Une banque peut-elle bloquer les virements vers l'IBAN d'une entreprise dans tout son groupe pour suspicion de fraude ?

FAUXPOSITIFFNC-RF

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Je m'interroge sur la légalité et les limites des dispositifs internes de lutte contre la fraude utilisés par les groupes bancaires français.

Voici un cas concret, volontairement anonymisé.

Une entreprise reçoit un virement instantané en règlement d'une vente de matériel, avec facture et remise de la marchandise.

L'émetteur du virement déclare ensuite avoir été victime d'une escroquerie au faux conseiller bancaire, alors qu'il avait lui-même autorisé l'opération.

À la suite de cette déclaration, l'IBAN du commerçant fait l'objet d'un signalement interne au sein du groupe bancaire de l'émetteur.

Conséquence : pendant plusieurs semaines, des virements provenant de clients de différentes banques du même groupe sont rejetés. L'entreprise découvre la situation uniquement lorsque ses clients lui signalent les difficultés rencontrées.

Un conseiller bancaire indique même à un client que l'IBAN du bénéficiaire serait impliqué dans une tentative de fraude.

L'entreprise n'a pourtant fait l'objet d'aucune accusation pénale et a fourni les justificatifs de la transaction commerciale.

Le groupe bancaire indique finalement avoir levé la mesure interne, sans avoir préalablement informé le commerçant de son existence ni de sa suppression.

Ma question est la suivante : jusqu'où une banque peut-elle aller dans ses dispositifs internes de lutte contre la fraude lorsqu'ils affectent un bénéficiaire qui n'est pas son client ?

Un simple signalement interne peut-il légalement entraîner des rejets de virements dans plusieurs établissements d'un même groupe, sans notification ni possibilité clairement identifiée de contestation pour le bénéficiaire ?

Je serais intéressé par une discussion sur le cadre juridique applicable, notamment l'article L.521-6-1 du Code monétaire et financier et les pouvoirs de contrôle de l'ACPR.
 
Bonjour
De mon passé bancaire, j'ai retenu que tout est question de gestion du risque opérationnel. La banque doit prendre toutes les dispositions qu'elle juge nécessaire pour protéger son client, sans tomber dans l'excès.
Par exemple, elle peut refuser de traiter une opération demandée par le titulaire d'une procuration si elle estime que le mandant pourrait avoir perdu ses facultés.

Au cas d'espèce, la question serait selon moi : la banque pouvait-elle faire autrement que bloquer ce RIB (pour éviter toute implication dans du blanchiment de capitaux par exemple) et la durée de blocage était elle proportionnée à un délai nécessaire et suffisant d'investigations ?

Quant à la communication :
- en interne : mouais, les fuites des conseillers aux clients c'est consternant
- À l'entreprise : jamais elle ne communiquera à un client que des opérations sont bloquées parce que suspicion de peut-être quelque chose... imaginez la réaction en chaîne si ça panique pour rien... il vaut mieux d'abord gérer et contenir le problème.

L'ACPR pourrait trouver qu'un autre chemin aurait été plus approprié, ou pas, pas pour autant que la banque s'exposerait à des sanctions sauf gestion calamiteuse avérée
 
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