Comment mesurez-vous la performance de votre PEA ?

Bonjour,

personnellement j'utilise 3 métriques complémentaires:

TRI XIRR (money-weighted) = vrai rendement annualisé pondéré par chaque date de versement réelle.

TWR (Time-Weighted Return) : rendement de marché, neutralise l'effet des versements (Modified Dietz) — la performance « pure » du portefeuille.

YTD = (Valeur - Valeur 31/12 - Versements YTD) / Valeur 31/12 → performance marché de l'année N nette des versements.

1) Pour evaluer la perf de mon PF sur l'année en cours, j'utilise le YTD.
2) Pour évaluer la perf annualisée (donc depuis la création de mon PF), j'utilise TRI et TWR.
La différence entre les 2, c'est que le TRI tient compte des flux de liquidités (achats/ventes).
Ainsi, pour se comparer à un benchmark (exple msci world), on utilise le TWR, et si le TRI est >TWR cela voudra dire que les achats/ventes se sont fait aux bons moments (périodes de baisses/hausses). Si TRI<TWR cela veut dire l'inverse.
Les institutionnels utilisent pour annualiser les perfs de leurs PF vs benchmark, le TWR (car ils ne connaissent pas exactement tout les flux de liquidités de tout les porteurs de parts).
 
niklos a dit:
- Total PEA - Total investis = Gain
L'inconvénient c'est qu'il y a un saut de performance entre la veille d'un nouvel apport et le lendemain alors que cet apport n'a pas encore pu avoir d'impact sur la performance.

Le TRI à l'avantage de prendre en compte les durées d'investissement.

Franky,
La question se pose aussi de savoir s'il faut inclure ou non la poche liquidité.
Normalement, oui, car l'argent qui dort en attendant un achat diminue la performance moyenne du PF. Mais, psychologiquement, c'est plus sympa de le sortir de la formule, comme ptitcoco semble le faire.

On peut aussi virtuellement diviser son portefeuille et calculer un TRI pour chaque type de stratégie. Par exemple, un TRI pour les lignes DCA, un pour les ETF, un pour les achats opportunistes et ainsi voir quelle stratégie paie le mieux.
 
Max1 a dit:
La question se pose aussi de savoir s'il faut inclure ou non la poche liquidité.
Il n’y a pas de débat, le choix investir ou non, de timer le marché doit être pris en compte dans le rendement.
 
Max1 a dit:
L'inconvénient c'est qu'il y a un saut de performance entre la veille d'un nouvel apport et le lendemain alors que cet apport n'a pas encore pu avoir d'impact sur la performance.
Tout à fait. Je sais que "ma" technique n'est pas parfaite, loin de là. Mais elle est simple et permet d'avoir un aperçu de la performance.
 
Je regarde le TRI ( mode DCA ) et je regarde le YTD par année pour connaître mon rythme de croisière ( vert ...ou rouge )
 
PEA récent (1 an). J'ambitionne de suivre deux indicateurs de performance :
- TWR, en trimestriel et annuel (performance du portefeuille)
- TRI, en trimestriel et annuel (pour connaître l'impact du timing des apports).

À côté, Sharpe et Sortino pour le rapport rendement-risque.
 
Valeur totale de TOUS nos PF au 31/12 comparé au même calcul de l'année précédente = pourcentage réel de l'année
 
Bonjour à tous !

Merci pour toutes vos réponses. Elles montrent qu’il existe une grande quantité de façon de mesurer la qualité de nos investissements. Et je serais moins péremptoire que certains : je ne pense pas que parmi les indicateurs cités il y en ait de bons ou de mauvais, de vrais ou de faux. Ils ne mesurent simplement pas la même chose, ne répondent pas à la même question et sont tous plus ou moins soumis à des biais d’interprétation.

J’en veux pour exemple la valeur de marché qui semble trouver grâce aux yeux de la plupart, y compris des médias, et qui à mes yeux souffre pourtant d’un biais d’interprétation important.

Prenons au hasard l’exemple de Monsieur M dont le portefeuille serait concentré sur 2 actions Sx et Ta pour environ 1,1 milliards $. C’est une image bien flatteuse. Car si monsieur M décidait demain de clore son portefeuille en soldant ses positions et en mettant sur le marché ses millions d’actions de ces 2 sociétés, leurs cours s’effondreraient et il retirerait bien moins qu’1,1 milliards de dollars de son investissement.

L’exemple est volontairement caricatural, toute ressemblance avec des personnes réelles ne serait que fortuite 😉

Je me dis que ça pourrait être intéressant de compiler les différents retours obtenus de chacun pour obtenir un tableau des différentes pratiques avec l’indicateur, sa façon d’être calculé, son objectif de mesure, ses biais d’interprétation. Qu’en pensez-vous ?

Avant cela je voudrais partager mon expérience sur un indicateur particulier qu’a évoqué Axiles car je pense que cela peut intéresser pas mal de monde : le comparatif à un benchmark (Ça va être un peu long mais la démarche me semble intéressante à suivre 😊). Jusqu’ici je trouvais cet indicateur parfaitement inutile. Pourquoi se comparer aux autres ? j’ai passé l’âge de savoir qui pisse le plus loin et mesurer que mon portefeuille remplit sa fonction de générer au moins 10% de revenus par an me suffit amplement pour m’assurer d’atteindre mon objectif final : en faire une machine à produire de la rente en complément de ma future retraite.

