Les Français seraient-ils en train de se réconcilier avec la bourse ? Ou l'investissement financier au sens large ? D'après le baromètre de l'AMF, 35% des Français envisagent d'investir en 2026. Et 34% affirment s'intéresser aux placements en actions, un niveau inédit depuis la création de ce baromètre voici près de 10 ans. Autre illustration : le nombre de plans d'épargne en actions (PEA) est passé de 4 millions en 2017 à 5,6 millions fin 2025.

Un rebond net et progressif, après des années de bouderie, dans la lignée de la crise financière de 2008-2009. Ce regain d'intérêt s'explique en partie notamment par le boom du bitcoin et autres crypto-actifs, clairement la porte d'entrée de l'univers financier pour les plus jeunes.

Cette nouvelle génération de boursicoteurs sera mécaniquement plus intéressée par des banques ou services d'investissement permettant un pilotage 100% mobile, via l'application de l'établissement financier. Raison pour laquelle MoneyVox lance cette première édition des « Trophées de la Bourse », palmarès visant à désigner les applications les plus accessibles, faciles d'utilisation et pédagogiques pour le grand public.

Comment MoneyVox a testé les applis boursières

La rédaction de MoneyVox a ouvert un compte-titres et un PEA dans 13 établissements : des banques en ligne (BoursoBank, Fortuneo, etc.), des courtiers historiques (Bourse Direct, Saxo, etc.) et des acteurs récents misant justement en priorité sur le « 100% mobile » (Trade Republic, Revolut, etc.).

L'objectif de la rédaction était de jauger le répondant de l'application testée, en nous mettant dans la peau d'un investisseur peu expérimenté voire néophyte (lire plus bas la méthodologie).

Voici les grands enseignements, les deux lauréats des « Trophées » et les points forts des 13 acteurs, en attendant - dans les prochains jours et semaines - des articles détaillés pour chaque test réalisé.

La meilleure appli pour investir en bourse ? Les enseignements de nos tests

Pour ouvrir un compte. Pouvoir souscrire votre PEA ou votre compte-titres entièrement sur smartphone, via l'application de la banque ou du broker, c'est une première base. Sans surprise, les nouveaux brokers tels que Shares, Trade Republic, Revolut, Bunq ou Bitpanda se démarquent des acteurs historiques sur la facilité d'ouverture, avec une ergonomie clairement adaptée à la souscription sur téléphone portable. Intégrons aussi BoursoBank à cette liste côté banque en ligne. Alors que l'ouverture chez certains acteurs plus traditionnels nécessite un coup de fil ou un passage sur l'ordinateur.

Pour acheter et vendre des actions. Deux salles, deux ambiances. D'un côté, les néo-brokers qui se distinguent toujours par la facilité globale... mais qui pêchent dans le panel des titres sur lesquels vous pouvez investir. Citons l'impossiblité d'acheter certaines actions sur le PEA de Shares, des fonds ou actions pourtant très courants (des ETF) inaccessibles sur Revolut et Bunq. De l'autre côté, autre salle, autre ambiance : certaines banques en ligne (Fortuneo et Monabanq en particulier) s'avèrent peu adaptées à l'investissement sur des titres internationaux si on a opté pour leur formule trading « de base ». En revanche, ces acteurs plus traditionnels (les banques en ligne mais aussi les courtiers comme Bourse Direct) se distinguent par un large panel de produits disponibles : nous avons pu y acheter tous les fonds et actions visés.

Pour savoir combien ça coûte. Premier constat : s'y retrouver dans la jungle des tarifs est extrêmement complexe. Surtout si vous voulez comparer plusieurs acteurs. Termes différents d'un acteur à l'autre, avis d'opéré (la facture de votre ordre) qui porte parfois sur un prix estimé et non le prix définitif et, surtout, les tarifs varient selon une multitude de critères (formule choisie par le client, accès à un marché étranger ou non, taux de change, tarifs fixes ou pourcentage du montant investi etc.). Second constat : les prix parfois très élevés dès qu'il s'agit d'acheter des titres hors de la zone euro, en particulier chez les banques en ligne.

CAC 40, Nasdaq.... L'incroyable casse-tête des frais pour investir votre argent en bourse

Pour fermer votre compte. Le « choc générationnel » entre opérateurs traditionnels et nouveaux acteurs se fait là aussi ressentir. Et le fossé est parfois encore plus grand : quand il faut remplir un formulaire à envoyer par courrier à EasyBourse, ou quand il faut fouiller dans votre espace personnel pour trouver comment soumettre votre courrier signé chez Bourse Direct, la procédure est miraculeusement plus simple et fluide chez les néo-brokers.

Les gagnants des « Trophées de la Bourse 2026 »

Meilleur PEA grand public : BoursoBank. Aucune fausse note : voilà comment l'on pourrait résumer notre expérience avec le PEA de BoursoBank. Là où une mauvaise surprise (grosse ou petite) a systématiquement freiné l'une de nos opérations testées sur les autres établissements proposant un PEA, le test de BoursoBank a allié la simplicité, les tarifs compétitifs, une large palette de titres disponibles et un service client réactif. Pas forcément « le meilleur » sur tous les critères mais sans conteste la meilleure expérience globale.

