L'exécutif a pris diverses mesures ces derniers mois mais celles-ci « ne suffisent pas devant l'ampleur des enjeux posés par l'inquiétante progression des arrêts de travail, qui nécessite une approche structurelle », juge le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou dans un courrier adressé mercredi aux organisations représentatives du personnel et du patronat, consulté jeudi par l'AFP.

Entre 2019 et 2025, le nombre d'arrêts « a fortement augmenté (+10%) pour atteindre 9,1 millions d'arrêts indemnisés » et un coût de 17,9 milliards pour l'Assurance maladie, « auxquelles s'ajoutent » les dépenses liées aux absences pour raisons de santé dans la fonction publique, pour un coût estimé en 2022 par l'Igas-Igf (inspections générales des Affaires sociales et des finances) à 15,1 Mds en 2022, détaille-t-il.

« Plutôt que de procéder immédiatement et par voie réglementaire aux ajustements paramétriques » nécessaires, le gouvernement souhaite « que vous puissiez négocier sur les modalités de mise en œuvre », avec le « triple objectif d'amélioration de la santé des travailleurs, du fonctionnement des entreprises et d'économies ciblées à 1 milliard d'euros en année pleine », écrit le ministre, réclamant « une conclusion » des négociations « au plus tard le 19 décembre ».

M. Farandou fixe « trois axes » de travail, dont l'élaboration d'une « politique active de prévention, de suivi et de meilleur accompagnement » de la reprise des salariés, pour « réduire la durée des arrêts » et permettre aux salariés « de revenir dans les meilleures conditions » ou d'aller vers une « réorientation professionnelle ».

Il les appelle aussi à « réviser l'ensemble des paramètres de notre système dual d'indemnisation maladie (durée d'indemnisation, plafond d'indemnisation journalière, complément employeur, taux global de remplacement) », et à « réinterroger le niveau de couverture des différents risques maladie », au regard d'autres protections dont bénéficient certains salariés, comme la prévoyance.

« Le dernier axe repose sur les moyens de responsabiliser davantage l'ensemble des acteurs » (prescripteur, employeur et salarié), indique-t-il. Il suggère de « donner de nouveaux outils » à l'employeur « pour mettre fin à des pratiques détournant le sens de l'arrêt de travail pour un motif non-médical » par exemple en cas de conflit au travail, ou de corriger l'absentéisme dit « atypique », qui « voit certaines entreprises se caractériser par un nombre significativement plus important d'arrêts » ou un phénomène de « sous-déclaration » des accidents du travail et maladies professionnelles.