Mais la remarque d’Axiles « vous avez (…) une performance très en dessous des benchmarks si je prends un bête World. » m’a fait réagir. Le benchmark ne me servirait pas uniquement à me comparer aux autres, mais surtout à valider ma stratégie d’investissement. Peut-être qu’effectivement je fais tout ça pour rien et que je ferais mieux d’investir passivement dans un ETF.

J’ai donc fait le calcul. Et pour comparer des choses comparables j’ai choisi 2 benchmarks : le CAC 40 GR (dividendes réinvestis) pour pouvoir comparer mes investissements à mon marché de référence et un ETF World accessible en PEA (pour ne pas sortir de mon enveloppe fiscale si avantageuse et répondre réellement à la question « un investissement sur un ETF serait-il plus rentable ? »). Pour éviter au maximum les biais d’interprétation je ne me suis pas contenté de récupérer les valeurs de début et de fin des ces 2 indices, mais j’ai recalculé des TRI en tenant compte des montants et des dates d’investissement sur ces 2 indices.

Sans trop de surprise et comme l’avait pointé Axiles je me suis pris une claque ! Sur 5 années d’investissement, mon PEA a fait 3% de moins que le CAC40GR mais surtout 12% de moins que l’ETFW ! Ma stratégie d’investissement qui me semblait si bonne m’a coûté très cher !

Parallèlement, j’ai ouvert un portefeuille sur le marché américain où j’applique strictement la même stratégie depuis un an et où mes résultats me semblent assez exceptionnels avec un TRI de clôture aujourd’hui à 42,21%. L’impression de bon résultat est-elle également erronée ? Pour en avoir le cœur net, j’ai reproduit la démarche : comparatif avec un TRI basé sur le S&P500TR et sur le même ETF World que précédemment. Les résultats ont été bien plus flatteurs. Sur la période je bats le S&P500TR de 20,8 pts et l’ETF W de 23,8 pts.

La vache ! qu’est-ce que je fais de tout ça ? est-ce que j’arbitre 100% de mon PEA vers un ETF pour cesser de perdre inutilement des sous ? est-ce que je continue une gestion personnelle sur Wall Street ? est-ce que j’ai simplement eu de la chance sur cette année à WS et je ferais mieux d’aller vers un ETF pour l’ensemble de mes placements ?

Mon aventure en bourse a commencé avec mon PEA il y a 5 ans (eh oui vous l'aviez sûrement déjà remarqué je ne suis pas un investisseur professionnel, mais juste un amateur pas toujours très éclairé). Ma stratégie a bien sûr évolué en 5 ans. Et elle est surtout fixée depuis un an. Je me suis donc posé la question de savoir si ma mauvaise performance sur mon PEA était liée au poids du passé ou si au contraire, cette année à WS était accidentellement bonne.

Je vous épargne toutes les étapes mais j’ai donc recalculé mon comparatif aux benchmarks sur mon PEA sur l’année passée pour comparer sur la même période que WS, tout en « nettoyant » mon PEA des positions héritées du passé et qui sont « hors stratégie actuelle ». Le résultat a été spectaculaire : mon PEA « hors positions héritées » a surperformé sur la période le CAC 40GR de près de 12 points et légèrement supérieur à l’ETF W.

Qu’est-ce que j’en conclue aujourd’hui ? J’aime à penser que ma sous-performance constatée par rapport aux benchmarks n’est pas le coût d’un « loisir très coûteux » comme l’a dit Axiles, mais plutôt le coût d’un nécessaire apprentissage.

Je vais donc me laisser la chance et le temps de voir si ma stratégie et le temps passé à la gestion de mon portefeuille peuvent finir par compenser mes erreurs passées avant de me rabattre passivement sur un ETF dans quelques mois ou années si ce n'est pas le cas…

J’en retire en tout cas dans l’immédiat l’ajout de cet indicateur à mes outils de gestion pour pouvoir comparer mes performances à ces 2 benchmarks (un peu de développement en perspective 😊) depuis l’origine de mes portefeuilles mais également année après année, pour que mes enfants et amis avec qui je les partage en profitent également.

J’espère que ce (long) laïus pourra apporter à certains autant d’éclairage que vos nombreuses contributions m’ont apporté. En ouvrant ce fil je pensais ouvrir un débat sur les bienfaits comparés de différents indicateurs, je n’avais pas imaginé qu’en quelques heures seulement il m’aurait à ce point apporté matière à réflexion sur mes pratiques et outils.

Merci à tous !
 
Bonjour,

Merci pour votre retour.

Attention avec la notion de "positions héritées". Il peut s'agir d'un biais.
Seul compte le temps présent et aujourd'hui ces positions, vous ne les avez pas vendues. Elles font donc intégralement parties de votre portefeuille et donc ne peuvent être exclues d'un benchmark.
 
Bien sûr ! Je n'ai fait cet exercice qu'en one-shot pour essayer de comprendre les écarts constatés et estimer si le correctif mis en place était suffisant et avait simplement besoin de temps pour produire son effet ou si ma méthode était structurellement déficitaire par rapport au benchmark... ce qui m'a amené à me laisser encore un peu de temps ;)

Mais bien évidemment ma comparaison au benchmark va continuer à se faire sur l'ensemble de mon portefeuille y compris ces "positions héritées".

D'autant plus qu'après analyse celles-ci ne sont pas si mauvaises. Elles pèsent juste aujourd'hui sur mon TRI de clôture parce qu'elles sont en forte moins-value et représentent plus d'un tiers de mon portefeuille car je les avais trop concentrées. Mais dans le fond elles continuent de remplir leur fonction d'apport de revenu avec des dividendes stables ou en croissance et des perspectives positives. Je suis confiant dans leur capacité de redressement dans leur impact sur mes performances.
 
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