ses détracteurs. « La LLD, peu réglementée, permet de contourner toute la pédagogie qui existe autour du crédit », déplore Olivier Gayraud, juriste au sein de lassociation de consommateurs CLCV. « Par ce moyen, des personnes qui auraient des difficultés à obtenir un financement peuvent tout de même accéder à un véhicule neuf. Mais ce nest pas forcément en leur faveur : avec la LLD, on paie tout le temps et on n'est jamais propriétaires de rien. »




















