Les victimes dattentats pourront-elles être indemnisées dans le futur ? Voici, en bref, la question à laquelle sest attaquée la Cour des comptes dans son rapport sur « la prise en charge financière des victimes du terrorisme », publié hier. Le problème nest pas immédiat mais sur les indemnisations des victimes « à moyen terme » : « Le Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et dautres infractions (FGTI) doit se montrer plus vigilant, tant sur le périmètre de lindemnisation que sur le champ des personnes concernées. »
Les Sages livrent comme souvent plusieurs recommandations. Parmi elles : « Procéder au réexamen de lassiette de la contribution alimentant le FGTI pour en améliorer le rendement et léquité ». Et la Cour des Comptes élabore plusieurs pistes de réflexion pour grossir les recettes du FGTI. Comme la relevé hier Capital, les Sages suggèrent notamment détendre lassiette de la « taxe attentats ».
Une taxe forfaitaire ou proportionnelle pour lassurance vie ?
Cette « contribution solidarité au FGTI » sapplique à ce jour aux assurances de biens : couverture automobile, habitation Cette contribution, surnommée « taxe attentats », prend la forme dun forfait annuel par contrat, fixé à 5,90 euros depuis 2017 (contre 3,30 euros jusquen 2015).
La Cour des comptes envisage donc de lappliquer à lassurance de personnes, y compris lassurance vie. Ce qui représenterait avec le forfait annuel actuel 320 millions deuros de plus, par an, pour le FGTI. A titre de comparaison, cette taxe a rapporté 547 millions deuros au fonds dindemnisation en 2017. « Ce scénario conduirait à augmenter, de façon très limitée, limposition dun nombre important de ménages près dun sur deux (44 % en 2016) possédant au moins un contrat dassurance vie », argumentent les Sages dans leur rapport.
Mais ce mode de perception un montant forfaitaire, chaque année conviendrait-il à lassurance vie, qui ne fait pas lobjet de cotisations mensuelles ou annuelles comme les contrats dassurance dommages ? La Cour des comptes évoque en parallèle lidée de « passer dune taxe forfaitaire à un mécanisme proportionnel ». Et esquisse un élargissement à d'autres types d'assurance, affinitaires (smartphone, voyage, moyen de paiement...). Bref, cette réflexion nen est quà ses prémices.



