Meilleur compte-titres grand public : Trade Republic. Si notre test du PEA de ce néo-broker a fait l'objet d'une (petite) déception (pas d'OPCVM dans les titres disponibles), il s'est hissé au-dessus de la concurrence sur le compte-titres, un produit non réglementé, à la différence du PEA, où la fluidité de son application fait mouche. Ouverture très facile, tarifs de loin les plus compétitifs, éléments pédagogiques pour l'aide aux néophytes... et MoneyVox a pu réaliser toutes les opérations souhaitées, ce qui n'était pas le cas chez la plupart des autres « néo-brokers ».

Ce que l'on retient de nos tests

Bitpanda. Gros atouts : application extrêmement fluide et très peu de frais sur les transactions. Les bémols : un accent clair sur les cryptos plus que sur la bourse « classique » et, surtout, les non initiés peuvent penser qu'ils achètent des actions, alors qu'ils investissent dans des produits dérivés qui répliquent la valeur.

Bourse Direct. Le petit plus : une documentation extrêmement dense... mais sur le site web, pas sur l'appli. Point faible : l'impossibilité de tout réaliser sur l'application, à commencer par l'ouverture, qui nécessite un passage sur l'espace client sur ordinateur.

BoursoBank. Deux petits plus (qui s'ajoutent à ceux listés ci-dessus) : un service client réactif et une fluidité globale. Le bémol : sur le compte-titres, les frais d'accès à payer en plus pour accéder au marché américain.

Bunq. Deux gros points forts : une application très intuitive, y compris pour les novices ; et la gratuité des services pendant 30 jours suite à l'inscription. Un test très satisfaisant du compte-titres, uniquement pénalisé par l'impossibilité de réaliser certaines opérations souhaitées par la rédaction.

DEGIRO. Le point fort par rapport à la concurrence : des frais faciles à comprendre et donc à anticiper car identiques pour tous les ordres. Le hic : une clôture pas simple et un long délai pour récupérer les fonds restants.

EasyBourse. Un point positif : une large gamme de produits d'investissements. Toutefois... point (très) négatif : une longueur, une absence de fluidité et une communication décevantes.

Fortuneo. Deux atouts à retenir, outre l'application robuste : un service client très réactif et des tarifs plutôt compétitifs pour investir via un PEA sur le marché Euronext. Le gros bémol : des frais très élevés dès que vous investissez en dehors du marché Euronext si vous détenez la formule de base.

Hello bank !. Le plus : un sans faute sur l'achat et la vente d'actions et de fonds d'investissement. Le hic : la nécessité de télécharger une seconde appli bourse en plus de l'appli bancaire.

Monabanq. Points forts : l'interface de l'appli est intuitive et vous permet facilement d'acheter et de vendre ; un service client réactif. Le(s) bémol(s) : l'impossibilité d'ouvrir un plan 100% sur l'application mobile, une procédure d'ouverture globalement longue et peu fluide et, surtout, un minimum de 50 euros à payer pour chaque opération sur les marchés hors Europe.

Revolut. Le plus : une application extrêmement simple et fluide, de la souscription à la fermeture en passant par l'achat et la vente d'actions. Un bémol ? Le défaut de cette simplicité, avec quelques impasses (fonds non disponible, impossibilité de changer de marché en passant un ordre, par exemple).

Saxo Banque. Points forts : une application très facile d'utilisation et un service client réactif via le chat. Principaux hics : l'absence de questionnaire sur le niveau des connaissances en matière de bourse, et l'absence des fonds (OPCVM) ciblés par la rédaction dans le portefeuille d'investissement.

Shares. Le plus : la fluidité de l'application, pour toutes les opérations, malgré la nécessité toutefois d'échanger via le chat pour finaliser la clôture en fin de test. Deux derniers bémols : les frais non affichés avant de passer un ordre et l'impossibilité d'acheter des actions.

Trade Republic. Points forts (outre ceux déjà listés ci-dessus) : expérience très fluide, avec une documentation claire et pédagogique. Point faible : pas d'accès à un service client autre qu'un chat.

Bourse en ligne : comparatif des courtiers et des banques

Plus d'infos dans notre dossier « Trophées de la Bourse »

Plus de détails ? Notre dossier « Trophées de la Bourse » va s'étoffer au fil des prochains jours et semaines. Retrouvez rapidement tous nos tests détaillés, enseigne par enseigne, ainsi que dès à présent un zoom sur les politiques tarifaires parfois nébuleuses des banques et brokers en ligne.

Trophées de la Bourse : notre méthodologie. L'équipe de MoneyVox a ouvert, simultanément, un compte chez chacun des 13 acteurs cités. À la fois un PEA et un compte-titres quand cela était possible, l'un des deux sinon. L'objectif était ensuite de passer des ordres, achat puis vente, simultanément, sur les mêmes titres, aux mêmes horaires. Chaque étape a fait l'objet d'une évaluation détaillée : l'ouverture, le premier versement, la nécessité ou non d'ouvrir un compte bancaire (dans les établissements bancaires), la possibilité (ou non) de tout faire depuis l'application, l'ergonomie de cette même application, disponibilité des valeurs choisies, facilité à opérer ces ordres, le tarif appliqué, la pédagogie visant le grand public et les « néo-boursicoteurs », et enfin la facilité à fermer les comptes et à récupérer les fonds investis. Ce test a démarré à l'été 2025 pour les ouvertures et s'est terminé à l'automne.

Les autres « trophées » de MoneyVox :