Euh, c'est moi ou l'étude est très mal fichue ? On mélange littéralement intérimaires et cadres en CDI par exemple. Je ne vois vraiment pas comment on peut tirer des conclusions sérieuses en comparant la vitesse de reprise d'un boulot d'un intérimaire ouvrier agricole de 19 ans, qui a cotisé quelques mois et n'a que quelques mois d'indemnisation, un jeune cadre dynamique dans un marché en croissance, et un cadre de 64 ans qui sera indemnisé jusqu'à la retraite, pour prendre deux cas opposés.
Ce sont des difficultés présentes pour toute étude, mais même les retraitements faciles à faire ne sont pas faire : regarder par type de contrat (CDI/CDD/Interim) avant de passer à la durée d'indemnisation. Regarder aussi par l'âge du chômeur.
Et quand justement tu lis l'étude, pas juste son résumé, et que tu crois trouver cette info, tu te dis, Alleluia ! Erreur, en fait le graph est totalement trompeur puisqu'il compare à gauche de 0 à 6 mois pour le vert clair, et de 0 à 24 mois à droite ! J'ai vu des choses sales en stats, mais là... La bonne comparaison pour tirer un début de conclusion, c'est de regarder à six mois d'un côté ceux qui ont six mois d'indemnisation, de l'autre ceux qui ont 24 mois. Là on laisse penser que donner 24 mois d'indemnisation aide à trouver un travail, alors que les chiffres ne disent pas du tout cela. Qu'est-ce qui est comparable ? Juste le vert foncé, qui correspond à ceux qui trouvent avant même d'avoir été indemnisé. Dur d'en tirer des conclusions... En tout cas c'est globalement identique entre les deux, mais on se demande bien pourquoi la durée max jouerait ici significativement.
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Mais, soyons caustiques, une info essentielle dans ce même tableau, que j'isole :
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Plus tu touche d'argent, moins vite tu trouves. C'est là, sous vos yeux. Alors certes c'est avec les mêmes biais de mélanger tout, mais tout de même.
Et je dois dire que je vois l'exact opposé dans les chiffres de ce que dit l'étude (ou pire, ce qu'en dit Le Monde, dont on se demande s'ils ont vraiment lu l'étude

). En particulier le graph ci-dessous :
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- Plus l'indemnisation est longue, plus la durée pour reprendre un boulot est longue. Je ne dis pas que l'un implique l'autre attention mais on ne peut clairement pas l'exclure non plus
- Il y a bien des pics de reprise, visibles, juste avant la fin de l'indemnisation. En rouge ci-dessous
C'est même écrit noir sur blanc pour le dernier point :
On notera pour les curieux que, comme Radio Paris,
le Monde ment. Le journaliste Thibaud Métais qui se sent apparemment très intelligent pond un article "Le mythe du « chômeur oisif » battu en brèche par une étude de l’Unédic". Sauf qu'il dit l'exact opposé de ce que dit l'étude. Je cite le Monde, qui dénonce tous ces méchants qui disent que :
C'est pourtant écrit noir sur blanc par l'Unedic et bien visible, oui il y a un pic de reprise juste avant la fin des droits...
Et mention spéciale pour ceci (étude Unedic), présenté comme une des preuves que les chômeurs ne sont pas impactés par la durée de leurs droits :
Bah oui, logique, et la réponse n'est pas celle qu'on croit :
- Il y a des gens qui s'inscrivent juste pour avoir les tarifs réduits, alors même qu'ils ont quitté leur précédent emploi pour un autre après une RC. Je ne pense pas qu'on puisse quantifier cela, mais c'est une réalité dont je peux témoigner personnellement, je l'ai fait.
- Si les gens trouvent vite, c'est aussi (voire surtout, car le 1er point ne fait pas 1/5e c'est sur, il est même probablement anecdotique) qu'ils ont un incentive à trouver vite. Entre les indemnités de RC, les montants touchés lors d'un licenciement, les CP, le délai de carence augmente très vite. A nouveau sur mon cas perso, c'était six mois avant d'être indemnisé (ce qui est le maximum je crois). Les stats sont parcellaires mais plus d'un salarié sur 4 a un délai de carence de plus d'un mois. Autant d'incitations à trouver vite, parce que un mois sans salaire, c'est compliqué. Et aussi pour avoir le beurre et l'argent du beurre.
Les Echos, nettement plus sérieux, vont en fait dire... plutôt ce que je dis. Et l'opposé du Monde
Alors ça ne veut pas dire que Retailleau et autres boomers critiquant ces fainéants de jeunes ont raison (quoique éventuellement sur le graph par montant de l'indemnisation). Mais clairement l'étude ne dit pas l'inverse non plus.