Face à la hausse des prix de l’immobilier, comment a évolué le profil de l’emprunteur immobilier entre 2008 et 2011 ? Il est un peu plus âgé, un peu plus aisé et emprunte plus souvent en couple, selon une étude comparative publiée récemment par le courtier ACE.

Pour les besoins de son étude, le courtier a comparé les chiffres issus des 6.500 dossiers qu’il a traités en 2011 à ceux récoltés en 2008. Les salariés du privé sont surreprésentés dans ce panel : 10% seulement des dossiers concernent en effet des fonctionnaires, ces derniers bénéficiant souvent, selon le communiqué d’ACE, « de conditions particulières en termes de financement immobilier et [recourant] moins naturellement aux conseils d’un courtier (…) ».

Premier constat, sans grande surprise dans un contexte de hausse des prix de l’immobilier : les montants empruntés en 2011 sont généralement supérieurs à ce qu’ils étaient en 2008. Ainsi, la part du nombre de prêts compris entre 250.000 et 300.000 euros est passée de 9% à 13% entre les deux dates. La part des prêts supérieurs à 400.000 euros est, elle, passée de 14% à 19%.

Emprunts en couple

Conséquence : pour satisfaire aux conditions d’octroi des banques et pouvoir consacrer une part plus importante de son budget au remboursement de son prêt immobilier, l’emprunteur type attend d’avoir une situation plus stable et des revenus plus élevés. Les 30-49 ans représentent ainsi plus de 75% des emprunteurs en 2011, contre 67% en 2008. Par ailleurs, 70% des ces ménages empruntent en couple (mariés, pacsés ou en union libre), ce qui représente une progression de 14 points sur trois ans.

Le revenu annuel moyen des emprunteurs a tendance logiquement à augmenter. La proportion de ceux qui disposent de moins de 25.000 euros annuels diminue, passant de 28% en 2008 à 17% en 2011. La tranche des revenus supérieurs à 49.000 euros annuels fait le chemin inverse : 28% en 2011 contre 17% en 2008. Entre les deux, la part des ménages disposant de 25 à 49.000 euros par an est stable, à 55%.

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« Baisse importante du pouvoir d’achat »

Autre indicateur montrant que l’emprunt immobilier devient l’affaire de ménages de plus en plus aisés : la part des emprunteurs disposant d’un revenu disponible compris entre 1.000 et 1.999 euros diminue nettement, passant de 41% en 2008 à 29% en 2011. A l’inverse, les ménages disposant d’un revenu disponible supérieur à 2.000 euros sont surreprésentés, passant de 46% à 68%. Une augmentation qui s’explique, selon ACE, par « une baisse importante du pouvoir d’achat des Français ces dernières années qui, à revenus mensuels similaires, atteignent la barre des 33% d’endettement plus rapidement lors de l’évaluation de leur projet. »

Pour finir, un chiffre évolue peu : l’objectif du crédit immobilier reste très majoritairement l’achat de sa résidence principale (84% en 2011 contre 87% en 2008), même si l’achat de biens destinés à l’investissement locatif progresse (14% contre 11%). Ce qui fait dire à ACE que « la pierre demeure un investissement fiable et attractif » pour les Français.