A l'heure actuelle, les retraités peuvent déduire 10% de leurs revenus annuels du montant imposable, dans la limite de 4.439 euros. Un abaissement à 3.000 euros de cette limite permettrait de rapporter 1,4 milliard d'euros de recettes fiscales supplémentaires, selon cette source, qui rappelle que le « sujet » des l'effort à demander aux retraités est « tellement dur électoralement ».
Le gouvernement se base sur une mesure identique déjà votée par le Sénat à l'automne 2025, lors des précédents débats budgétaires, avant d'être mise de côté dans la suite des discussions.
En dévoilant les grandes lignes de son projet de budget dans Le Figaro jeudi, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait indiqué que l'effort porté par les retraités « sera inférieur aux 6 milliards d'euros » initialement évoqués par le ministre des Comptes publics, et il a assuré que « les petites retraites seront protégées ».
Pour néanmoins faire contribuer les retraités aux 54 milliards d'efforts budgétaires escomptés dans le budget 2027, le gouvernement réfléchit à coupler le plafonnement de l'abattement fiscal avec un gel ou une sous-indexation des pensions de retraite de base, selon la source au sein de l'exécutif, avec des seuils qui seraient fixés « par décret ».
Citant samedi l'avant-projet de loi de financement de la Sécurité sociale, Le Monde indique que la sous-indexation (donc une augmentation des pensions moins forte que l'inflation) concernerait les retraités percevant entre 1.260 euros et 2.034 euros, quand ceux percevant davantage verraient le montant de leur retraite de base gelée. Ceux touchant moins de 1.260 euros « verraient leur pension de base progresser au même rythme que l'inflation », selon le journal.
Normalement, les pensions de base augmentent chaque année en suivant l'inflation. Elles ont ainsi été revalorisées d'environ 15% entre 2022 et 2026.
Interrogé samedi, Bercy n'a pas souhaité commenter précisément la nature des mesures envisagées à l'encontre des retraités, affirmant que « ce sont des mesures d'accroche pour le débat parlementaire et les consultations » en cours menées par le ministre des Comptes publics David Amiel, celui du Travail Jean-Pierre Farandou et celui des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous.
Les projets de budget de l'Etat et de la Sécurité sociale seront présentés en conseil des ministres le 1er octobre, avant leur examen au Parlement.
La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, s'est dite samedi « totalement opposée » à un changement dans l'indexation des pensions et a aussi rejeté une baisse du plafond de réduction fiscale pour les seuls retraités.
« La justice sociale et fiscale ne se fait pas à travers le montant des retraites (...) et non, on n'est pas riche quand on a une pension de plus de 2.000 euros par mois », a-t-elle déclaré sur France Inter, appelant à « arrêter de stigmatiser les retraités » et fustigeant un « budget dangereux pour le pays ».




















