Les banques françaises, interpellées par le gouvernement pour soutenir la transition énergétique, travaillent à une adaptation de leurs offres de crédit pour favoriser le financement de véhicules « verts », a indiqué mardi à l'AFP la Fédération bancaire française (FBF).

Les établissements bancaires « travaillent actuellement pour intégrer le préfinancement de la prime à la conversion dans leurs offres de crédit et ainsi mieux accompagner les Français dans la transition énergétique, dans le respect du droit de la concurrence », a fait savoir un porte-parole de la FBF.

Le mécanisme envisagé devrait notamment permettre d'étendre la capacité d'emprunt des demandeurs de crédit auto. La plupart des banques « ont développé des offres préférentielles pour le financement ou l'assurance via leurs filiales de véhicules verts et elles sont ouvertes sur le sujet », a précisé ce porte-parole.

Création d'une « super prime » à la conversion

La prime à la conversion, mise en place en 2015, vise à favoriser le remplacement de véhicules anciens par des véhicules plus propres. En pratique, l'acheteur qui met au rebut un vieux véhicule polluant peut bénéficier de cette prime allant jusqu'à 2 500 euros. Son montant dépend des performances du véhicule acquis en matière d'émissions de CO2 et de la situation fiscale du demandeur. Depuis cette année, cette prime s'applique aussi sous certaines conditions à l'achat de voitures d'occasion.

Le gouvernement va maintenant créer une « super prime » pour les 20% de foyers les plus modestes, a annoncé il y a près de deux semaines Édouard Philippe. Elle permettra de doubler la prime actuelle pour atteindre 4 000 euros pour un véhicule diesel ou essence et 5.000 euros pour une voiture hybride ou électrique, a affirmé le Premier ministre.

La semaine passée, plusieurs parlementaires de la majorité avaient appelé le gouvernement à mettre la pression sur les banques pour qu'elles développent de nouveaux types de prêts, comme par exemple des microcrédits à taux très bas pour l'achat de voitures moins polluantes, dans un contexte de contestation du mouvement des « gilets jaunes ». Un échange s'est tenu jeudi sur le sujet entre représentants du secteur bancaire et du ministère de l'Économie et des Finances.

Les marges de manœuvre sont toutefois limitées, beaucoup d'établissements bancaires proposant déjà des offres de crédit à des taux réduits et notamment pour le financement de véhicules moins polluants, affirme à l'AFP une source au sein du secteur.

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Des banques sous pression

Le ministre est notamment revenu sur un rapport publié samedi par l'ONG Oxfam, qui accuse les six banques françaises les plus importantes de n'avoir pas tenu leurs engagements depuis la COP21 en décembre 2015, citant nommément BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, BPCE, Crédit Mutuel-CIC et la Banque Postale. « Les engagements pris par le secteur financier en matière de lutte contre le réchauffement climatique doivent être tenus », a affirmé M. Le Maire, ajoutant qu'il souhaitait aller « plus loin » pour convaincre le secteur financier d'avancer dans cette direction.

« Contrairement à ce que de récents rapports suggèrent, les banques françaises sont plus que jamais engagées dans la transition écologique », a toutefois rétorqué mardi la Fédération bancaire française. Les banques « seront bien évidemment présentes au rendez-vous annoncé par le ministre de l'Économie et des Finances. Les banques ont la volonté d'être des fers de lance de la transition énergétique et sont pleinement mobilisées en ce sens. Leurs engagements pris depuis la COP 21 sont bien tenus », a-t-elle ajouté.

Plus généralement, le ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire a exigé lundi des entreprises dont l'État français est actionnaire une stratégie pour réduire les émissions de CO2 et appelé les banques à « tenir leurs engagements » dans la lutte contre le réchauffement climatique.