Le DPE et ses dégâts

Kizzo a dit:
Je peux tout comprendre
Mais pour autant faut-il ne pas le faire ?
Je comprends les agriculteurs qui veulent utiliser certains pesticides pour améliorer leurs rendements. Mais si la santé publique est en jeu...
Moi aussi mon ravalement me coûte cher (22k pour 77m2). Mais de toute façon un jour il faut y passer. Et repousser l'échéance ne change pas le sujet. Pas vraiment d'issue. Il faut entretenir les biens. Les matériaux coûtent cher, la main d'œuvre aussi. Soit. Mais il faut le faire quand même.
Et en copro la mairie peut obliger les travaux et ça coûte encore plus cher...

La grosse conclusion que j'en dégage est qu'avec la crise bcp de personnes n'ont plus forcément les moyens d'etre/rester propriétaires.
(Attention, je ne parle pas d’une simple ravalement mais bien d’une rénovation énergétique.).
Moi aussi je suis partisan d’investir régulièrement pour l’entretien de son bien.
Mais franchement cette histoire de DPE a été très mal réfléchie et assortie d’une «punition » ( interdiction de louer) dont l’argument juridique ( l’indécence) est très discutable pour ne pas dire infondé.
C’est ce caractère coercitif, le calendrier intenable et la non prise en compte du caractère particulier des copropriétés que je condamne; pour je reste je suis ok.
 
Ce point sur l'indécence est central. Un appart propre, sec, bien entretenu mais classé F parce qu'il a des murs de 1970... l'appeler indécent c'est forcer le terme. L'indécence au sens légal porte sur la sécurité et la santé des occupants, pas sur une étiquette DPE.
Et le vrai dégât collatéral c'est que les F/G sortis du marché ne sont pas tous rénovés : beaucoup sont juste retirés de la location, ce qui aggrave la pénurie là où elle était déjà forte.
 
Axiles a dit:
Péril, bien sur. Passoire, non. Déjà l'électricité est largement décarbonée grâce au nucléaire, mais surtout le ROI environnemental de la rénovation énergétique semble très faible voire négatif en raison de la surestimation des gains des travaux et de l'effet rebond.
Exact.
Le ROI de la reno énergétique pour un propriétaire de résidence principale est quant a lui presque toujours negatif a moins qu'il envisage de revendre avec plus value.
Il faut habituellement plus de 30 ans pour espérer amortir des coûts de reno énergétique...
 
MDacier a dit:
Exact.
Le ROI de la reno énergétique pour un propriétaire de résidence principale est quant a lui presque toujours negatif a moins qu'il envisage de revendre avec plus value.
Il faut habituellement plus de 30 ans pour espérer amortir des coûts de reno énergétique...
De plus je ne donne pas 30 ans de vie aux isolants plaqués sur les façades et qui constituent le gris de is rénovation en général ( avec les vitrages).
 
Je pense qu'il est plus que temps d'intégrer que la sauvegarde de la planète, la survie de l'Homme sur cette planète pour les dizaines d'années à venir, sa capacité à ne pas dépérir dans ce qui est censé le protéger (son logement) parce qu'il fera plus chaud ou plus froid.... tout ça n'a pas vocation à emporter rentabilité économique
La planète, je présume qu'elle s'en fout de notre compte en banque, de notre fiscalité, du ROI etc. Et notre organisme, quand nous enchaînons les coups de chaud... pas sûr qu'il se soucie de la rentabilité de notre rénovation énergétique...
 
Kizzo a dit:
Je pense qu'il est plus que temps d'intégrer que la sauvegarde de la planète, la survie de l'Homme sur cette planète pour les dizaines d'années à venir, sa capacité à ne pas dépérir dans ce qui est censé le protéger (son logement) parce qu'il fera plus chaud ou plus froid.... tout ça n'a pas vocation à emporter rentabilité économique

Il va de soi que la préservation de la planète est un enjeu majeur, et personne ne conteste l’urgence d’agir.
Mais il y a quelque chose de profondément kafkaïen dans cette injonction permanente à « sauver l’environnement » portée par ces memes nations dont une part significative de l’économie repose sur des dépenses militaires massives, dont l’empreinte écologique (et humaine) est tout sauf négligeable.
On demande aux citoyens de réduire leur consommation, de trier, de se déplacer autrement, de changer leurs habitudes du quotidien… pendant que les États investissent des sommes colossales dans des activités qui, par nature, polluent, détruisent et consomment des ressources à une échelle sans commune mesure avec celle qui pourraient seulement contrebalancer ce gâchis ...
 
