« Le retournement de tendance [concernant les taux de crédit immobilier, NDLR] a eu un effet ''massue'' sur les nouveaux projets », affirme Stéphanie Pécault, responsable des études chez Logic-immo, dans l'« observatoire du moral immobilier » publié début décembre. Un phénomène qui permet de mesurer à quel point lévolution des taux dintérêt a pris une dimension « psychologique » chez les candidats à laccession.
Au printemps dernier, les taux de crédit poursuivaient leur longue baisse entamée dès le début 2014, et atteignaient des niveaux inédits. Cest à partir du mois de mai quune remontée potentielle a été évoquée, et elle a finalement été enregistrée au début de lété dans la plupart des baromètres. Ce rebond, léger, a depuis été en partie annulé par une nouvelle érosion des taux à lautomne 2015.
La fin de leffet daubaine ?
Peu importe : le rebond a été médiatisé et relayé par les professionnels de limmobilier, sur le terrain. Les emprunteurs potentiels ont entendu le message et lont peut-être « sur-interprété » à en croire lobservatoire du moral immobilier. Ainsi, en avril dernier, 46% des sondés sétant récemment mis en recherche dun bien (1) affirmaient sêtre décidés « du fait du niveau historiquement bas des taux ». Ces derniers restent aujourdhui extrêmement bas et donc très attractifs mais seuls 29% des sondés citent cette même source de motivation en octobre. Un sondage qui tend donc à montrer que leffet daubaine des taux au plus bas sest essoufflé dans la population.
Témoignage de cet écart entre le sentiment des acheteurs potentiels et la réalité, les sondés se sont fixés une « barrière psychologique » avec un taux au-dessus duquel ils ne signeraient pas leur crédit. Et ce plafond serait en moyenne à 3,20% (sans durée demprunt précisée) selon ce sondage, alors que le taux moyen des prêts immobiliers est actuellement à 2,20% selon Crédit Logement-CSA, en légère baisse en novembre. Bref, il existe un important décalage entre hausse imaginée et réalité.
Empressement et découragement
Lannonce de la remontée estivale des taux a eu un double effet selon cette étude : stimuler les acheteurs ayant un projet « mûr », qui voulaient ainsi sassurer dobtenir un taux bas, et dissuader dautres acheteurs potentiels, plus hésitants. « Lannonce de la remontée des taux a refroidi de nombreux Français qui étaient dans les prémisses dun projet dacquisition et qui ont eu le sentiment dêtre passés à côté dune opportunité », affirme ainsi Stéphanie Pécault. A contrario, 38% des personnes interrogées reconnaissent donc que la hausse des taux les a incités à « accélérer » leur opération immobilière.
(1) Enquête réalisée par TNS Sofres pour le site d'annonces immobilières Logic-immo en octobre 2015 auprès de 1.251 personnes ayant un projet dacquisition dun logement dici à 1 an. Les questions sur les intentions d'achat ont elles été posées uniquement aux personnes cherchant un bien à acquérir depuis moins de 6 mois, soit un échantillon de 764 personnes.
















