« On se réserve le droit d'interroger la pertinence de cette mesure dans quelques mois, lors d'un point d'étape », a déclaré Maud Bregeon lors du compte-rendu du Conseil des ministres.
Elle a expliqué que cette augmentation qui concernera 7,4 millions de logements correspondait à « un recalcul qui a été fait de façon automatique » des critères de « confort » des logements. Payée par quelque 32 millions de propriétaires, la taxe foncière repose, en plus de la surface en mètres carrés, sur des critères dits « de confort » tels que la présence d'eau courante, d'électricité, de WC ou de lavabos dans le logement. La présence de chacun de ces éléments augmente artificiellement le nombre de mètres carrés pris en compte et, mécaniquement, le montant de la taxe.
Taxe foncière : une hausse moyenne de 63 euros pour 7,4 millions de logements en 2026
« Il s'agit juste de généraliser une règle qui aurait déjà dû l'être auparavant »
« L'opération de fiabilisation des bases foncières qui va être menée en 2026 » vise à prendre en compte « ces éléments de confort lorsqu'ils ne sont pas aujourd'hui intégrés à la base foncière », selon la Direction Générale des Finances publiques (DGFiP).
« Il s'agit juste de généraliser une règle qui aurait déjà dû l'être auparavant », a précisé la porte-parole, promettant que « les Français qui seront touchés par cette évolution seront individuellement contactés par les services de Bercy via un courrier pour répondre à leurs éventuels questionnements ».
Les réactions politiques
Aussitôt annoncée, cette hausse imprévue et qui doit être signifiée aux personnes concernées par courrier de la Direction générale des Finances publiques, a suscité un tollé sur tout l'échiquier politique.
Premier à réagir, le président du Rassemblement national Jordan Bardella a déploré que les propriétaires soient « devenus les vaches à lait » du gouvernement qui a, selon lui, « essayé en catimini d'imposer cette mesure dans le dos de la représentation nationale ». Dénonçant un « coup dans le dos porté aux propriétaires français », le responsable d'extrême droite qui s'exprimait en marge du salon Milipol a appelé « solennellement le Premier ministre à renoncer à cette mesure ».
« Nous nous opposons totalement à cette nouvelle trouvaille qui vise encore une fois à prendre de l'argent dans la poche des Français et des Françaises et à refuser de faire contribuer les plus riches de ce pays », a déclaré de son côté la cheffe des députés insoumis, Mathilde Panot, en visite au Congrès des maires.
Également depuis le Congrès des maires de France, l'ancien Premier ministre macroniste Gabriel Attal a assuré que s'il était « en fonctions », il n'aurait « pas permis à (son) administration de prendre cette décision ». Plaidant pour « une France de propriétaires », le patron du parti Renaissance a estimé que s'« il y a beaucoup de choses qui ont été réussies ces dernières années d'un point de vue économique », l'immobilier et le logement, « objectivement, c'est un échec ».


















