La chute des taux de crédit immobilier a surtout redonné du pouvoir d'achat aux ménages aisés, selon la Banque de France. Les plus modestes, qui s'endettent à plus long terme, ont bénéficié de baisses bien moindres.

La politique menée par la Banque centrale européenne (BCE) et le moindre coût auquel les banques se refinancent auprès d'elle « se sont traduites par une diminution des taux des crédits à l'habitat aux ménages depuis fin 2008 », constate la Banque de France dans son dernier bulletin, publié ce mercredi. Ainsi le taux médian des crédits à l'habitat était tombé à 2,1% en décembre 2015, contre 5,1% en décembre 2008.

Une baisse des taux pas uniforme

Cette baisse des taux, qui a « alimenté une augmentation du pouvoir d'achat immobilier des ménages depuis fin 2011 » n'a toutefois pas été uniforme : elle a été « plus importante pour les prêts de plus courte maturité ». Ainsi, l'écart entre les taux des crédits immobiliers à 10 ans et ceux à 20 ans a doublé entre 2008 et 2015, observent Edwige Burdeau et Lionel Potier, auteurs de l'article repris dans le bulletin.

Or « les emprunteurs aux revenus les moins élevés ont globalement augmenté la durée de leurs emprunts afin d'augmenter leur capacité d'achat, mais en bénéficiant un peu moins de la baisse des taux, plus marquée sur les durées de prêt courtes », expliquent les auteurs.

Recul des primo-accédants

Empruntant parfois sur 25 ans, les ménages les plus modestes n'ont donc bénéficié que « dans une moindre mesure » de la baisse des taux. Et la part des ménages accédant à la propriété a reculé, passant de 30% fin 2011 à 16% fin 2015, tandis que nombre de ménages déjà propriétaires, eux, tiraient parti de la baisse des taux pour renégocier leurs crédits en cours.

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Déjà supérieur au revenu médian des ménages français en 2008, 30.000 euros annuels, le revenu médian des ménages qui contractent un emprunt immobilier non subventionné a ainsi « continué d'augmenter pendant la crise », pour s'établir à 44.000 euros. Cela peut découler d'une « auto-sélection des ménages emprunteurs », d'un « resserrement des conditions de crédit » ou d'un « meilleur ciblage des prêts subventionnés », avance la Banque de France, sans trancher entre ces hypothèses.