Dans la toute dernière édition de son étude sur le profil des emprunteurs, l’enseigne de courtage en crédits immobiliers Cafpi identifie une famille de « gagnants », les investisseurs dans le neuf, et une catégorie de « perdants » : les Français qui deviennent pour la première fois propriétaires de leur logement, actuellement trop peu nombreux selon le courtier.

« Les primo-accédants restent les grands absents de la reprise du marché immobilier, » assure Cafpi dans son analyse du profil des emprunteurs publiée début septembre 2015. Le courtier déplore ainsi que cette catégorie d’acheteurs – celle des personnes devenant propriétaires pour la première fois ou qui ne l’ont pas été depuis au moins 2 ans – ne représente aujourd’hui que 30% des acquisitions, alors que, « dans un marché sain, leur part devrait être de 50% ». L’enseigne pointe notamment une certaine « mise à l’écart » des primo-accédants sur le marché de l’immobilier ancien : les achats dans l’ancien représenteraient en effet moins de 85% des dossiers, contre 95,4% chez les autres accédants à la propriété. L’analyse de Cafpi : il manque un petit « coup de pouce » pour déclencher le retour des primo-accédants. « Le prêt à taux zéro actuel, quasi-exclusivement réservé au neuf, trouve ses limites dans le niveau des prix, trop élevé pour les ménages modestes ».

Presque 5 ans de revenus pour les primo-accedants

Dans ses statistiques de septembre 2015, le courtier affiche ainsi pour les primo-accédants un montant moyen de crédit de 183.383 euros, sur une durée de 236 mois. Un montant certes inférieur de 4.250 euros par rapport aux autres emprunteurs, mais supérieur de plus de 12.000 euros aux chiffres de juillet 2015 ! Conséquence : pour cette catégorie d’emprunteurs, d’après les calculs du courtier, le prix du bien acheté pèse de plus en plus lourd et représente presque 5 années de revenus (4,88). Avec, au passage un écart qui se creuse par rapport au reste de la population d’acheteurs, pour atteindre exactement une année de revenus.

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Ce constat, assez alarmiste pour les accédants à la propriété, et notamment les plus modestes, est à tempérer. En effet, dans un communiqué du 31 août 2015, un autre courtier, Immoprêt, affirme que les primo-accédants « représentent toujours plus de la moitié des clients [de l’enseigne NDLR] ». Ne faisant pas état d’une dégradation significative de cette proportion, ce courtier signale de son côté une baisse importante du montant moyen des prêts (-5,2% en un mois) et de celui de l’acquisition. « Ces diminutions font aussi écho à l’importante baisse de l’apport moyen, qui en un mois, est passé de 25.491 euros à 22.575 euros, soit -11,4%,» ajoute-t-on chez Immoprêt.

A lire aussi sur le sujet : l’accession à la propriété en cours de reprise selon l’observatoire du financement du logement.

Chez Cafpi, en tout cas, ce sont les investisseurs qui semblent être les grands gagnants en 2015. « L’investissement locatif neuf avait représenté 10% de l’activité en 2014. A fin août 2015, c’est déjà 11,5%, » annonce l’enseigne. Invoquant le dispositif Pinel, dont « la souplesse et l’attractivité » aurait conquis un nombre croissant d’investisseurs, Cafpi table sur une part de 15% de son activité sur cette catégorie à la fin de l’année.