L'essentiel

  • L'entretien annuel est l'occasion de faire le point avec son manager... et discuter rémunération.
  • Mais d'autres éléments ne sont pas à négliger : télétravail, aménagement du temps de travail, formation...
  • Mais la plupart sont davantage négociés à l'échelle de l'entreprise, comme les titres-restaurants et les régimes de santé.

Des millions de salariés vont passer leurs entretiens annuels dans les prochains jours et les prochaines semaines. C'est LE moment privilégié pour faire le point avec son manager... et discuter rémunération.

Au-delà du salaire, de nombreux éléments peuvent être négociés, autour de la flexibilité au travail (télétravail, horaires), des titres-restaurants, de la mobilité, de la formation ou encore du développement des compétences.

« Ces éléments permettent aux entreprises de renforcer l'attractivité et la rétention sans alourdir durablement la masse salariale, tout en répondant aux attentes croissantes des salariés en matière de qualité de vie et d'employabilité », précise à MoneyVox Khalil Ait-Mouloud, directeur de l'activité « enquête de rémunération » chez WTW en France.

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Selon une enquête de la société de courtage en assurances (1), 52% des entreprises ont prévu ou ont déjà réalisé des évolutions concernant la santé et le bien-être de leurs salariés et 34% davantage de flexibilité.

Télétravail, aménagement du temps de travail, formation...

Certains éléments restent plus faciles à négocier à titre individuel. Ce sont ceux « qui ont un impact limité sur l'équité collective et les coûts structurels, comme le télétravail, l'aménagement du temps de travail, les objectifs de rémunération variable ou l'accès à la formation », indique Khalil Ait-Mouloud.

« Il peut (aussi) y avoir des besoins spécifiques, si le salarié est aidant par exemple », complète Luc Mathieu, secrétaire national de la CFDT. Cela peut également être le cas pour les personnes handicapées, « qui peuvent négocier leur temps de travail ou adapter leur poste de travail ».

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De nombreux dispositifs négociés collectivement

Au contraire, « les dispositifs fortement encadrés ou collectifs, notamment les régimes de santé, de retraite ou les augmentations générales, sont beaucoup plus difficiles à ajuster individuellement, d'autant plus dans un contexte de renforcement des exigences d'équité et de transparence des rémunérations », explique Khalil Ait-Mouloud.

Idem pour les titres-restaurants. Le ministère de l'Économie rappelle que l'employeur doit « prendre à sa charge 50% à 60% de leur valeur ». Cette participation « est exonérée des cotisations de Sécurité sociale, dans la limite de 7,26 euros pour les titres émis depuis le 1er janvier 2025 ».

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Concernant les transports publics, l'employeur doit supporter au moins 50% du coût de l'abonnement et ce pour l'ensemble des salariés. Cette année encore, il pourra bénéficier d'une exonération de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu sur cette prise en charge qui peut atteindre 75%.

« Il peut y avoir des éléments individuels quand vous êtes doté d'une voiture de fonction. Mais c'est vraiment à la marge et sur des postes spécifiques », explique Luc Mathieu.

La santé et la qualité de vie au travail sont également discutées au niveau global. Chaque année, les entreprises doivent négocier sur ces sujets. Cette négociation porte notamment sur « les mesures visant à améliorer la mobilité des salariés entre leur lieu de résidence habituelle et leur lieu de travail » et « la qualité des conditions de travail, notamment sur la santé et la sécurité au travail et la prévention des risques professionnels ».

Un nouveau barème pour le remboursement des frais de télétravail

Les plafonds relatifs à l'allocation forfaitaire de télétravail ont été mis à jour en début d'année. Désormais, dans le cas d'une allocation journalière, le montant maximal exonéré de cotisations et de contributions sociales est fixé à 2,70 euros par jour, dans la limite de 59,40 euros par mois. Ces montants sont valables en l'absence d'accord collectif. Dans le cas d'un accord collectif, l'allocation maximale par jour est fixée à 3,30 euros, dans la limite de 72,60 euros par mois.

(1) Enquête menée entre 16 septembre au 7 novembre 2025 auprès de plus de 900 entreprises en France