Le calme estival, avant des secousses à la rentrée ? L'Association Professionnelle des Intermédiaires en Crédits (APIC) a fait le point ce lundi sur le marché du crédit immobilier et dévoilé ses anticipations pour la fin de l'année, concernant le financement de l'habitat.

Et si « actuellement la hausse des taux de crédit reste limitée avec une tendance à la stabilisation depuis le printemps », « l'Apic anticipe une possible hausse du taux moyen des nouveaux crédits supérieur à 3,50% sur 25 ans ». Une augmentation sensible puisque d'après le dernier baromètre mensuel de l'observatoire Crédit Logement-CSA, la référence statistique du secteur, le taux moyen des nouveaux crédits immobiliers sur une durée de 25 ans était de 3,30% en juin. Le taux moyen, toutes durées confondues, est passé de 3,22% entre février et avril, à désormais 3,24%.

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« Depuis le début d'année, les banques absorbent une partie des tensions sur les marchés afin de préserver la dynamique en se maintenant en moyenne à 0,5 point sous leur niveau théorique d'équilibre », analyse Laura Martino, vice-présidente de l'Apic. Dit autrement, les banques font des efforts pour capter de nouveaux clients et remplir leurs objectifs de production, au détriment de la rentabilité immédiate. Cet été, plusieurs établissements ont prolongé leurs offres promotionnelles : taux réduit sur une partie du financement ou encore prêt complémentaire à 0%...

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Mais les tensions persistantes sur les marchés obligataires limitent les marges de manœuvre des banques, malgré l'apparente stabilité actuelle des barèmes. Au vu des très fortes incertitudes avec le conflit au Moyen-Orient, la Banque centrale européenne pourrait une nouvelle fois relever ses taux directeurs en septembre, après la hausse de juin. Une hausse préventive ce jeudi, lors de sa réunion de juillet, n'est d'ailleurs pas complètement exclue, même si ce n'est pas le scénario envisagé.

« L'envie d'acheter résiste même si le marché reste marqué par une certaine prudence »

Dans ce contexte, les taux pourraient repartir à la hausse à la rentrée si ces conditions de marché perdurent. « Pour autant, le léger durcissement attendu des conditions de financement en 2026 devrait réintroduire des arbitrages plus marqués sur les profils et les projets accompagnés », relativise Laura Martino, vice-présidente de l'Apic.

Ainsi, les meilleurs profils (primo-accédants, ménages disposant d'un apport confortable ou clients capables de domicilier leurs revenus) devraient ainsi continuer de bénéficier de conditions plus favorables que les taux moyens affichés. Et selon l'Apic, « l'envie d'acheter résiste même si le marché reste marqué par une certaine prudence ». Selon un sondage réalisé par l'Ifop, 35% des Français de 25-65 ans ont un projet d'achat dans les 2 ans, contre 53% des moins de 35 ans. Car « la propriété demeure un projet de vie : 40% des Français souhaitent devenir propriétaires de leur résidence principale tandis que 23% envisagent un investissement locatif. »