La crise planétaire du Covid-19 a montré certaines faiblesses persistantes du système financier mondial liées notamment au secteur non-bancaire et créé des défis nouveaux avec une hausse globale du niveau d'endettement, signale mardi un rapport du Conseil de stabilité financière.

« La pandémie du Covid-19 est le premier grand test pour le système financier mondial depuis que les réformes du G20 ont été mises en œuvre après la crise financière de 2008 », signale le conseil, mandaté depuis plus de dix ans par le G20 pour coordonner ces réformes. Pour l'heure, le système financier mondial a globalement bien résisté à la pandémie, à la faveur entre autres d'un vaste arsenal de mesures de soutien d'ordre monétaire, budgétaire, réglementaire et de supervision, se félicite le rapport qui tente de tirer les premières leçons de la crise.

Nonobstant, la crise a aussi mis en lumière « le besoin de renforcer la résistance du secteur de l'intermédiation financière non-bancaire », parfois désignée sous l'expression anglophone de « shadow banking », est-il ajouté. Le Conseil de stabilité financière pointe notamment les risques liés à la forte interconnexion entre le système bancaire et le secteur financier non-bancaire, le second étant moins strictement réglementé et surveillé que le premier.

Des banques trop frileuses et des entreprises plus endettées

Autre élément d'attention, le rapport constate qu'en dépit des allègements permis par les superviseurs en matière de capitaux réglementaires pour permettre aux banques de continuer à financer l'économie, certaines d'entre elles « ont pu se montrer hésitantes à piocher dans leurs réserves », limitant ainsi la puissance des mesures d'allègement. « Alors que de façon générale les banques n'ont pas été confrontées à d'importantes pressions de liquidités, certaines ont adopté une posture défensive en maintenant leurs niveaux de liquidités bien au-delà des minima réglementaires », explicite le conseil.

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En ce qui concerne l'avenir, l'un des legs de la pandémie pourrait être la constitution d'importants stocks de dette au sein des entreprises, un élément qui était déjà un facteur d'inquiétude dans certains secteurs de l'économie avant la crise. « Les mesures rapides et étendues de soutien ont augmenté les niveaux d'endettement, notamment au sein des secteurs les plus durement touchés (par la pandémie, ndlr). Le traitement de ce surendettement, via entre autres la sortie des entreprises non viables et la réallocation des ressources vers les entreprises plus saines, pourrait constituer un tâche cruciale pour les législateurs dans le futur », prévient le rapport.