Le retour du « crédit irresponsable » : c’est, en substance, la tendance dénoncée par UFC-Que Choisir. Dans un communiqué publié ce mercredi, elle dénonce des dérives dans la distribution des crédits à la consommation par les banques françaises, sur fond de pandémie de Covid-19.

« Les établissements de crédit semblent bien décidés à tirer profit de la crise », écrit ainsi l’association de consommateurs, qui leur reproche d’ouvrir grandes les vannes du crédit conso, à coup de publicités « pousse-au-crime », en promettant notamment des différés permettant de dépenser maintenant et de commencer à rembourser après les fêtes. Elle appelle ainsi les consommateurs à la prudence face à ce type de produits.

Des crédits en défaut en hausse de 40% en 2021

Plus généralement, l’UFC-Que Choisir s’inquiète d’une « distribution bien trop laxiste » des prêts à la consommation qui, faute de critères d’octroi suffisamment sévères, entraînent de trop nombreux défauts. « Avant même la crise, les banques françaises ont ainsi accumulé 9 milliards d’euros de dette que leurs clients ne sont pas capables d’honorer. Par ménage emprunteur, ces impayés dépassent 1 000 euros, soit près de dix fois plus qu’en Allemagne », calcule l’association. Cette somme devrait, selon ses estimations, bondir de 40% en 2021 pour atteindre 12 milliards d’euros, en raison des conséquences de la pandémie sur l’emploi.

Face à la perspective d’une « déferlante (…) des difficultés de remboursement des crédits à la consommation », l'UFC-Que Choisir en appelle ainsi à la Commission européenne, qui doit selon elle « contraindre les banques à proposer une mesure de restructuration dès le deuxième incident de remboursement et, en tout état de cause, avant la cession éventuelle d'un crédit douteux ».

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Des taux de défaut « bas », selon la FBF

Dans une réaction transmise à l'AFP, la Fédération bancaire française (FBF) a expliqué qu’elle ne partageait pas « les constats alarmistes » de l'UFC-Que Choisir. Selon elle, « les indicateurs permettent de montrer que les taux de défauts sont bas, comme l'ont d'ailleurs confirmé les autorités récemment, et que, même dans les circonstances actuelles, les risques sur les crédits aux particuliers évoluent très peu. Les banques sont extrêmement attentives sur ce point, et sont mobilisées pour prévenir la montée des difficultés et faire face ensemble ».