MDacier a dit:
Il va de soi que la préservation de la planète est un enjeu majeur, et personne ne conteste l’urgence d’agir.
Mais il y a quelque chose de profondément kafkaïen dans cette injonction permanente à « sauver l’environnement » portée par ces memes nations dont une part significative de l’économie repose sur des dépenses militaires massives, dont l’empreinte écologique (et humaine) est tout sauf négligeable.
On demande aux citoyens de réduire leur consommation, de trier, de se déplacer autrement, de changer leurs habitudes du quotidien… pendant que les États investissent des sommes colossales dans des activités qui, par nature, polluent, détruisent et consomment des ressources à une échelle sans commune mesure avec celle qui pourraient seulement contrebalancer ce gâchis ...
Je ne dis pas que les politiques sont des gens rationnels et congruents, loin s'en faut
Ma réflexion reste qu'on sait très bien se débrouiller sans ces gens (on a survécu plusieurs mois sans gouvernement stable, sans majorité à l'Assemblée, même sans loi de finance ! 🤣) et qu'il faut faire ce qui doit être fait, qu'importe la logique économique. Le bon sens doit toujours l'emporter
 
La suppression, l’assouplissement des règles locatives en relation avec le DPE seront un enjeu pour les élections présidentielles.
Pour l'instant le RN et Dupont-Aignan proposent la suppression, Lisnard/Retailleau l'assouplissement.

La gauche, bien entendu, prisonnière des alliances avec les écolos continuera de financer l'isolation des logements sociaux avec de la dette et continuera de punir le méchant propriétaire bailleur en ruinant son investissement locatif.

Quant au centre mou, Philippe, ben il ne sait pas encore, pas de vision mais des calculs de report pour le deuxieme tour.
 
Kizzo a dit:
La planète, je présume qu'elle s'en fout de notre compte en banque, de notre fiscalité, du ROI etc. Et notre organisme, quand nous enchaînons les coups de chaud... pas sûr qu'il se soucie de la rentabilité de notre rénovation énergétique...

On vit dans le monde réel, il faut choisir où mettre l'argent. Bien évidemment qu'il faut prendre en compte le ROI de nos actions et de nos choix environnementaux. Je ne serais pas surpris qu'on investisse mieux notre argent en finançant l'arrêt de centrales au charbon dans le tiers monde (ou en Allemagne, wink wink) plutôt qu'une rénovation énergétique des logements dont on voit bien l'absence de résultats, à part créer de la pénurie sur le marché locatif. Entre 1990 et 2017, l'évolution des émissions liées au logement c'est -5% en France [lien réservé abonné]. J'ai vu clairement plus impressionnant vus les dizaines de milliards engloutis.

Et avant la planète, je mets l'humain. Ce qui ne veut pas dire qu'on fait n'importe quoi. Ne penser que environnement et insuffisamment humain, comme beaucoup l'ont fait pour la clim, ça tue, littéralement. Je suis clairement pour que des procès aient lieu envers ceux qui, par exemple, depuis 2003, n'ont pas utilisés l'argent de la journée de solidarité pour ce qui était prévu à savoir avec des pièces fraiches dans tous les Ehpad, au hasard. Ou pour ceux qui ont interdits d'avoir de la climatisation pour des personnes fragiles, dans les hôpitaux par exemple.
 
Dernière modification:
Axiles a dit:
Bien évidemment qu'il faut prendre en compte le ROI de nos actions et de nos choix environnementaux
C'est certain que toutes les femmes qui accouchent ces dernieres semaines dans des hôpitaux et restent avec leur nouveau-né par plus de 40 degrés doivent sans doute penser que l'arrêt des centrales en Allemagne et la rentabilité des investissements sur les locaux hospitaliers priment sur la survie et la santé de leur bébé, leur bien-être en tant que femme et mère...
Être humain ce n'est pas se dire que tant que tout n'est pas réglé à l'échelle mondiale on ne fait rien de "petit" même si c'est utile ni que le bien etre de l'humain se mesure par un ROI... mais ça n'engage que moi
 
Kizzo a dit:
C'est certain que toutes les femmes qui accouchent ces dernieres semaines dans des hôpitaux et restent avec leur nouveau-né par plus de 40 degrés doivent sans doute penser que l'arrêt des centrales en Allemagne et la rentabilité des investissements sur les locaux hospitaliers priment sur la survie et la santé de leur bébé, leur bien-être en tant que femme et mère...
C'est exactement ce que j'ai dit, ça tombe bien. Mais je me ravis du glissement entre les deux messages, du "il faut faire tout pour l'environnement" à "la vie humaine avant tout". En effet, un vrai scandale qu'on est ainsi piétiné nos malades et fragiles pour des objectifs hors sol.

