Le délégué général de LREM Stanislas Guerini propose lundi de créer « dès que possible » un prêt à taux zéro de 10 000 euros pour chaque jeune de 18 à 25 ans, un « capital jeune » pour « se lancer dans la vie ».

La mesure ne serait « pas qu'un bouclier anticrise, mais un véritable outil d'émancipation », qui aurait vocation à être pérennisé, souligne-t-il dans un entretien au Monde alors que les jeunes sont touchés de plein fouet par la crise économique et sociale engendrée par l'épidémie du coronavirus. L'idée émerge aussi alors que le gouvernement doit remettre d'ici fin janvier à Emmanuel Macron ses propositions pour un plan « égalité des chances » que le chef de l'Etat pourrait dévoiler mi-février selon son entourage, et qui est décrit comme la « jambe gauche » du très régalien projet de loi contre les séparatismes.

La somme de 10 000 euros, accessible « quelle que soit l'origine sociale » et sans condition d'usage, serait « remboursable sur une période très longue, 30 ans », et le serait « uniquement si l'on atteint un certain niveau de revenu, que je propose de fixer à 1 800 euros brut par mois », précise Stanislas Guerini. « C'est un emprunt sans risque car si vous n'atteignez pas ce revenu, vous n'avez pas à rembourser. »

5 millions de jeunes concernés ?

Ce dispositif, qui pourrait concerner « potentiellement plus de 5 millions de jeunes entre 18 et 25 ans », permettrait de « faciliter l'émancipation » et constituerait « un message adressé à la nouvelle génération pour lui dire : Ne baissez pas les bras, on croit en vous ! » Il pourrait servir à « payer des frais de scolarité pour faire des études, financer un logement étudiant, créer une entreprise » ou « se consacrer à 100% à ses études, sans avoir à travailler en parallèle ».

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Le patron de LREM réfute qu'il s'agisse d'un revenu universel déguisé, car le dispositif « n'est pas une allocation » et « repose sur un principe de responsabilisation avec un capital remboursable ». Ce « capital jeune » apporterait « chaque année 2 à 3 milliards d'euros à une jeune génération », pour un coût « raisonné » sur les finances publiques : « environ 500 millions d'euros par an » au vu des 20% de taux de défaut observé dans des pays comme la Suède, l'Australie ou le Royaume-Uni où des dispositifs similaires ont été mis en place.

Pour répondre à l'urgence, Emmanuel Macron a annoncé jeudi des mesures de soutien psychologique ou alimentaire pour les étudiants, en plus des aides de solidarité déjà instaurées.

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