Le courtier en ligne Meilleurtaux a dévoilé ce matin son Observatoire semestriel du crédit immobilier. Il y pointe, pour 2011, une tendance à la hausse des taux, tout en considérant que la solvabilité des ménages sera préservée, grâce notamment au PTZ+ et à la réforme de l’assurance emprunteur, dans un contexte de relative stabilité des prix.

Les chiffres récoltés dernièrement par Meilleurtaux, filiale du groupe BPCE, confirment la remontée des taux, amorcées depuis la fin 2010 : en mars, selon les chiffres fournis par le courtier, 84% des banques partenaires du courtier ont augmenté leur taux moyen de 0,15% en moyenne. Pour un prêt sur 20 ans, ces taux s'établissaient entre 3,80% et 4,20%, contre 3,60% à 4,00% en mars 2010.

C’est, selon Christian Camus, la conséquence directe de la hausse des taux obligataires à 10 ans, mais aussi des tensions inflationnistes dans la zone euro (+2,4% en février). Le directeur général de Meilleurtaux se veut toutefois plutôt optimiste : « La France a évité, pour l’instant en tout cas, une flambée des taux immobiliers. Avec le retour de la croissance économique, on s’attend plutôt à une hausse progressive des taux, qui resteront toutefois bas par rapport aux séries statistiques. Une croissance économique est quand même plus intéressante que des taux d’intérêt extrêmement bas, même pour le particulier qui emprunte. »

La solvabilité des ménages préservée

D’autant que plusieurs éléments se conjuguent par ailleurs pour maintenir la solvabilité des ménages, malgré des niveaux de prix qui restent élevés. Le Prêt à taux zéro +, au premier chef, qui, selon Christian Camus, fait un tabac : « Là où le PTZ ne concernait l’an dernier qu’un tiers de nos clients, le PTZ+ est actuellement présent dans un crédit sur deux. Cela vient largement compenser les effets négatifs de la hausse des taux. »

Autre facteur positif : l’entrée en vigueur, depuis le 1er septembre 2010, de la réforme de l’assurance emprunteur, qui permet de souscrire son assurance de prêt auprès de la compagnie de son choix. « Le fait de pouvoir décorréler le crédit et l’assurance permet de faire des économies substantielles, qui viennent souvent s’ajouter au PTZ+ », explique Christian Camus.

Toutefois, le volume des crédits immobiliers accordés en 2011 par les banques devraient reculer à 130 milliards d'euros, contre 158 milliards en 2010. Selon Christian Camus, cette baisse est due à la « quasi-disparition » de la renégociation de prêts immobiliers, qui a concerné 20 à 25% de la production de crédits en 2010. Seuls « les emprunteurs ayant souscrit un crédit entre fin 2007 et début 2009 ont encore intérêt à rénégocier leur crédit » a ainsi expliqué le patron de Meilleurtaux.

Un risque de blocage du marché ?

Invité à commenter les résultats de l’Observatoire, Bernard Cadeau, président du réseau d’agents immobiliers Orpi, a de son côté salué la reprise des ventes immobilières en 2010, après deux années 2008 et 2009 très difficiles.

Il a toutefois pointé le risque, dans certaines régions tendues, d’un « blocage du marché » en raison de hausses inconsidérées. Plus généralement, il a estimé que « le niveau des taux d’intérêt en sensible augmentation ne permet pas d’augurer un flux massif de nouveaux acheteurs (…), ce qui devrait contribuer à une augmentation faible, voire nulle, des prix de l’immobilier en 2011. »