Le groupe immobilier Nexity plaide pour un recentrage du prêt à taux zéro plus (PTZ+), réservé aux foyers qui ne sont pas encore propriétaires de leur logement, sur les ménages modestes et les logements neufs dans les zones urbaines denses pour remédier à la pénurie d'habitations.

« J'ai évoqué avec Nicolas Sarkozy la nécessité de modifier le PTZ+, principalement pour les logements neufs dans les zones urbaines denses. Sur la base d'une enveloppe du PTZ+ constante, il faut affecter le PTZ+ aux revenus les plus modestes et le réduire fortement pour les classes moyennes supérieures ». Alain Dinin, le PDG de Nexity, s'inquiète en effet de la chute de la vente de logements neufs, à cause notamment du moindre intérêt fiscal pour les investisseurs achetant des logements neufs pour les louer et du fait que le PTZ+ profite plus au secteur de l'ancien.

« Le nombre de logements neufs vendus par les promoteurs va chuter de 110.000 en 2010 à 90.000 en 2011 et 70.000 en 2012, soit une baisse de 0,5% de croissance, une perte de 80.000 emplois et une diminution de recettes de 2 milliards d'euros pour l'Etat », souligne le PDG de Nexity à l'occasion de la publication d'un sondage Ipsos sur « les enjeux du logement en 2012 ». Selon cette enquête, l'augmentation des prix du foncier est le principal facteur de la flambées des prix de l'immobilier pour les Français.

Rien de prévu au budget 2012

Selon des sources proches du gouvernement, la modification des conditions d'attribution du PTZ+ n'est pas prévue dans le projet de loi de finances 2012 qui sera présenté au Conseil des ministres du 28 septembre. Il est toutefois possible que celles-ci soient modifiées plus tard par simple décret. De nombreuses critiques de professionnels du secteur s'élèvent en effet contre le fait que davantage de ménages des deux tranches supérieures reçoivent des aides via le PTZ+ (36% des ménages aidés appartiennent à ces tranches) alors que seulement 20% des ménages aidés relèvent des trois tranches les plus modestes.

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Avec un objectif de 380.000 PTZ+ distribués en 2011, le coût budgétaire pour l'Etat, afin de compenser la différence avec les taux d'intérêts pratiqués par les banques, devrait s'élèver à 2,6 milliards d'euros.