Je viens de découvrir cette file très critique envers notre Président. Je souhaite apporter une analyse différente.
À mon sens, l'économie devrait être le premier critère d'évaluation d'un Président de la République. Pourtant, c'est aussi un domaine que beaucoup de Français maîtrisent mal.
Quelques éléments du bilan d'Emmanuel Macron méritent d'être rappelés :
- Après la crise des Gilets jaunes, des dizaines de milliards d'euros d'argent public ont été redistribués pour soutenir le pouvoir d'achat.
- En 2024, la France est restée, pour la sixième année consécutive, le pays européen attirant le plus d'investissements internationaux.
- Les baisses d'impôts sur le capital en début de quinquennat ont durablement donné à Emmanuel Macron une image de « président des riches ».
- Certes, les contribuables les plus aisés ont bénéficié de la suppression de l'ISF. Mais les classes moyennes ont également profité de la baisse des cotisations sociales et de la suppression de la taxe d'habitation, soit près de 20 milliards d'euros de pouvoir d'achat redistribués.
- Depuis 2017, les prélèvements obligatoires ont diminué et les mesures fiscales n'ont pas bénéficié uniquement aux plus fortunés.
- Depuis mai 2017, près de 1,9 million d'emplois ont été créés. Le taux de chômage est descendu jusqu'à 6,9 % fin 2022, avant de remonter légèrement par la suite.
Mon expérience personnelle est simple : je ne paie plus environ 3 000 € de taxe d'habitation par an et j'ai bénéficié de deux prothèses auditives entièrement prises en charge, soit environ 4 000 € d'économies.
Il ne faut pas non plus oublier le contexte dans lequel Emmanuel Macron a gouverné : la crise des Gilets jaunes, la pandémie de Covid-19, l'inflation provoquée par la guerre en Ukraine, puis les tensions géopolitiques actuelles au Moyen-Orient.
Beaucoup lui reprochent, à juste titre, l'augmentation de la dette publique. C'est un sujet sérieux. Mais les chiffres de l'INSEE que je tiens à votre disposition montrent également que, rapportée au PIB de son époque, la dette, avait davantage progressé sous Nicolas Sarkozy. Par ailleurs, Emmanuel Macron n'a exercé le pouvoir que pendant huit ans, dans un contexte économique exceptionnellement difficile.
Autre élément souvent oublié : pendant des décennies, une Allemagne en forte croissance tirait l'économie européenne. Depuis deux ans, ce n'est plus le cas elle est en récession . L'environnement économique est aujourd'hui beaucoup moins favorable.
Enfin, aucun dirigeant occidental n'avait anticipé l'ascension fulgurante de la Chine, devenue un leader mondial dans des secteurs stratégiques comme l'intelligence artificielle, la robotique, les véhicules électriques ou les énergies renouvelables. Tous les gouvernements européens doivent désormais faire face à cette nouvelle réalité.
Pour conclure, avec un CV aussi prestigieux que celui d'Emmanuel Macron, il est normal d'être exigeant sur les résultats. Mais une évaluation honnête devrait aussi tenir compte des circonstances exceptionnelles auxquelles il a dû faire face et des résultats effectivement obtenus, sans se limiter aux slogans ou aux caricatures.
Une fois élu avec le couple MLP /Bardella au regard de leurs CV on sera moins exigent sur le résultat