La bombe que s’apprête à révéler la Cour des comptes sur la politique d’apprentissage menée ces 9 dernières années est folle.
Entre faux apprentis inscrits jusque dans les grands groupes, employeurs fictifs, organismes de formation fantômes, formations facturées mais jamais dispensées, ruptures de contrat fictives, usurpations d'identité, on apprend dans un rapport encore non rendu public, que près de 10% des sommes engagées chaque année auraient été purement et simplement détournées
En même temps, quand vous déversez autant d’argent public (15 Mds/an) sans que personne ne soit sérieusement chargé d’en contrôler l'usage, il ne faut pas s’étonner d’avoir des abus… voire de la fraude.
Ces révélations tombent assez mal pour le Président de la République et ses soutiens. Les +187 % de nouveaux apprentis entre 2017 et 2024 étaient indirectement leur trophée de chasse puisqu’il s’agit à peu près de la seule chose qui ait fait reculer le chômage en 10 ans.
Mais, non seulement ça a été au prix d’un coût considérable pour les finances publiques avec un quasi-triplement des dépenses entre 2018 (6,1 Mds€) et 2023 (14,9 Mds€ ) dont 10% ont apparement été détournées, mais en plus, ça n’a pas vraiment permis de réduire le chômage des jeunes.
Ce dernier reste à 21,4 %, quand la zone euro affiche 14,7% et l'Allemagne 7,2%, soit au passage trois fois moins que nous, pour une dépense par apprenti trois fois inférieure (4 700 euros par an en Allemagne, contre 14 700 chez nous).
Au delà de l’argent détourné, il faut donc cesser cette politique dont toute la littérature économique suggérait même avant sa mise en place en 2018 que subventionner l'apprentissage des diplômés du supérieur n'améliorerait pas leur insertion (Cahuc-Ferracci CAE 2014, Issehnane 2011, Cart-Lene-Toutin 2018, Collet 2024).
Alors, reste que maintenant qu’on fait le constat qu’il faut couper ces milliards d’euros d’aides aux jeunes, chaque euro économisé doit leur être rendu en permettant de mieux financer l'école et l'université dont les moyens s’effondrent.
En aucun cas cela doit servir, comme c'est devenu l'habitude dans ce pays, de variable d'ajustement pour honorer les “promesses” faites à leurs grands-parents en matière de retraite

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