Pour de nombreux observateurs du marché du prêt immobilier, limminence dun rebond des taux de crédits ne fait aucun doute. Reste à savoir quand, et dans quelles proportions. Si vous avez un projet dachat à court terme, pas de panique : ces mêmes observateurs misent quasiment tous sur une stabilisation jusquà la fin de lannée 2018. Et après ?
Lobservatoire Crédit Logement-CSA fait office de référence sur le sujet, à travers lampleur des dossiers étudiés (le portefeuille de 250 000 opérations garanties chaque année), et par lapport universitaire de léconomiste Michel Mouillart. Verdict de cet observatoire : stationné à 1,43% au 12 octobre, toutes durées confondues, le taux moyen des crédits immobiliers ne devrait « remonter que modérément en 2019, avec au maximum 1,90% en moyenne annuelle ».
Hausses de linflation et des taux demprunts dEtat
Pour livrer cette prévision, lobservatoire se base sur deux indicateurs macro-économiques : « Le rythme de linflation se renforce : de 0,2% fin 2016 à 1,9% fin septembre 2018 [inflation hors tabac, NDLR]. Et le taux de lOAT [emprunts dEtat] à 10 ans confirme sa remontée. » Le taux des emprunts dEtat à 10 ans, lun des principaux indicateurs dévolution des taux immobiliers, navigue ainsi depuis le début octobre au-dessus de 0,80% et « la plupart des scénarios » prévoient « un taux de lOAT compris entre 1% et 1,2% en décembre, puis entre 1,4% et 1,6% en 2019 », comme le rappelle Crédit Logement-CSA.
Bref, le rebond est inévitable, en 2019, mais dans des proportions loin dêtre défavorables aux emprunteurs. Et même en cas de rebond soudain, la faiblesse des seuils de l'usure empêcherait les banques de remonter rapidement leurs grilles de taux. Selon cet observatoire, dans le détail, les crédits immobiliers se négocient actuellement à 1,21% sur 15 ans, 1,41% sur 20 ans et 1,63% sur 25 ans. A titre de comparaison, fin 2016, quand les records de taux bas ont été enregistrés, le taux moyen sur 20 ans était de 1,40%.
7 prêts sur 10 d'une durée de 20 ans ou plus
Au-delà de lévolution des taux, Crédit Logement-CSA confirme trois tendances de fond : lallongement des durées de crédit, laccroissement des montants empruntés et la baisse de lapport personnel moyen. Trois phénomènes étroitement liés comme lexplique cet observatoire : « Lallongement de la durée des prêts accordés a permis de compenser partiellement la hausse des prix de limmobilier et la dégradation des soutiens publics, contribuant au maintien sur le marché dune partie des ménages jeunes et modestes, en primo-accession pour la plupart dentre eux et faiblement dotés en apport personnel. » En parallèle, la faiblesse des taux permet aux ménages de gonfler le montant de lopération : le « coût relatif » de lacquisition immobilière sétablit à plus de 4 années de revenus depuis un an, plus haut niveau depuis le début des années 2000.
Laugmentation des montants empruntés saccompagne donc dune hausse très nette des durées demprunt. En moyenne, les prêts dédiés à un achat dans lancien sétendent sur 242 mois (20 ans et 2 mois) et sur 237 mois dans le neuf (19 ans et 9 mois), sapprochant des durées demprunt davant-crise financière. Dans le détail, en septembre, lobservatoire recense plus de 30% de prêts souscrits sur des durées de 20 à 24 ans, et plus de 38% des crédits sur 25 ans ou plus. Autrement dit, dans près de 7 cas sur 10, les ménages sendettent actuellement sur 20 ans ou plus, et dans près de 2 cas sur 5 sur plus dun quart de siècle.
Voir par ailleurs le baromètre des taux de crédit immobilier

















