Après un léger répit en 2025, le marché locatif reste sous tension en ce début 2026. Selon les dernières données publiées par SeLoger, les loyers repartent à la hausse partout en France, sous l'effet d'un déséquilibre persistant entre l'offre et la demande.

Au 1er avril 2026, les loyers progressent de +2,5% sur un an au niveau national, soit davantage que l'inflation (+1,9%). La hausse est encore plus marquée à Paris (+3,5%), mais aussi dans les grandes villes. Un rebond qui intervient alors même que la demande recule (-16% sur un an), signe que le marché reste structurellement déséquilibré.

Un nombre de biens toujours insuffisant

Car si l'offre montre des signes d'amélioration, elle reste insuffisante. Le nombre de biens disponibles à la location progresse de +17% sur un an, mais demeure encore inférieur de 16% à son niveau de 2021. Autrement dit, le stock reste historiquement bas, et ne permet pas d'absorber une demande toujours élevée, encore supérieure de 42% à celle d'avant la crise immobilière.

La situation est encore plus tendue dans la capitale. À Paris, le stock de logements disponibles continue de reculer (-15% sur un an, -67% depuis 2021), sans véritable phase de répit. Une évolution qui entretient la pression sur les prix, malgré l'encadrement des loyers.

Paris
Type de biensLoyer moyen au m2
Mars 2026
Loyer moyen au m2
Avril 2026
Évolution
Maison29,20 €29,50 €1,03 %
Appartement33,10 €33,20 €0,30 %

Données : SeLoger et MeilleursAgents.com

Derrière cette tendance nationale, les écarts restent importants selon les territoires. Certaines villes comme Bordeaux ou Nantes voient leur marché se détendre, avec une hausse de l'offre et un recul marqué de la demande. À l'inverse, dans des métropoles comme Nice, Marseille ou Toulouse, la contraction du stock combinée à une demande encore élevée continue d'alimenter la hausse des loyers.

En toile de fond, le lien avec le marché immobilier est déterminant. Le durcissement des conditions d'accès au crédit, avec des taux remontés à 3,23% en moyenne sur 20 ans pour février 2026, freine l'accession à la propriété. Résultat : les ménages restent plus longtemps locataires, sans libérer de logements, ce qui entretient mécaniquement la tension.

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Conséquence concrète pour les locataires : les prix restent élevés. Pour un T2 de 50 m², il faut désormais compter en moyenne 858 euros par mois hors charges en France, et 1 662 euros à Paris.

Malgré une amélioration amorcée depuis mi-2025, le marché locatif ne s'est donc pas normalisé. Tant que l'offre restera insuffisante face à une demande structurellement élevée, la pression sur les loyers devrait se maintenir.