Les chiffres récoltés dernièrement par Meilleurtaux, filiale du groupe BPCE, confirment la remontée des taux, amorcées depuis la fin 2010 : en mars, selon les chiffres fournis par le courtier, 84% des banques partenaires du courtier ont augmenté leur taux moyen de 0,15% en moyenne. Pour un prêt sur 20 ans, ces taux s'établissaient entre 3,80% et 4,20%, contre 3,60% à 4,00% en mars 2010.
Cest, selon Christian Camus, la conséquence directe de la hausse des taux obligataires à 10 ans, mais aussi des tensions inflationnistes dans la zone euro (+2,4% en février). Le directeur général de Meilleurtaux se veut toutefois plutôt optimiste : « La France a évité, pour linstant en tout cas, une flambée des taux immobiliers. Avec le retour de la croissance économique, on sattend plutôt à une hausse progressive des taux, qui resteront toutefois bas par rapport aux séries statistiques. Une croissance économique est quand même plus intéressante que des taux dintérêt extrêmement bas, même pour le particulier qui emprunte. »
La solvabilité des ménages préservée
Dautant que plusieurs éléments se conjuguent par ailleurs pour maintenir la solvabilité des ménages, malgré des niveaux de prix qui restent élevés. Le Prêt à taux zéro +, au premier chef, qui, selon Christian Camus, fait un tabac : « Là où le PTZ ne concernait lan dernier quun tiers de nos clients, le PTZ+ est actuellement présent dans un crédit sur deux. Cela vient largement compenser les effets négatifs de la hausse des taux. »
Autre facteur positif : lentrée en vigueur, depuis le 1er septembre 2010, de la réforme de lassurance emprunteur, qui permet de souscrire son assurance de prêt auprès de la compagnie de son choix. « Le fait de pouvoir décorréler le crédit et lassurance permet de faire des économies substantielles, qui viennent souvent sajouter au PTZ+ », explique Christian Camus.
Toutefois, le volume des crédits immobiliers accordés en 2011 par les banques devraient reculer à 130 milliards d'euros, contre 158 milliards en 2010. Selon Christian Camus, cette baisse est due à la « quasi-disparition » de la renégociation de prêts immobiliers, qui a concerné 20 à 25% de la production de crédits en 2010. Seuls « les emprunteurs ayant souscrit un crédit entre fin 2007 et début 2009 ont encore intérêt à rénégocier leur crédit » a ainsi expliqué le patron de Meilleurtaux.
Un risque de blocage du marché ?
Invité à commenter les résultats de lObservatoire, Bernard Cadeau, président du réseau dagents immobiliers Orpi, a de son côté salué la reprise des ventes immobilières en 2010, après deux années 2008 et 2009 très difficiles.
Il a toutefois pointé le risque, dans certaines régions tendues, dun « blocage du marché » en raison de hausses inconsidérées. Plus généralement, il a estimé que « le niveau des taux dintérêt en sensible augmentation ne permet pas daugurer un flux massif de nouveaux acheteurs ( ), ce qui devrait contribuer à une augmentation faible, voire nulle, des prix de limmobilier en 2011. »














