Le nombre de prêts immobiliers a chuté en France en 2020 malgré des taux d'intérêt toujours très bas, montre mardi l'étude de référence, l'activité étant plombée par les conséquences de la crise sanitaire au détriment notamment des plus pauvres.

En décembre, le taux moyen des crédits immobiliers accordés par le secteur privé s'est établi à 1,17%, un niveau proche de son plancher historique touché à la fin des années 2010, selon l'observatoire CSA/Crédit Logement, qui associe les principales banques françaises à un institut d'études de marché. C'est un peu moins que le mois précédent - 1,20% - et, surtout, cela confirme que les taux redeviennent de plus en plus avantageux après une nette hausse lors du déclenchement de la crise sanitaire du coronavirus au printemps et du premier confinement.

« En dépit du renforcement de la crise économique et sociale, et de la montée des risques de défaut d'une partie des emprunteurs (...), les banques ont de nouveau amélioré les conditions des crédits octroyés », explique dans un communiqué l'observatoire. Ces conditions favorables s'expriment aussi en matière de durée. En moyenne, les nouveaux prêts immobiliers courent sur un peu plus de 19 ans, un niveau historiquement long.

Les ménages modestes durement touchés

Mais cela n'a pas suffit à soutenir l'activité des banques face à un marché paralysé pendant des semaines par la crise. Le nombre total de nouveaux prêts a reculé de 18,1% l'an dernier. Fin 2020, « la mise en œuvre du deuxième confinement a affecté les conditions de réalisation des projets immobiliers des ménages et provoqué l'abandon d'opérations envisagées », explique l'observatoire.

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Ce qui baisse, c'est notamment la proportion des emprunteurs les plus pauvres. Alors qu'avant la crise, les banques exigeaient de moins en moins d'apport personnel - somme versée tout de suite par l'emprunteur -, la tendance s'est inversée l'an dernier.

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En conséquence, il y a un « recul de la part des clientèles jeunes et/ou modestes qui étaient rentrées sur le marché en 2019 », souligne l'observatoire qui évoque, tout particulièrement pour l'achat de logements anciens, un « recentrage du marché sur des acheteurs plus aisés ».

Au-delà de la crise, il s'agit aussi d'une conséquence d'un durcissement de la régulation des prêts immobiliers depuis un an, malgré un léger assouplissement fin 2020. Les autorités financières demandent aux banques de ne pas prêter sur plus de 27 ans. Les mensualités, elles, doivent éviter de dépasser 35% des revenus de l'emprunteur, même si des dérogations sont possibles.