Réduire ses mensualités, retrouver un peu de marge dans son budget ou financer un nouveau projet : les raisons de recourir au regroupement de crédits ne manquent pas. Le principe est simple : réunir plusieurs emprunts en un seul, avec une mensualité unique, généralement moins élevée. Une opération qui permet de souffler financièrement, mais qui implique souvent d'allonger la durée de remboursement et donc d'augmenter le coût total du crédit.

Et en cette fin d'année 2026, les candidats sont toujours au rendez-vous. « On a beaucoup de demandes », confirme Sandra Novais, directrice du regroupement de crédits chez Meilleurtaux. Mais derrière cette demande soutenue, le marché se tend. « Le profil d'une partie des demandeurs s'est fragilisé ces derniers mois », constate-t-elle, tandis que les établissements prêteurs deviennent plus prudents. « En revanche, les banques restent ouvertes aux clients qui nous sollicitent pour financer un projet avec une mensualité contenue et un endettement qui reste maîtrisé après l'opération. »

Des banques de plus en plus sélectives

En cause notamment, l'augmentation du coût de refinancement des établissements bancaires, qui les pousse à limiter leur prise de risque. « Elles vont être beaucoup plus attentives aux dossiers qu'elles acceptent », explique Sandra Novais.

Placement : l'OAT 10 ans, le taux d'emprunt de la France, au plus haut depuis 2002

Cette prudence a des conséquences concrètes. Certains partenaires bancaires ont même cessé de proposer des regroupements de crédits relevant du régime immobilier, faute de rentabilité suffisante compte tenu des taux pratiqués et des plafonds réglementaires.

Les taux proposés restent d'ailleurs élevés. Selon les derniers barèmes communiqués par Meilleurtaux, ils s'échelonnent entre 5,92% et 8,20% pour les regroupements sans garantie. Pour les opérations avec garantie hypothécaire relevant du régime du crédit à la consommation, ils vont de 5,47% à 7,06%.

Les emprunteurs les plus fragiles peuvent avoir davantage de difficultés à faire accepter leur dossier. Les banques examinent notamment leur historique bancaire, leurs éventuels incidents de paiement et leur capacité à maîtriser leurs dépenses.

Dans ce contexte, les propriétaires semblent disposer d'un avantage. « Dans notre pratique quotidienne, nous constatons que les dossiers de propriétaires obtiennent plus facilement l'accord des banques, d'autant plus lorsque le bien peut être pris en garantie », souligne Sandra Novais. Chez Meilleurtaux, 63% des dossiers de regroupement de crédits en 2026 concernent ainsi des propriétaires, contre 37% de locataires et assimilés.

Le rachat de crédits, pas seulement pour les ménages en difficulté

Car contrairement à une idée reçue, le regroupement de crédits ne s'adresse pas uniquement aux ménages qui peinent à boucler leurs fins de mois. Deux grandes catégories d'emprunteurs se distinguent. D'un côté, ceux qui ont accumulé plusieurs crédits et cherchent à réduire leurs charges mensuelles. De l'autre, des ménages dont l'endettement reste maîtrisé, mais qui souhaitent dégager une trésorerie supplémentaire pour financer un projet.

Chez Meilleurtaux, environ 25% des dossiers réalisés comprennent ainsi un besoin de trésorerie supérieur à 15 000 euros. Les emprunteurs peuvent notamment chercher à financer des travaux ou l'achat d'un véhicule, sans augmenter excessivement leurs remboursements mensuels.

Une récente étude OpinionWay réalisée pour Ymanci auprès de 1 001 personnes ayant déjà effectué un regroupement de crédits confirme cette diversité des profils. Selon cette enquête, 33% des répondants déclarent percevoir plus de 42 000 euros de revenus annuels.

Le passage à la retraite constitue également une motivation. Certains emprunteurs préfèrent anticiper la baisse de leurs revenus plutôt que d'attendre de rencontrer des difficultés. Chez Meilleurtaux, les clients ont en moyenne 46 ans et regroupent 4,4 crédits par foyer.

Des mensualités réduites, mais un coût souvent plus élevé

Reste la question essentielle : le regroupement de crédits est-il réellement avantageux ? Selon Sandra Novais, les dossiers financés par Meilleurtaux permettent une diminution moyenne des mensualités d'environ 370 euros soit une baisse de 40% des mensualités. Un gain de trésorerie mensuel qui peut être précieux pour les ménages dont le budget est sous pression.

Mais attention à ne pas confondre baisse des mensualités et économies sur le coût total du financement. Pour réduire les remboursements mensuels, les établissements allongent généralement la durée du prêt. Résultat : même avec une mensualité moins élevée, l'emprunteur peut payer davantage d'intérêts sur l'ensemble de l'opération. À cela peuvent s'ajouter des frais de dossier, des frais de garantie ou encore des indemnités de remboursement anticipé.

Sandra Novais reconnaît d'ailleurs que le coût total augmente dans la majorité des dossiers. Une exception existe toutefois lorsque le regroupement permet de remplacer plusieurs crédits renouvelables, parfois assortis de taux très élevés, par un financement à un taux nettement inférieur.

Avant de se lancer, mieux vaut donc comparer le montant total restant à rembourser sur les crédits existants avec le coût complet de la nouvelle opération, assurance et frais compris. Car si le regroupement de crédits peut redonner de l'air à un budget, il ne fait pas disparaître les dettes. Et pour les ménages les plus fragiles, la difficulté reste parfois la même : convaincre une banque d'accepter leur dossier.