Chaque mot de la condition suspensive compte ! Un vendeur, qui est allé en Cassation, l'a appris à ses dépens.

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Il suffit en effet que l'acquéreur obtienne un crédit d'un montant inférieur pour que la condition soit remplie, observe la Cour de cassation. Un vendeur refusait de signer la vente de sa maison chez le notaire car son acquéreur ne prouvait pas avoir obtenu d'une banque un crédit de 725 000 euros, comme prévu par le compromis de vente au titre des conditions suspensives.

Ce vendeur a tort, ont rectifié les juges, car il est précisé dans le compromis que l'acquéreur doit trouver un crédit d'un « montant maximum » de 725 000 euros, pour une « durée maximale » de 20 ans, à un « taux d'intérêt maximum de... ».

Et ces formulations ne sont pas inutiles, a expliqué la Cour. Elles ne sont pas non plus uniquement destinées à protéger l'acquéreur d'un prêteur éventuellement trop gourmand qui imposerait une durée de remboursement trop longue, un crédit trop important, un taux d'intérêts trop cher. Elles s'imposent également au vendeur qui ne peut pas refuser sa vente, comme l'a fait celui-ci, au prétexte que le crédit accordé était seulement de 500 000 euros. Le crédit de 500 000 euros était conforme à l'exigence d'un crédit maximum de 725 000, a dit la Cour. C'est à l'acquéreur, ensuite, d'être en mesure de payer la somme promise, le jour prévu, devant le notaire.

(Cass. Civ 3, 14.1.2021, P 20-11.224).