L'augmentation du niveau de l'apport personnel exigé pour obtenir un crédit immobilier atteint un niveau jamais vu. La hausse est de plus de 40% en trois ans. Explications.

Il n'en finit plus de grimper. Le montant de l'apport personnel exigé par les banques pour obtenir un crédit immobilier bat des records. C'est ce qui ressort du dernier observatoire trimestriel CSA/Crédit Logement diffusé ce mardi.

L'apport personnel, cette somme d'argent qui permet de couvrir au moins les frais de notaire lors d'un achat avant que le prêt ne soit débloqué par la banque, a vu son niveau grimper de 12,3% en 2022, après un bond de 13,2% en 2021.

Du jamais vu

« Une augmentation aussi rapide et durable n'avait encore jamais été constatée », souligne l'observatoire. Sur les trois derniers mois de 2022, le niveau de l'apport personnel moyen était ainsi de 43,5% supérieur à celui enregistré à la même période de 2019. Concrètement, cela représente un supplément d'apport équivalent à 7 mois de salaire d'un emprunteur gagnant moins de 3 Smic ou 1,5 mois de revenus en plus pour les personnes gagnant 5 Smic et plus.

Dans une étude publiée fin octobre, le courtier Cafpi constatait que le montant moyen d'apport personnel avait grimpé de 25% sur un an, passant ainsi de 48 000 à 60 000 euros, en raison notamment de la hausse des prix immobiliers. Mais pas que. L'apport personnel représente 18% du montant financé contre 16% un an auparavant, notait Cafpi : « La preuve que les banques exigent un engagement plus important des emprunteurs. »

Hausse des prix et taux d'usure

Comme expliquer cette hausse ? Un apport plus conséquent permet notamment de limiter les effets du taux d'usure, le taux maximum auquel une banque peut prêter. En effet, en raison de son mode de calcul qui va bientôt être temporairement modifié, le taux d'usure est aujourd'hui proche des taux d'intérêts pratiqués par les banques, ce qui entraîne de nombreux refus de prêts, selon les courtiers.

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« L'apport personnel puisé sur l'épargne constitue ainsi un des moyens efficaces pour contourner le taux d'usure et obtenir un crédit immobilier », souligne Cafpi. En effet, plus l'apport est conséquent, plus il permet de réduire la durée du prêt et donc son taux.

Résultat, « avec le renforcement des exigences sur l'apport personnel et la contraction de l'offre bancaire, la clientèle la plus modeste est pénalisée », constate l'observatoire CSA/Crédit Logement.