Mdacier,
Pas vraiment d'accord.
Une fois le potentiel acheteur en place, ce sera très compliqué de le déloger s'il est de mauvaise foi ...
Et ça, ce n'est pas écrit sur son front.
Une fois le potentiel acheteur en place, il sera effectivement très compliqué de le déloger et il n’est effectivement pas écrit sur son front qu’il est de bonne foi.
Mon idée est de lui faire accepter un contrat qui lui ôte toute envie d’agir de mauvaise foi pour la simple raison que s’il le faisait cela lui coûterait en fin de compte beaucoup plus cher que de respecter le contrat qu’il a signé. C’est le principe de la dissuasion. Il fonctionne dans les relations internationales, il fonctionne aussi dans les relations de droit privé.
Il veut s’installer tout de suite dans le logement. Pourquoi pas ? Mais à des conditions suffisamment draconiennes pour lui ôter toute envie de jouer au squatter. Soit il les accepte en sachant qu’il n’a aucun intérêt de faire un sale coup au vendeur, soit il les refuse et alors on n’en parle plus.
Par ailleurs, le fait de passer par une location risque d'induire un impôt sur les plus values, la maison n'étant plus votre résidence principale lors de la vente future.
En lisant le BOFIP BOI-RFPI-PVI-10-40-10, vous verrez que non :
Il est admis que l'exonération s'applique lorsque l'immeuble est occupé par le futur acquéreur avec qui un compromis de vente a été signé. Deux conditions doivent être simultanément réunies :
- la convention d'occupation temporaire doit être intrinsèquement liée à la vente ;
- le contrat de vente doit être passé dans un délai normal à compter de la signature du compromis.
Cela fonctionnera aussi avec une promesse unilatérale de vente.
Kizzo,
La condition suspensive d'obtention de prêt est d'ordre public. Qu’est-ce qui est d’ordre public ? Lisez l’article L313-41 du code de la consommation.
Lorsque l'acte ... indique que le prix est payé, ... à l'aide d'un ou plusieurs prêts ... cet acte est conclu sous la condition suspensive de l'obtention du ou des prêts qui en assument le financement.
Et lorsque l’acte ne mentionne aucun prêt il n’y a aucune condition suspensive d’accord de prêt.
L’idée est que l’acte n’indique pas que l’acheteur ait besoin d’un prêt. Pour plus de sûreté, il serait bon, pour écarter toute ambiguïté, qu’il soit clairement indiqué dans l’acte que l’acheteur s’est délibérément abstenu de toute mention de besoin de prêt, en d’autres termes, qu’il fait du financement son affaire personnelle et qu’en conséquence le financement ne fait l’objet d’aucune condition suspensive. Cela revient à ce que l’acheteur renonce par avance à toute condition suspensive d’accord de prêt. Mais l’on se gardera bien de stipuler qu’il est interdit à l’acheteur d’emprunter, ce serait absurde. Le notaire saura trouver la formule idoine. C’est son métier.
Quant à la jurisprudence évoquée, il serait d’ailleurs intéressant d’en donner une référence prévisible, le cas dont nous discutons sort de son champ.
L’acheteur fait savoir qu’il n’a pas actuellement les moyens d’acheter mais qu’il pense les avoir d’ici un an. Donc pour l’instant il n’achète pas mais convient avec l’acheteur d’un contrat adapté à la circonstance : le vendeur lui réserve le bien pendant une certaine période à l’issue de laquelle il aura le choix soit d’acheter soit de ne pas acheter. Il n’y a aucune ambiguïté ni aucun abus de l’un envers l’autre. C’est purement la liberté des contrats et c’est équilibré. Le vendeur lui réserve la maison pendant un certain temps. Si au bout de ce temps le bénéficiaire de la promesse décide de ne pas acheter, alors il doit payer le prix convenu de l’immobilisation. Une promesse unilatérale de vente ne se transforme en contrat de vente que si l’option est levée. Si elle n’est pas levée, elle n’est pas un contrat de vente. L’indemnité d’immobilisation est la contrepartie contractuelle de l’indisponibilité du bien à laquelle s’est obligé le vendeur. Ce n’est pas une clause pénale. Une clause pénale sanctionne un manquement au contrat. Or décider de ne pas lever l’option n’est pas un manquement au contrat puisque le contrat laisse cette possibilité à l’acheteur.
Dépôt de garantie placé sous séquestre : l'encaissement en cas de non réalisation de la vente dépendrait d'un jugement oubd'un accord amiable.
Cela ne dépendra d’un jugement mais du contrat. Si le bénéficiaire de la promesse refuse d’exécuter le contrat par lequel il s’est engagé, le vendeur saisira le tribunal pour demander au juge de condamner le bénéficiaire à exécution sa part du contrat. Le juge constatera l’obligation inscrite dans le contrat et condamnera le bénéficiaire de la promesse à libérer le séquestre à son profit. Le juge n’aura pas le choix. Il ordonnera l’exécution du contrat et ajoutera des dommages et intérêts et des dépens.
