Lassociation de défense des consommateurs publie ce matin les résultats dune grande enquête, réalisée entre juillet et novembre 2019 (1). Sur cette période, elle a analysé 1 000 petites annonces, émanant dagences ou de particuliers, en vérifiant si les montants indiqués respectaient ou non lencadrement des loyers mis en place dans la capitale depuis lété. Verdict : 56% des loyers sont conformes à la réglementation. Un taux en progrès selon la CLCV, qui retient que seulement 48% des annonces cadraient avec lencadrement des loyers en 2018 (à un moment où celui-ci avait été annulé par la justice). « Preuve, sil en est, que les bailleurs sont parfaitement informés du dispositif et savent lappliquer. Surtout, cela démontre que lencadrement des loyers a un impact sur le comportement des propriétaires, ce qui est le plus important si lon souhaite mettre fin aux abus » précise lassociation.
Mais ce taux « correct » ne doit pas faire oublier que près dun loyer sur deux est encore synonyme dabus pour les locataires. Les 44% dannonces « illégales » laissent apparaître un montant moyen de 151,21 euros mensuel au-delà du plafond de lencadrement des loyers (soit un surplus moyen de 1 814 euros à lannée pour les occupants de ces biens immobiliers). Citant un cas extrême, la CLCV dénonce « cette agence proposant un loyer qui dépasse de plus de 625 euros le maximum légal, soit un surplus de 7 500 euros à lannée ». Pourtant, les annonces émanant dagences sont globalement plus vertueuses que celles rédigées directement par les propriétaires : 30% dentre elles « seulement » ne respectent pas lencadrement des loyers, contre 48% pour les particuliers. Lassociation réclame dailleurs que les plateformes dannonces revoient leurs formulaires pour améliorer la qualité des informations transmises aux futurs locataires et limiter les abus. Enfin, létude de la CLCV permet de noter que les logements pour lesquelles les annonces sont les moins respectueuses de la législation sont les studios (52% de dépassements) et les meublés (51%).
Pour rappel, chaque propriétaire mettant en location un bien à Paris peut connaître le « loyer de référence » applicable à son bien en se rendant sur le site internet dédié. Ce loyer de référence est calculé selon la situation géographique du logement, son nombre de pièces, lépoque de construction de limmeuble et la nature de la location (meublée ou non). Ensuite, le propriétaire peut choisir de rehausser ce loyer de référence jusquà 20%, tout en restant « dans les clous » de lencadrement des loyers.
Dans la conclusion de son enquête, la CLCV déplore quaucune amende nait été prononcée pour non-conformité des annonces et abus sur le montant de loyer réclamé (aujourdhui, seuls les locataires dont le loyer est surévalué peuvent saisir la justice via une commission pour faire revoir à la baisse le montant du loyer). Elle se désole également « que depuis 2015, lencadrement des loyers ne sapplique toujours quà Paris. Le simple fait que, passé le périphérique, les loyers ne soient pas plafonnés constitue un non-sens absolu ». En conséquence, lassociation demande que « lencadrement des loyers soit maintenu dans lensemble des zones tendues et quil sapplique obligatoirement ». En attendant de voir si elle sera entendue, lassociation va bientôt pouvoir vérifier si les locataires de Lille seront affectés de la même manière par les annonces illégales puisque la capitale du Nord vient, comme Paris, de rétablir lencadrement des loyers
(1) Encadrement des loyers à Paris - Un rebond dans lapplication du dispositif














