Lassurance dommages, qui regroupe les couvertures automobile, moto ou multirisques habitation, est un secteur de plus en plus concurrentiel, avec dune part les banques qui cherchent à prendre des parts de marché, et dautre part la loi Hamon qui permet aux particuliers de changer plus facilement dassureur.
Pour lheure, la Maif a annoncé des hausses de 3% en auto et de 2,7% en habitation pour 2019. La Matmut annonce elle une « revalorisation moyenne de la cotisation » de 2,1% pour la gamme auto-moto, et de 2,5% pour les couvertures habitation, sauf pour les assurés ayant signé leur contrat depuis octobre 2017. Ces deux assureurs mutualistes se justifient, de manière assez classique, en évoquant les sinistres de plus en plus fréquents liés aux aléas climatiques, et une progression du coût moyen de la réparation automobile. Cette hausse sera-t-elle généralisée ?
Assurance auto : une augmentation très modérée
Pas pour les assurances de véhicules à en croire lanalyse du cabinet spécialisé Facts & Figures : « En automobile, la concurrence exacerbée que se livre le secteur rend peu réaliste la possibilité de faire passer des hausses de tarifs importantes auprès des assurés. » Ainsi, ce cabinet « anticipe des hausses moyennes comprises entre 1% et 2% par le marché en automobile en sachant quil nest pas du tout sûr que le secteur puisse les faire passer. » Facts & Figures insiste sur le virage pris par le secteur suite à ladoption de la loi Hamon : la possibilité de résilier son contrat auto à tout moment, après un an de contrat, a poussé les assureurs à multiplier les « politiques de promotion tarifaire » pour les nouveaux souscripteurs. Résultat : « Un assuré sait bien que dans la plupart des compagnies il a désormais intérêt à resouscrire un contrat plutôt quà endosser les hausses tarifaires année après année. Une hausse tarifaire trop importante au 1er janvier 2019 serait contreproductive et conduirait à une rotation (coûteuse) des contrats. »
Cette concurrence accrue, qui saccompagne selon le cabinet Actuaris dune baisse du kilométrage annuel dû à la hausse du prix des carburants, entraîne une modération des évolutions tarifaires sur ce segment. Actuaris prévoit ainsi « une hausse relativement modérée » des tarifs auto, « à 1,3% ». Soit une hausse inférieure à linflation, actuellement de 1,9% selon lInsee. Assurland publie pour sa part un « indice des prix de lassurance des particuliers » (IPAP), lequel a augmenté de 1,5% sur les douze derniers mois pour les couvertures automobile. A la vue du bilan de la sécurité routière, qui devrait saméliorer, Assurland rejoint les analyses des cabinets spécialisés et anticipe une hausse modérée, « denviron 1% à 1,5% » pour 2019.
Assurance habitation : une hausse plus rapide que linflation
Sur la base de ce même indice IPAP, Assurland prévoit en revanche une augmentation bien plus franche des tarifs « MRH », pour « multirisques habitation » : +3% en 2019, à limage des +2,8 enregistrés sur lannée 2018. Une hausse qui est donc cette fois bien supérieure à linflation, en lien avec de « fortes inondations » et « tempêtes » sur lannée bientôt écoulée. Le cabinet dactuariat conseil Actuaris envisage lui aussi une augmentation supérieure à linflation, mais dans de moindres proportions, à 2,2%.
Facts & Figures juge pour sa part « paradoxale » la situation du « secteur MRH », avec la prépondérance des événements climatiques, mais avec des « résultats techniques » malgré tout en progression : le cabinet spécialisé prévoit « des politiques de hausse quasiment sur-mesure en fonction de la situation de chaque risque ». Résultat : des hausses allant selon Facts & Figures de 0% à 5% selon les contrats ! Comme sur le marché de lassurance auto, Facts & Figures pointe la hausse très modérée de la prime moyenne en MRH ces dernières années, ce qui signifie que les assureurs ne parviennent pas à augmenter le volume de cotisations, même en faisant progresser les grilles tarifaires. La faute à une « rotation des portefeuilles », avec des clients changeant souvent dassureur.
Couverture santé : des tarifs initialement annoncée en hausse de 2,5%
Les perspectives sont plus floues concernant les évolutions tarifaires des complémentaires. La ministre de la Santé Agnès Buzyn a ainsi taclé les complémentaires santé en leur demandant de « tenir leurs engagements », et de ne pas utiliser la réforme du « reste à charge zéro » comme prétexte pour justifier une hausse des prix. Une rencontre avec le ministre de lEconomie Bruno Le Maire et les représentants des assureurs et mutuelles s'est tenue ce mardi à lElysée à ce sujet. Verdict : invitées à geler leurs tarifs 2019, les assureurs et mutuelles proposant des complémentaires santé se finalement sont engagés, jeudi, à s'abstenir d'augmentations liées au « reste à charge zéro », et à « contraindre leurs frais de gestion dès 2019 » (« aucune augmentation de taux à ce titre », promettent les assureurs et mutuelles). Les complémentaires santé « sengagent » en outre, « à titre exceptionnel », à reverser « intégralement les augmentations tarifaires prévues en 2019 sur leurs contrats de base ».
Avec de connaître ces engagements, et donc avant de pouvoir estimer leur répercution, Assurland a estimé à 2,1% la progression des tarifs des mutuelles santé sur lannée 2018. Et le comparateur prédisait alors « une augmentation des prix denviron 2,5% en 2019 », tout en rappelant que « les dépenses de santé continuent daugmenter plus vite que linflation du fait du vieillissement de la population et de lamélioration des technologies médicales ».

