Un engagement ne vaut pas grand chose. À la rigueur prendre l'hypothèque directement... mais c'est coûteux, difficilement justifiable dans une vente (risque de requalification en bail…)
Si, un engagement inscrit dans un contrat vaut quelque chose. Si, par contrat, on s’interdit d’hypothéquer un bien, alors on n’a plus le droit de l’hypothéquer. C’est courant dans le cas des cautions données en alternative à une hypothèque. L’acheteur, au lieu de laisser inscrire l’hypothèque spéciale du prêteur de deniers, a obtenu la caution d’une société mutuelle qui garantit au prêteur le remboursement du prêt. Mais évidemment la société de caution a pris une garantie en inscrivant dans son contrat l’engagement de l’acheteur à ne pas accepter d’hypothèque conventionnelle sur l’immeuble acheté, la société de caution se réservant le cas échéant le droit de le faire. Si ce contrat est passé en la forme authentique il peut être publié et sera alors opposable aux tiers. Dès lors l’inscription d’une hypothèque conventionnelle devient concrètement impossible.
Prendre l’hypothèque directement, non, il n’y a pas de raison, il n’y a pas de dette. Mais il y a lieu de se réserver pour le futur la possibilité d’une garantie en obtenant de l’acheteur son renoncement à hypothéquer un bien afin de se réserver pour l’avenir une possibilité de saisie s’il y a lieu.
En fait, c’est une une clause accessoire, l’essentiel étant la promesse unilatérale de vente sans condition suspensive d’accord de prêt. Mais s’il y a possibilité pour le vendeur de se ménager une sûreté supplémentaire, ce serait un plus.
Indexation du prix de vente. La encore c’est une clause accessoire. Elle n’est pas indispensable. Mais comme il s’agit d’une vente à échéance de plus de six mois, un an peut-être, stipuler une révision du prix est tout à fait légitime. Si c’est inscrit dans le contrat, c’est équilibré, par définition, dès lors qu’il n’y a pas de vice du consentement. C’est d’ailleurs courant dans les contrats de construction de maison individuelle ou contrats de gros travaux.
Je reste sur ma conclusion initiale : faire simple c'est souvent salutaire. Aussi sérieux que l'acquéreur puisse paraître, c'est d'abord à lui d'accepter les conditions de la vente. Et vendre une maison ce n'est pas signer un bail.
Il vaut mieux faire simple que compliqué, nous sommes d’accord. Evidemment on ne peut imposer à l’acheteur des conditions qu’il n’accepte pas et l’inverse.
En fait, quel est le problème ? C’est une question de gros sous, une balance pécuniaire à faire entre divers choix portant sur un futur incertain. Montant de l’enjeu : à vue nez de l’ordre de 50 000 €. Ce n’est pas négligeable. Cela correspond à deux ans du salaire médian des français. La maison vaut 400 000 €, peut-être un peu moins. Valeur locative mensuelle, 1 500 €. Cela veut dire que chaque mois perdu implique un manque à gagner équivalant à trois semaines du salaire médian.
Ceux qui disent qu’il ne faut prendre aucun risque et que, si la maison ne se vend pas, il faut baisser le prix, insinuent qu’il faut envisager de baisser le prix de 400 k€ à 350 k€ et laisser la maison vide pendant six ou un an. La maison ne se vendra pas à 400 k€. Mais peut-être à 380 k€ à condition toutefois que des acheteurs potentiels se présentent. Au bout de deux mois, personne ne s’est présenté. Cela risque de durer longtemps. Une baisse de 10 % fera peut-être venir des acheteurs potentiels. Ce n’est pas sûr, mais c’est tout de même assez probable. 10 % sur 400 kE plus six mois d’attente, c’est en moins 40 k€ et 9 k€ de manque à gagner, soit un total approximatif de 50 k€.
Maintenant arrive un huberlu considéré comme sérieux proposant de n’acheter que dans un an mais, en attendant de louer. Avant de spéculer sur le risque je fais le calcul. Admettons qu’il ait un peu négocié, prix abaissé à 380 k. Différence par rapport à l’option sécuritaire : 30 k€.
En ce qui concerne les six mois avant de demander un prêt, c’est plausible. Après la création d’une entreprise, les banques demandent trois bilans. En l’espèce il ne s’agit pas d’une création d’entreprise mais de l’achat d’un deuxième fonds de commerce. On suppose que le critère des trois bilans est acquis sur le premier fonds. Le commerçant est déjà connu. Le deuxième fonds qu’il vient d’acheter ne vient pas d’être créé, il a lui aussi une antériorité. Le banquier se contente seulement de vérifier que le second commerce continue à prospérer de façon satisfaisante sous la direction du nouveau propriétaire que le banquier connaît déjà. Ces six mois n’ont rien de farfelu