Les mois passent et les taux de crédit immobilier continuent de grimper. Après une rentrée déjà marquée par une hausse des barèmes bancaires, novembre 2026 ne devrait pas apporter de répit aux emprunteurs. Selon les dernières données des courtiers Pretto et CAFPI, les taux moyens progressent à nouveau, quelle que soit la durée du prêt.

Chez CAFPI, les taux moyens obtenus en octobre atteignent désormais 3,40% sur 15 ans, 3,61% sur 20 ans et 3,75% sur 25 ans. Soit des augmentations respectives de 0,10, 0,10 et 0,17 point en un mois.

Même constat chez Pretto, qui affiche des taux moyens de 3,56% sur 15 ans, 3,76% sur 20 ans et 3,85% sur 25 ans pour novembre. Le courtier relève une hausse comprise entre 0,06 et 0,11 point selon les durées.

Les taux moyens dans les banques début novembre

  • Sur 15 ans : 3,56% chez Pretto, 3,58% d'après Meilleurtaux, 3,40% pour Cafpi.
  • Sur 20 ans : 3,76% d'après Pretto, 3,61% chez Cafpi, 3,71% pour Meilleurtaux.
  • Sur 25 ans : 3,85% pour Pretto, 3,75% chez Cafpi, 3,80% d'après Meilleurtaux.

Taux moyens constatés par les réseaux de courtage, sur la base des barèmes fournis par les banques. Ils ne tiennent pas compte du coût de l'assurance emprunteur.

Des taux à plus de 4% sur 25 ans

Et pour certains emprunteurs, la barre symbolique des 4% est déjà franchie. Selon Pretto, les ménages disposant de moins de 40 000 euros de revenus nets annuels avant impôts obtiennent désormais un taux moyen de 4,07% sur 25 ans. Pour ceux gagnant entre 40 000 et 80 000 euros, ce taux atteint 3,97%.

À l'inverse, les emprunteurs les plus aisés continuent de bénéficier de conditions plus avantageuses. Au-delà de 120 000 euros de revenus annuels, le taux moyen sur 25 ans s'établit à 3,53%, soit 0,54 point de moins que pour les ménages les plus modestes.

Les meilleurs dossiers peuvent également espérer négocier des conditions plus favorables. Chez CAFPI, les taux les plus attractifs atteignent ainsi 3,10% sur 15 ans, 3,25% sur 20 ans et 3,45% sur 25 ans.

De son côté, le baromètre Meilleurtaux, actualisé au 26 octobre et publié sur MoneyVox, fait état de « très bons taux » à 3,59% sur 15 ans, 3,70% sur 20 ans et 3,84% sur 25 ans. Les excellents dossiers peuvent même espérer décrocher 3,35% sur 15 ans et 3,55% sur 20 ou 25 ans.

Combien coûte cette nouvelle hausse des taux ?

Cette remontée n'est évidemment pas sans conséquence sur le portefeuille des emprunteurs. Selon les simulations de Pretto, un ménage qui emprunte 250 000 euros sur 20 ans au taux de 3,76% doit désormais rembourser environ 1 484 euros par mois, hors assurance.

La hausse des taux enregistrée en novembre représente ainsi 13 euros supplémentaires chaque mois, soit un surcoût de 3 115 euros sur l'ensemble de la durée du prêt. Et les conséquences peuvent être encore plus importantes sur les prêts les plus longs. Chez CAFPI, la hausse des taux sur 25 ans entraîne une augmentation d'environ 23 euros de la mensualité pour un emprunt de 250 000 euros, hors assurance.

Autre conséquence : le pouvoir d'achat immobilier des ménages continue de s'éroder. Selon les calculs de CAFPI, pour une mensualité de 1 000 euros sur 25 ans, la surface accessible a diminué de 5,75 m² en un an à Rennes, soit une baisse de 10,61%. À Reims, la perte atteint 4,97 m², contre 3,90 m² à Marseille.

Pourquoi les taux immobiliers continuent-ils d'augmenter ?

Cette nouvelle hausse s'explique notamment par les tensions sur les marchés obligataires. Le 21 octobre, le taux auquel l'État français emprunte à 10 ans, appelé OAT 10 ans, a franchi la barre des 5%, une première depuis 2002.

Or, cet indicateur constitue l'une des références utilisées par les banques pour déterminer les taux de leurs crédits immobiliers. Sa remontée, alimentée notamment par les inquiétudes concernant les finances publiques françaises, exerce donc une pression supplémentaire sur les conditions de financement.

Certaines banques ont d'ailleurs déjà réagi. Selon Pretto, le Crédit Mutuel du Sud-Ouest a relevé ses barèmes de 0,25 point dès le 19 octobre, tandis que le Crédit Agricole Île-de-France a appliqué une hausse de 0,20 point deux jours plus tard.

« Les banques ont choisi de défendre leurs volumes dans un marché peu dynamique, plutôt que de gonfler leur marge sur le crédit », explique Pierre Chapon, cofondateur de Pretto. Mais avec la remontée des taux obligataires, cette stratégie pourrait devenir plus difficile à maintenir.

Faut-il s'attendre à de nouvelles hausses ?

Pour les candidats à l'achat immobilier, les perspectives restent donc incertaines. Plusieurs courtiers anticipent une poursuite de la remontée des taux d'ici la fin de l'année, avec des moyennes qui pourraient atteindre 4% sur 25 ans.

Tout n'est cependant pas perdu pour les emprunteurs. Les banques continuent de chercher à attirer de nouveaux clients et les écarts entre établissements peuvent être importants. Selon Pretto, les clients du courtier ayant obtenu une offre de prêt sur 25 ans au cours des 30 derniers jours ont ainsi bénéficié, en moyenne, d'un taux inférieur de 0,18 point au barème initial de leur banque, après avoir poussé la négociation.