Le taux moyen des crédits immobiliers a baissé en septembre en France et reste ainsi à un niveau particulièrement bas, selon l'observatoire Crédit Logement/CSA. Ces conditions favorables ne profitent pas à tous : le nombre de prêts accordés est en net retrait, notamment pour les plus modestes.

Le mois dernier, les taux des crédits immobiliers accordés par le secteur concurrentiel français se sont en moyenne établis à 1,22%, détaille dans un communiqué l'observatoire. Pendant tout l'été, le taux moyen s'est replié, marquant ainsi une stabilisation après une nette hausse lors du déclenchement de la crise sanitaire du coronavirus au printemps et du strict confinement alors décrété pendant plusieurs semaines.

Le niveau des taux s'est donc finalement peu éloigné de ses planchers historiques, touchés l'an dernier à guère plus de 1% dans un contexte de politique très interventionniste de la Banque centrale européenne (BCE). « Dès juillet, les banques ont révisé à la baisse leurs barèmes », a résumé l'observatoire dans un communiqué. « Le taux moyen a alors commencé à reculer, afin de soutenir la demande de crédits immobiliers. »

La demande fragilisée par la crise

Malgré ces conditions favorables, le marché reste néanmoins « à la peine » même s'il a connu un rebond technique au sortir du confinement, selon l'observatoire. De fait, le nombre de crédits octroyés au troisième trimestre est nettement inférieur (-15,6%) à ce qu'il était un an plus tôt.

« La demande fragilisée par la crise économique et sociale déclenchée par la crise sanitaire bute, en outre, sur le resserrement de l'accès au crédit imputable aux décisions des autorités de contrôle bancaire », explique l'observatoire. Les autorités financières ont en effet demandé fin 2019 aux banques de resserrer un peu leurs conditions, jugeant que celles-ci étaient en train de devenir trop laxistes.

Sans provoquer pour l'heure d'effondrement du crédit, ces mesures, contestées par une bonne partie du secteur immobilier, ont surtout pâti aux plus modestes, juge l'observatoire. « La part des emprunteurs les moins dotés en apport personnel, qui supportent en général les taux les moins favorables,(...) a nettement reculé », souligne-t-il.