Ça y est ! Votre banque a accepté votre demande de prêt. Vous allez pouvoir acheter la maison de vos rêves. Toutefois, voici une question que vous navez peut-être pas osé poser à votre banquier : que devient votre emprunt si vous décédez avant davoir fini de le payer ? En fait, tout dépend de lassurance souscrite, de la présence éventuelle dun co-emprunteur ou encore de la cause du décès. Et selon les circonstances, quatre acteurs sont susceptibles de devoir régler la facture : la compagnie dassurance, votre conjoint, vos héritiers ou même lEtat.
1 - L'assureur passe à la caisse
La prise en charge du crédit par la compagnie dassurance est le dénouement le plus favorable. Et, bonne nouvelle, cest aussi le plus fréquent. Cest dailleurs lune des raisons dêtre de lassurance emprunteur, dont la souscription est juridiquement facultative mais le plus souvent la condition sine qua non à lobtention du prêt immobilier. Résultat, si vous disparaissez prématurément, la garantie décès de lassurance sactive. Et en fonction des quotités choisies, lassureur rembourse tout ou partie des mensualités restantes.
La quotité correspond à votre taux de protection. Cest-à-dire le pourcentage du crédit qui sera à la charge de lassureur si vous décédez. Ce taux est individuel. Vous et votre conjoint pouvez avoir une couverture différente, avec toutefois une règle inflexible : la somme des quotités doit être au moins égale à 100%. Ce faisant, si vous décédez tous les deux, la banque est censée recevoir de lassureur 100% des mensualités restantes. Autre conséquence de cette règle : si vous contractez seul votre emprunt immobilier, vous êtes obligé de vous assurer à 100%. En revanche, à deux, vous avez le choix. Vous pouvez couvrir les deux têtes à 100%. On parle alors dassurance à 200%. Avec ce niveau de protection, le décès dun seul contractant se traduit par la prise en charge totale du reste du crédit par lassureur.
2 - Le co-emprunteur mis à contribution
Bémol, cette couverture intégrale gonfle la prime dassurance. Cest pourquoi, lorsque lon emprunte à deux, il est courant de moduler la quotité en fonction du risque et du salaire de chacun afin de diminuer le coût de lassurance. Ainsi, si votre rémunération est bien plus importante que celle de votre conjoint, vous pouvez opter pour une quotité de 100% pour vous et de 50% pour votre co-emprunteur. Résultat, si vous décédez, lassurance assume la totalité des mensualités. Mais si cest votre conjoint qui « passe larme à gauche », lassurance ne rembourse que la moitié des sommes restantes. Vous, le conjoint « survivant », qui disposez des revenus les plus élevés, prenez en charge lautre moitié.
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Pour vérifier que lassurance prendra effectivement le relai, « le mieux est d'aller voir son banquier », conseille Gaëtan Dupin, juriste à lUFC-Que Choisir. Il faut aussi vérifier que la banque a bien ajusté en conséquence les mensualités. Le capital restant dû diminuant, les intérêts du crédit, calculés sur un montant plus bas, doivent également baisser.
3 - Lemprunteur survivant assume la totalité du prêt
En revanche, au décès de son conjoint, il peut arriver que lassureur refuse de prendre le relai. Lassurance étant contractuelle, celle-ci peut inclure des exclusions spécifiques. « L'assurance emprunteur peut ainsi prévoir un âge limite de couverture. Après 70 ans, par exemple, le décès n'entraîne plus la prise en charge des mensualités par l'assureur », souligne Gaëtan Dupin. Le suicide sil survient la première année est un autre cas dexclusion. La loi impose toutefois que lassurance emprunteur couvre dès la première année le décès par suicide lorsque le crédit, dun montant inférieur à 120 000 euros, a servi à acheter la résidence principale.
Le problème, cest que les emprunteurs ne sont pas toujours au fait de ces exclusions potentielles, observe le juriste de lUFC. « Les consommateurs ne consultent pas forcément de manière attentive les documents relatifs à lassurance lors de la souscription du prêt, parce que lassurance semble pour eux un sujet accessoire par rapport à leur achat immobilier et lobtention dun crédit ». Et le banquier, souvent aussi l'interlocuteur pour l'assurance, ne détaille pas toujours ces cas d'exclusion.
La garantie décès peut également ne pas sappliquer si vous avez omis de déclarer une maladie ou une pratique qui peut avoir des répercussions sur votre état de santé. « Le cas typique, relate Gaëtan Dupin, vous décédez d'un cancer du poumon sans avoir indiqué que vous étiez fumeur. Mais, souvent, la situation est moins flagrante. L'assurance peut considérer comme un défaut d'information des éléments, comme des pathologies, qui n'étaient pas connus de l'emprunteur au moment de signer, constate ce spécialiste de lUFC. Nous conseillons de dialoguer avec la compagnie d'assurance pour comprendre les raisons de son rejet. Si le désaccord persiste, il ne faut pas hésiter à prendre contact avec une association de consommateurs qui vous apportera un conseil juridique non intéressé ».
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4 - Les héritiers voire l'Etat en dernier recours
Si le ou les deux emprunteurs décèdent sans que lassurance puisse jouer, « le sort du prêt immobilier et son remboursement dépendront de la façon dont la succession sera organisée. Selon le cas, ce seront soit le conjoint survivant et les enfants, soit le conjoint survivant seul, soit les enfants seuls, ou encore dautres héritiers qui rembourseront le prêt immobilier », détaille Gaëtan Dupin.
Le ou les héritiers ont le choix alors d'accepter la succession, quitte à revendre le bien immobilier dans la foulée pour payer l'emprunt, mais ils peuvent aussi la refuser. Ils nhéritent alors ni des dettes ni des avoirs. Dans ce cas, c'est l'Etat qui paie les pots cassés et doit rembourser la banque. Un cas de figure rare. Mais si la situation se présente « vraisemblablement le bien immobilier sera vendu et le prix de vente participera à rembourser le solde du crédit », explique Gaëtan Dupin.
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