De 19% en mai 2011, le poids de lassurance de prêt dans le coût du crédit est grimpé à 31% en 2014 puis à 40% en mai 2015, selon le dernier baromètre de AcommeAssure. Cette augmentation nest pas due à une hausse du tarif de lassurance mais bien à la diminution des taux de crédit, et donc à une baisse globale du coût de l'emprunt. Il nempêche : sur une simulation de prêt immobilier, à côté de la somme des intérêts, le coût de lassurance peut aujourdhui étonner par son ampleur. Dès lors, comment adapter son contrat afin de réduire ses futures mensualités ?
Quotités : utile de sassurer à 200% ?
Si la question est posée à un conseiller bancaire, la première réponse portera sur les quotités. Il sagit du taux de protection de chaque emprunteur. En cas dachat immobilier par un ou une célibataire, la question ne se pose pas : la banque exige, sauf exception, une couverture de 100%. Pour un couple dacheteurs, cest différent. Ils peuvent être couverts à 100% chacun - on parle alors de couverture à « 200% » - ou moins. Le minimum ? Un total de 100% à répartir entre les deux emprunteurs, cest-à-dire une couverture de 50% sur chacun dentre eux, ou 75% et 25%, ou 55% et 45%, etc. Pour quelle différence de coût ? cBanque a demandé au courtier Immoprêt de chiffrer le coût d'une assurance emprunteur bancaire « standard » pour un couple de trentenaires.
| Quotité | Coût total | Coût mensuel |
|---|---|---|
| 100% sur chaque personne | 22.080 | 92 |
| 50% sur chaque personne | 11.040 | 46 |
| Simulation pour un couple de 30 ans, non fumeur, non cadre, avec un revenu global de 4.000 euros par mois, pour un projet d'emprunt de 200.000 euros à 2,20% sur 20 ans. | ||
Réduire les quotités permet donc au mieux dabaisser le coût de lassurance de moitié. En cas de décès de lun des deux conjoints, comment le survivant est-il assuré ? Si la quotité de la personne décédée est de 50%, lassureur rembourse la moitié du capital restant dû, le survivant aura donc à payer des mensualités réduites de moitié. Si la quotité est de 100%, lassureur rembourse lintégralité du capital restant dû : le survivant naura plus de mensualités à payer. Et si la quotité nest que de 25%, le survivant devra donc encore sacquitter des trois quarts du remboursement.
Faut-il nécessairement choisir loption low-cost, en limitant les quotités au maximum ? Tout dépend de la situation du couple : « Est-ce que chacun des clients serait capable dassumer la moitié des mensualités sil se retrouve seul ? » Telle est la question que se pose dans ce cas Jauffrey Ianszen, directeur régional de la métropole lilloise pour Immoprêt. « Sil se retrouve à payer chaque mois des échéances moindres à ce quil paierait en loyer, oui, cest bon ! Ce nest pas le cas si les mensualités sont plus élevées. » En clair : si les emprunteurs ont poussé leur taux dendettement à son maximum (un tiers des revenus), mieux vaut conserver une petite marge en tablant par exemple sur du 60/60 en cas de revenus équivalents. Car il faut prendre en compte lexistence de charges annexes, qui elles ne peuvent pas être diminuées de moitié : taxes foncière et dhabitation, frais liés aux éventuels enfants, etc.
« Beaucoup de couples sassurent à 100% chacun », affirme ainsi Myriam Castel, responsable des offres prévoyance et épargne chez MMA Vie : ils sont plus de 70% dans ce cas chez cet assureur. « Ils préfèrent quen cas de problème, le conjoint nait plus de charges du tout ! » Même son de cloche du côté dImmoprêt, dont les clients sont pourtant en recherche dune limitation du coût du prêt immobilier. La prudence avant tout.
Quelles garanties choisir ?
Lautre terrain sur lequel il est possible de jouer pour abaisser le coût de lassurance emprunteur, cest le choix des garanties. Dans certains cas, il est parfois possible daller jusquà six garanties :
- décès ;
- perte totale et irréversible dautonomie (PTIA) ;
- invalidité permanente totale (IPT), pour couvrir une invalidité dont le taux est supérieur ou égal à 66% ;
- invalidité permanente partielle (IPP), pour un taux dinvalidité de 33% à 66% ;
- incapacité temporaire totale de travail (ITT) ;
- perte demploi.
Dans les contrats dassurance, ces six garanties napparaissent pas forcément séparément, lassureur pouvant par exemple lier décès/PTIA et ITT/IPT. Comme le souligne le cabinet spécialisé BAO dans un rapport sur lassurance emprunteur, la garantie invalidité est « fréquemment qualifiée de facultative » mais « la plupart du temps exigée des banques, surtout pour ce qui concerne les accédants à leur résidence principale ». En revanche, lIPP nest pas systématique.
Quant à la perte demploi, elle est « très rarement souscrite », BAO évaluant « à 5% les dossiers demprunts immobiliers avec une garantie perte demploi », et elle est « encore plus rarement inscrite comme obligatoire dans loffre de prêt ». Myriam Castel, de MMA, qualifie cette garantie de « relativement chère ». Principaux inconvénients ? Une indemnisation partielle et le fait de ne couvrir quune durée limitée de chômage. Elle reste tout de même intéressante dans certains cas selon Jauffrey Ianszen : « Cela se justifie par exemple dans un couple où uniquement lun des deux perçoit un salaire. »
La formule de base est donc décès + PTIA + ITT + IPT. Est-il possible de limiter encore plus les garanties ? « Sur de linvestissement locatif, nous avons des profils qui se limitent aux garanties décès-PTIA », confie Myriam Castel. Pour quel gain sur les mensualités ? « Le plus cher, cest la garantie décès-perte dautonomie : cela représente 60% du coût de lassurance. LITT, cest 20% à 25%, et lIPT 15% à 20% environ. »
Jouer sur les franchises
Pour lincapacité de travail, « plus de 85% des contrats standards bancaires proposent une franchise de 90 jours » selon BAO. Cependant, cette même étude souligne qu'il existe des contrats aux « franchises supérieures à 90 jours, dans tous les types doffres, moyen efficace de rivaliser avec les tarifs des concurrents en diminuant les garanties ». Dans une logique doptimisation du coût de lassurance, la responsable des offres prévoyance et épargne de MMA Vie conseille de « remplacer une franchise de 90 jours par 180, si vous avez par ailleurs un contrat de prévoyance qui vous assure une protection confortable ».
Elargir la franchise ne permettra toutefois que de réaliser une petite économie. Sur un contrat dassurance de groupe proposé par la banque prêteuse et pour une acquisition de résidence principale, les deux principaux leviers des emprunteurs restent le retrait de la garantie perte demploi, éventuellement de lIPP, et le fait dabaisser les quotités.
Lire aussi la deuxième partie : Combien la délégation d'assurance emprunteur peut vous rapporter
