Être humain ce n'est pas se dire que tant que tout n'est pas réglé à l'échelle mondiale on ne fait rien de "petit" même si c'est utile ni que le bien etre de l'humain se mesure par un ROI... mais ça n'engage que moi
Il doit manquer de la ponctuation.

En tout cas, "Vivre, c'est choisir". Toujours.
 
Axiles a dit:
Mais je me ravis du glissement entre les deux messages, du "il faut faire tout pour l'environnement" à "la vie humaine avant tout".
Je n'ai jamais écrit qu'il fallait tout faire pour l'environnement.
J'ai écrit qu'en ce qui concerne les investissements liés à l'environnement, il me paraît inutile de raisonner en ROI économique, car ça n'a pas vocation à être rentable d'un point de vue financier mais à permettre de vivre/survivre.
C'est comme octroyer des budgets à la culture, ça a vocation à être déficitaire sauf énorme mécénat, faut-il fermer les musées pour autant ?

Donc si "la vie humaine avant tout", aucune logique économique à avoir. Je ne vais pas réfléchir si ma maison vaudra plus cher pour décider si je vais y consacrer des euros pour l'adapter aux évolutions climatiques
 
Kizzo a dit:
Je n'ai jamais écrit qu'il fallait tout faire pour l'environnement.
J'ai écrit qu'en ce qui concerne les investissements liés à l'environnement, il me paraît inutile de raisonner en ROI économique, car ça n'a pas vocation à être rentable d'un point de vue financier mais à permettre de vivre/survivre.
C'est comme octroyer des budgets à la culture, ça a vocation à être déficitaire sauf énorme mécénat, faut-il fermer les musées pour autant ?

Donc si "la vie humaine avant tout", aucune logique économique à avoir. Je ne vais pas réfléchir si ma maison vaudra plus cher pour décider si je vais y consacrer des euros pour l'adapter aux évolutions climatiques
Penser résultat ce n’est pas que chercher un ROI supérieur à 1 (votre vue), dans une logique étroitement financière. Mais aussi se demander si c’est plus intéressant d’allouer des ressources financières, rares, à tel projet plutôt qu’à un autre, même si on sait que les deux ont des coûts supérieurs aux bénéfices financiers attendus. D'autant plus sur des sujets importants comme l'environnement, c'est important voire essentiel alors que le déficit est massif et qu'il faut choisir ses combats.

Mais on a probablement couvert le sujet.
 
[lien réservé abonné]

Carton rouge pour le DPE à l'épreuve de la canicule​

Trop d’isolation tue l’isolation. Le DPE n’est vraiment pas le bon instrument en matière de politique du logement
S’il est désormais de notoriété publique que les Français frissonnent en hiver et transpirent trop l’été lorsqu’ils vivent dans une « passoire énergétique », le fait qu’ils souffrent aussi des canicules dans un logement dit « performant » l’est en revanche beaucoup moins. Apparu avec la multiplication des vagues de chaleur, le phénomène de « bouilloire thermique » est une mauvaise surprise. Et il remet encore une fois en cause la fiabilité du DPE
 
Une maison ancienne aux murs épais (pierre, basalte, terre, etc.), même mal isolée selon les critères du DPE, peut rester plus fraîche en journée grâce à son importante inertie thermique.
Elle peut être très agréable pendant une canicule si elle est bien protégée du soleil et ventilée la nuit.
 
Un angle qui manque souvent dans ce débat : les passoires ne sont pas où on
croit. En agrégeant les 15,1 M de DPE de l'ADEME, ce sont les départements
ruraux et anciens qui dominent (Creuse 32 %, Cantal et Lozère 29 %), pas les
grandes villes. Et le facteur n°1, c'est l'énergie de chauffage : 49,8 % des
logements au fioul sont F ou G, contre 7,7 % au gaz. Le sujet est autant une
question de chauffage que de "qualité" du bâti.

Ça apporte un fait que personne d'autre n'a, ça te positionne en gars qui connaît la donnée (pas en vendeur), et ça ne valide ni n'attaque la thèse du fil.

Puis, seulement si quelqu'un réagit ou demande la source, tu réponds à ton propre tweet :
J'ai sorti la carte département par département à partir de cette base, si ça
intéresse : renovscope.fr/observatoire (transparence : c'est moi qui l'ai faite)
 
julien7 a dit:
Un angle qui manque souvent dans ce débat : les passoires ne sont pas où on
croit. En agrégeant les 15,1 M de DPE de l'ADEME, ce sont les départements
ruraux et anciens qui dominent (Creuse 32 %, Cantal et Lozère 29 %), pas les
grandes villes. Et le facteur n°1, c'est l'énergie de chauffage : 49,8 % des
logements au fioul sont F ou G, contre 7,7 % au gaz. Le sujet est autant une
question de chauffage que de "qualité" du bâti.

