Depuis le 1er février, le Livret A rapporte 0,50% et il n’est sans doute pas près de remonter la pente. Aucune chance qu'il soit revu à la hausse à compter du 1er août. Ce taux vous déprime ? Voici quelques pistes pour booster le rendement de votre épargne sans prendre de risque.

C’est une étrange coïncidence : alors même que le taux du Livret A a atteint, depuis le 1er février, le pire rendement de son histoire (0,50%) - un taux qui ne bougera pas à compter du 1er août - il vient de connaître, en termes de collecte, un de ses meilleurs semestres : 20,4 milliards d’euros supplémentaires placés par les Français entre début janvier et fin juin. Presque le double de l’an dernier, qui était pourtant déjà une bonne année !

Un mot suffit à expliquer ce paradoxe : confinement ! L’arrêt des activités durant la première vague d’épidémie de Covid-19 a en effet contraint les Français à mettre de côté 60 milliards d’euros d’épargne « forcée » - pour reprendre l’expression du gouverneur de la Banque de France. Un cinquième environ de ce total, soit les 12,2 milliards collectés sur les seuls mois de mars, avril et mai, a atterri sur les 55 millions de Livrets A actuellement ouverts. C’est un réflexe habituel en période de crise : au rendement, les Français ont préféré la sécurité - le capital placé est garanti par l’Etat - et la liquidité - l’argent placé est disponible à tout moment. Pourtant, le Livret A n’est pas le seul produit à cumuler ces deux qualités. En voici 3 exemples, qui ont en plus le mérite de rapporter autour de deux fois plus que le Livret A.

1 - Le Livret d’épargne populaire

C’est le grand oublié des produits d’épargne réglementée. Alors que le Livret A, mais aussi le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), amassent des milliards, le Livret d’épargne populaire (LEP) reste dans l’ombre. Après avoir connu un point haut en 2008, autour de 62 milliards d'euros, son encours a fondu de moitié. La faute à un fonctionnement beaucoup plus contraignant que celui du Livret A.

Le LEP, en effet, n’est pas universel. Seuls les foyers fiscaux disposant d’un revenu fiscal de référence (RFR) inférieur à 19 977 euros pour une personne seule (ou 30 645 euros, par exemple, pour un couple avec un enfant), peuvent en bénéficier. Pour ouvrir un LEP, ou le maintenir ouvert, il faut donc présenter chaque année son avis d’imposition à son banquier, qui doit prendre du temps pour vérifier que tout est en ordre. Ce qui explique que les banques ne se pressent pas pour faire la promotion de ce produit particulièrement chronophage… Résultat : il est connu par moins d’un Français sur deux, selon un récent sondage commandé par la Banque de France, et seuls 20% des contribuables éligibles (40% environ de la population) en détiennent effectivement un.

Et pourtant : le LEP possède exactement les mêmes avantages que le Livret A - sécurité, disponibilité, etc. - plus un autre, majeur : il rapporte deux fois plus ! Depuis le 1er février dernier, le rendement du LEP est de 1% net d’impôts. Dans ce contexte, il n’y a pas à hésiter : vérifier votre avis d’imposition 2019 (ce sont vos revenus 2018 qui sont pris en compte actuellement) et si vous êtes éligibles, demandez à votre conseiller de vous ouvrir un LEP !

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2 - L’assurance vie en euros

Sale temps pour l’assurance vie ! A l’opposé du Livret A, le produit d’épargne préféré des Français - qui y ont placé 1 766 milliards d’euros au total - passe plutôt mal la crise du coronavirus : son encours a baissé de près de 5 milliards d’euros depuis le début de l’année 2020, alors qu’il avait progressé de 15 milliards sur la même période en 2019. Un mouvement de désaffection qui touche surtout les fonds euros, c’est-à-dire la partie du placement dont le capital est garanti, à la différence des unités de compte, potentiellement plus rémunératrices mais aussi plus risquées.

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Comment expliquer cette mauvaise passe ? Sans doute par le besoin de liquidités de certains épargnants touchés par la crise, qui choisissent d’opérer quelques rachats. Mais surtout par la politique des assureurs, qui préfèrent orienter leurs clients vers les unités de compte. Pourtant, même affectés par la conjoncture, les fonds euros conservent des atouts. Leur sécurité, leur relative liquidité - il est désormais possible d’opérer des rachats en quelques jours - mais aussi leur rendement : 1,33%, net de frais de gestion (mais avant fiscalité), en moyenne en 2019, et 1% à 1,10% encore attendus en 2020.

A consulter : notre comparatif des meilleurs contrats d’assurance vie

3 - Les livrets bancaires

0,07% en moyenne, selon notre indicateur : la conjoncture de taux bas a presque ramené à zéro le rendement des livrets ordinaires, ces comptes épargne fiscalisés proposés par les banques, qui en fixent librement le taux. Quelques rares produits, toutefois, tentent de conserver un minimum d’attractivité en affichant des taux bonifiés et/ou des primes de bienvenue à l’ouverture.

Le plus exemplaire dans le domaine est le Livret Distingo de PSA Banque. Il affiche en ce moment un taux bonifié à 3%, valable pendant 2 mois et sur 75 000 euros, puis un rendement de 0,80% en rythme de croisière. Soit, en intégrant la prime de bienvenue (40 euros actuellement), un rendement net de PFU d’environ 1% la première année, pour un investissement de 20 000 euros, et de 0,56%, toujours net de PFU, par la suite.

A consulter : les meilleures offres en vigueur sur les livrets bancaires