Juin, le mois des déménagements. Changer de domicile est l’occasion rêvée pour faire le point sur vos abonnements à l’électricité et au gaz, et essayer de trouver moins cher. Les conseils à suivre pour y parvenir.

C’est l’équivalent, pour les déménageurs, du mois de décembre pour les magasins de jouets : le mois de juin est celui où, rituellement, le nombre de déménagements est le plus important. Le phénomène pourrait même être accentué cette année. En effet, nombreux sont les Français qui ont dû remettre à plus tard leur déménagement en raison de la crise sanitaire. Avec le déconfinement et le (relatif) retour à la normale, on peut donc s’attendre à un effet rattrapage d’ici aux congés d’été.

Bilan : vous allez probablement être nombreux dans les prochaines semaines à préparer vos cartons. A demander également un transfert de votre courrier et de vos divers abonnements : internet, gaz, électricité… Pourquoi ne pas en profiter pour changer de fournisseur d’énergie ? Ouvrir un nouveau contrat pour son nouveau domicile, en effet, n’est pas beaucoup plus compliqué que de faire transférer l’ancien ! Et le marché de l’énergie, déréglementé il y a une quinzaine d’années, est de plus en plus concurrentiel, avec la multiplication des offres alternatives à celles d’EDF et Engie, les fournisseurs historiques. Voici quelques conseils pour déterminer si le jeu en vaut la chandelle, et pour mettre en œuvre concrètement le changement.

1 - Analysez votre consommation électrique

Première étape : avant de changer, il faut déterminer avec précision quels sont vos besoins et votre consommation. Commencez par consulter votre dernière facture d’électricité en date. Il est toujours bon, en effet, de savoir pour quoi vous payez. Vous vous rendrez compte, notamment, que plus d’un tiers du prix payé est constitué de taxes, qu’un quart environ correspond au coût d’acheminement, identique pour tous les fournisseurs, et que la compétition tarifaire, au final, ne se fait que sur moins de 40% du prix payé.

L’analyse de la facture va vous permettre de récupérer trois informations indispensables pour pouvoir comparer les prix des différentes offres :

  • votre puissance de consommation, exprimée en kilovoltampère (kVA), et qui est généralement comprise entre 3 et 12 kVA, selon le nombre de personnes vivant chez vous et le nombre d’appareils électrique appelés à fonctionner en simultané.
  • votre type d’abonnement. Deux possibilités : vous êtes facturé soit en « option base », soit en « option heures pleines / heures creuses » (HP/HC). Là encore, cela dépend de vos besoins : si votre logement actuel est équipé d’un ballon d’eau chaude, vous êtes probablement en HP/HC.
  • votre consommation annuelle, exprimée en kilowattheure (kWh).

Lire aussi : Electricité : les infos à avoir sous la main pour comparer

Armé de ces trois informations, vous êtes paré pour comparer les offres qui s’ouvrent à vous. Attention toutefois : il faut évidemment les adapter en fonction des caractéristiques de votre futur logement. Exemple : si vous passez d’un logement chauffé à l’électricité à un autre chauffé au gaz, votre consommation électrique va nettement diminuer, et l’option HP/HC devenir moins pertinente.

2 - Répondez à la question : électricité verte ou non ?

Autre question à trancher avant de comparer : souhaitez-vous acheter de l’électricité dite « verte », c’est-à-dire produite par des sources d’énergie renouvelable ? Les offres ne manquent pas. Parmi la quarantaine de fournisseurs nationaux - ceux couvrant au moins 90% des communes françaises - recensés par la Commission de régulation de l’énergie (CRE), tous ou presque ont des contrats verts.

Toutefois, ils ne se valent pas. Il est possible et légal, en effet, de « repeindre en vert de l’électricité grise », c’est-à-dire d’origine nucléaire, en achetant, souvent à l’étranger, des garanties d’origine renouvelable (GO), sorte de certificats de traçabilité. Au final, les offres vraiment vertueuses sont assez rares - Greenpeace en recense 5 seulement - et coûtent parfois, mais pas toujours, un peu plus cher.