Ça apporte un fait que personne d'autre n'a, ça te positionne en gars qui connaît la donnée (pas en vendeur), et ça ne valide ni n'attaque la thèse du fil.

Puis, seulement si quelqu'un réagit ou demande la source, tu réponds à ton propre tweet :
J'ai sorti la carte département par département à partir de cette base, si ça
intéresse : renovscope.fr/observatoire (transparence : c'est moi qui l'ai faite)
Lol, la prochaine fois il faudra penser à effacer les remarques de l'IA, monsieur le (mauvais) community manger de renovscope, c'est très énervant d'être pris pour des cons.

Belle illustration en tout cas que votre site sur les méfaits du DPE : c'est devenu une telle jungle incompréhensible que pour (espérer) savoir quelles aides sont justifiées, si le DPE est bidon ou pas, etc. on doit nourrir des intermédiaires qui de facto détournent in fine l'argent public.

Restaurons un marché sain, non biaisé par des aides de partout qui ne finissent que dans les poches des intermédiaires ou dans les poches des experts des arcanes de l'administration.

Et le magique non respect des obligations légales :

Le site RénovScope est édité dans le cadre d’un projet en phase de prévisualisation. Les informations d’identification complètes (raison sociale, adresse, SIRET) seront publiées avant tout lancement commercial effectif.

Rassurant...

La jeunesse du projet n'excuse pas tout.
 
Dernière modification:
Axiles a dit:
Lol, la prochaine fois il faudra penser à effacer les remarques de l'IA.

Donc bon, monsieur le mauvais community manger de renovscope, on va s'assurer de bien vous citer pour montrer que c'est très énervant d'être pris pour des cons en faisant (mal) votre publicité.
Désolé, je comprends le commentaire et le ressenti. C'était vraiment pas voulu et nul en vrai, j'ai bêtement copié mon brouillon. Je bosse tout seul sur le projet + le boulot à côté et la vie perso, c'est pas simple. Désolé du dérangement. J'espère juste que ce manque d'attention ne vous poussera pas a faire de préjugés sur le projet qui peut en aider certains
 
julien7 a dit:
. Et le facteur n°1, c'est l'énergie de chauffage : 49,8 % des
logements au fioul sont F ou G, contre 7,7 % au gaz
Et pourtant deux maisons strictement identiques excepté l’une radiateur electrique l’autre fioul. Comme à l’issue des calculs le coefficient énergétique pour les dépenses d’énergie primaire est de 1 pour ke fioul et presque à 2 pour l’électricité, les deux DPE obtenu sont dans un rapport d’environ 2 et en faveur du fioul !!!
 
Maurice63 a dit:
Et pourtant deux maisons strictement identiques excepté l’une radiateur electrique l’autre fioul. Comme à l’issue des calculs le coefficient énergétique pour les dépenses d’énergie primaire est de 1 pour ke fioul et presque à 2 pour l’électricité, les deux DPE obtenu sont dans un rapport d’environ 2 et en faveur du fioul !!!
Bonne remarque, et vous avez raison sur la mécanique :
l'électricité a un coefficient d'énergie primaire de 2,3 contre 1 pour le fioul.
Donc sur le volet énergie, à isolation égale, une maison tout-électrique est effectivement
pénalisée par rapport à la même en fioul.

Deux choses complètent le tableau :

1- Depuis 2021, le DPE retient le PLUS MAUVAIS de deux seuils : l'énergie
primaire ET les émissions de CO2. Or le fioul émet ~324 gCO2/kWh (bien plus que
l'électricité) — côté climat, c'est donc le fioul qui plafonne la note vers F/G.
C'est précisément ce que la réforme de 2021 visait.

2. Surtout, le 49,8 % n'est pas une comparaison de deux maisons identiques :
c'est un constat sur le parc réel. Le fioul est surtout installé dans des
logements anciens et ruraux(comme chez mon grand-père), souvent mal isolés (là où il n'y a pas de réseau de
gaz). C'est une corrélation liée au type de bâti, pas au coefficient. Sur vos
deux maisons identiques et bien isolées, ni l'une ni l'autre ne serait forcément
une passoire.

Donc les deux sont vrais : le calcul défavorise l'électrique sur l'axe énergie,
et dans la réalité les logements au fioul sont plus souvent des passoires pour
des raisons de bâti et d'émissions.
 
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