Fin 2017, le gouvernement a présenté sa « stratégie logement ». Celle-ci se concrétise principalement par cette loi Elan, certaines mesures passant elles par dautres textes réglementaires ou par les lois de finances. Parmi les priorités affichées par le ministère de la Cohésion des territoires pour ce texte dense, qui concerne locataires, bailleurs, constructeurs ou autres collectivités territoriales : « construire plus, mieux et moins cher ». Le mot dordre étant donc dassouplir la réglementation du secteur, notamment pour rassurer les bailleurs. Tour dhorizon des principales mesures qui touchent les particuliers.
La création du « bail mobilité »
« Créer un contrat de location dune durée de 1 à 10 mois non renouvelable et sans dépôt de garantie pour les logements meublés » : voici lannonce du gouvernement au printemps dernier. Le texte final définit le « bail mobilité » comme « un contrat de location de courte durée dun logement meublé » à un locataire justifiant « être en formation professionnelle, en études supérieures, en contrat dapprentissage, en stage, en ( ) service civique ( ), en mutation professionnelle ou en mission temporaire ».
Ce nouveau type de bail se destine donc quasi exclusivement aux étudiants et jeunes actifs. Non reconductible, il pourra toutefois être étendu jusquà 10 mois si la durée initiale est inférieure à cette durée maximum. Pour étendre le bail au-delà, le locataire et le bailleur devront saccorder sur un bail meublé classique. Le bail mobilité, sans dépôt de garantie (mais avec une possible caution Visale), pourra être résilié sans motif par le locataire, avec un préavis d'un mois.
Caution solidaire : plus de mentions manuscrites obligatoires
La loi Elan vise à atténuer le « formalisme » des entrées en location. Jusquà présent, lorsquun proche du locataire fait acte de cautionnement, la législation le contraint à recopier des mentions manuscrites. Cette obligation est supprimée : la personne se portant caution solidaire pourra donc se contenter de signer un document où figurent les mentions « explicites relatives à létendue de lengagement de la caution ».
Des diagnostics techniques dématérialisés
Dans cette même volonté dalléger le formalisme, cette loi supprime l'obligation de remettre des diagnostics en version papier lors de la signature du bail : « Le dossier de diagnostic technique est communiqué au locataire par voie dématérialisée [par exemple sous la forme d'un PDF envoyé par email, NDLR], sauf opposition explicite de lune des parties au contrat. »
Pas de trêve hivernale pour les squatteurs
La loi Elan crée une définition officielle du squat : « introduction sans droit ni titre dans le domicile dautrui par voies de fait ». Ce texte supprime ainsi le droit à la trêve hivernale (1er novembre au 31 mars, chaque année) pour les squatteurs, ainsi que le délai de 2 mois entre le commandement et lexpulsion.
Encadrement des loyers : de nouvelles expérimentations
Ce texte législatif vise à relancer lexpérimentation de lencadrement des loyers, malgré les décisions de justice contraires à Paris et Lille. Lencadrement des loyers pourra ainsi être lancé « à titre expérimental et pour une durée de 5 ans » si les intercommunalités compétentes le demandent.
Location Airbnb : renfort des sanctions
Le gouvernement souhaite « renforcer les contrôles et les sanctions en matière de locations de courte durée à des fins touristiques, à lencontre des loueurs et des plateformes », pour reprendre le dossier de presse du printemps 2018. Ces nouvelles dispositions ne sappliqueront que dans les villes et agglomérations tendues souhaitant mettre en place des contrôles et sanctions. Dans ce cas, le texte empêche de louer sa résidence principale plus de 120 jours par an, sauf cas spécifique, et prévoit des sanctions pouvant grimper à 5 000 voire 10 000 euros si le loueur ne respecte pas ses obligations, notamment sil nenregistre pas son meublé de tourisme.
Logement social : des dossiers réexaminés tous les 6 ans
Dans létude dimpact de la loi Elan, le gouvernement souligne que le « taux de rotation au sein du parc social [est] légèrement inférieur à 10% ». Pour y remédier, le bailleur social devra à lavenir « faire un point sur la situation des locataires » tous les 6 ans « sur la base des informations recueillies par les enquêtes ».