Lire sur le sujet : Electricité verte : est-il normal qu'elle soit plus chère ?

3 - Comparez les offres

Une fois que vous avez déterminé le type d’abonnement dont vous avez besoin, l’heure est venue de comparer les différentes offres présentes sur le marché pour trouver la plus avantageuse. Nous l’avons vu, les offres alternatives à celles d’EDF sont très nombreuses, et les décrypter n’est pas toujours évident. Car il ne suffit pas de comparer le prix du kilowattheure ! Il faut aussi comprendre comment va évoluer ce prix : certaines offres s’engagent en effet à maintenir le prix pendant une durée donnée, mais la plupart suivent l’évolution des tarifs réglementés d’EDF. N’oubliez pas également de regarder le prix de l’abonnement !

Si vous souhaitez comparer par vous-même, les fournisseurs sont tenus de publier sur leur site web, pour chaque offre, une grille tarifaire et une fiche descriptive, qui vous faciliteront le travail. Mais le plus simple reste encore d’utiliser un comparateur en ligne, qui vous permettra en quelques minutes de hiérarchiser les offres. De nombreux acteurs proposent ce service sur internet et gratuitement, en se finançant grâce à la publicité. Il existe également un comparateur officiel, proposé par le médiateur national de l’énergie, autorité publique indépendante chargée d’informer les consommateurs et d’arbitrer les litiges avec les fournisseurs.

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Attention toutefois : le prix n’est pas le seul critère à retenir. Outre la dimension écologique de l’offre, déjà évoquée, réfléchissez également au type de relation que vous souhaitez avoir avec le fournisseur. Certaines offres, parmi les moins chères, ne vous permettent pas, par exemple, de contacter un conseiller par téléphone.

A consulter : le comparatif énergie de notre partenaire

4 - Souscrivez le nouveau contrat

Dernière étape : souscrire l’offre de votre choix. Pour ouvrir le nouveau contrat, vous pouvez contacter votre futur fournisseur par téléphone, ou suivre la procédure 100% en ligne désormais disponible partout. Si vous connaissez avec précision la date de votre déménagement, n’hésitez pas à prendre les devants : les fournisseurs peuvent planifier l’ouverture plusieurs semaines à l’avance. Pensez également à résilier l’ancien contrat à la date souhaitée, en prenant contact avec votre futur ex fournisseur au moins 15 jours à l’avance !

La souscription en elle-même est assez simple. Pour identifier le compteur de votre futur logement, votre nouveau fournisseur a besoin de récupérer son numéro de PDL (pour Point de Livraison) à 14 chiffres. Pour cela, il vous demandera de donner le nom de votre prédécesseur dans le logement, ou une facture que celui-ci vous aura envoyé. Vous aurez également besoin d’un RIB pour le règlement des factures.

Deux possibilités ensuite : soit l’électricité n’a pas été coupée dans votre futur logement, et l’ouverture de la nouvelle ligne va pouvoir se faire sans délai et sans intervention extérieure. Soit elle a été coupée, et il faut compter 5 jours ouvrés pour qu’un technicien d’Enedis, le gestionnaire du réseau, intervienne. Attention, cette opération vous sera facturée 18,46 euros, 49,90 euros hors heures ouvrés !

Enfin, le jour J, vous devrez effectuer et transmettre un relevé des compteurs. Sauf si le logement est équipé d’un compteur communiquant Linky : dans ce cas, votre nouveau fournisseur récupère l’information à distance.

Des conseils qui valent aussi pour le gaz

Les conseils dispensés dans cet article valent également pour le gaz. Comme pour l’électricité, il existe des dizaines d’offres alternatives qui permettent de faire des économies, et nombre de comparatifs pour vous aider à vous y retrouver. Une nuance toutefois : les offres vertes de « biogaz » sont moins développées que pour l’électricité.

A noter : certains fournisseurs alternatifs proposent des offres groupées électricité + gaz, qui permettent de faciliter les démarches de souscription du nouveau contrat, mais sont rarement plus avantageuses financièrement que la souscription de deux offres distinctes.