+29%. Cest le bond enregistré entre 2007 et 2017 des procédures en justice pour cause de charges de copropriété impayées. Elles sont passées de 22 300 à près de 28 700, selon une récente enquête du ministère de la Justice révélée ce mardi par Le Parisien.
Une forte hausse qui sexplique par la flambée de 40% des charges de fonctionnement des copropriétés en dix ans. « Cest le cas, notamment, des assurances multirisques immeubles, qui se sont parfois envolées. En plus de ces charges courantes, les copropriétaires doivent parfois faire face à de lourds appels de fonds pour réaliser de gros travaux (ravalement de façade, électricité dans les parties collectives, etc.) et se retrouvent en situation de ne pouvoir tout assumer », explique au Parisien, Émile Hagège, le directeur de lAssociation des responsables de copropriété (ARC). Une situation qui saggrave sur fond de prix de limmobilier au sommet. Pour soffrir un bien, de nombreux ménages sendettent au maximum et narrivent plus à faire face en cas de dépense imprévue.
Selon lARC, la moitié des copropriétés ont des problèmes dimpayés. Et d'après Emile Hagège, les conséquences peuvent entraîner un cercle vicieux délétère : « Cela se solde dabord par un défaut de paiement des fournisseurs, puis un défaut dentretien de limmeuble, les travaux ne pouvant plus être réalisés ou programmés. Le pire, cest que même si la plupart de copropriétaires paient leurs charges, il suffit quune minorité ne paie pas et les travaux peuvent être gelés. Et il y a un effet boule de neige : comme lentretien nest pas régulier, il faut réaliser des travaux plus lourds, donc plus cher. » Au final, plus de huit actions en justice sur dix portent sur des sommes inférieures à 10 000 euros.












