La « marge de manoeuvre [est] très réduite, voire inexistante pour la mise en uvre dun fichier positif qui soit jugé conforme à la Constitution » explique le Comité consultatif du secteur financier dans son rapport. La mise en place dun registre national des crédits était pourtant une des mesures phares de la loi Consommation adoptée en février 2014. Ce « fichier positif », recensant lensemble des crédits à la consommation souscrits par des particuliers, devait permettre de prévenir les situations de surendettement, en autorisant les établissements de crédit et leurs intermédiaires à vérifier en amont la solvabilité des emprunteurs.
Las, la création de ce fichier a été rejetée par le Conseil constitutionnel le 13 mars 2014. Les Sages ont estimé que ce fichier, prévu pour contenir à terme les données de plus de 12 millions de Français et être consultable par plusieurs milliers demployés des établissements de crédit, portait atteinte au droit au respect de la vie privée.
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A la suite de cette décision, le ministre des Finances Michel Sapin avait néanmoins saisi le CCSF, afin quil détermine si le projet pouvait être retouché pour gommer les réserves du Conseil constitutionnel. « Pas possible », vient de lui répondre le comité. « Les griefs opposés par le Conseil Constitutionnel sont très lourds vis-à-vis du fichier ( ) et sont liés notamment à labsence de valeur constitutionnelle de lobjectif de lutte contre le surendettement (contrairement, par exemple, à lobjectif de lutte contre la fraude) ainsi quà la nécessité de respecter le principe de proportionnalité entendu dans un sens très large par le juge constitutionnel. »
Les alternatives également rejetées
Le CCSF a par ailleurs travaillé sur plusieurs solutions alternatives. Le Crédit Mutuel a ainsi proposé de créer un « fichier positif dalerte », qui permettrait au prêteur de savoir si lemprunteur possédait déjà plus de 4 crédits en cours, et dobtenir dans ce cas seulement des informations sur ces prêts. LAssociation françaises des sociétés financières, de son côté, a proposé denrichir lactuel FICP (Fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers) dune rubrique dite de « vigilance ». Celle-ci rassemblerait des informations sur les incidents de paiements antérieurs à linscription au FICP, afin davoir un meilleur recul sur le parcours de lemprunteur.
Dans les deux cas, le CCSF a estimé que leur impact sur le surendettement semblait « assez limité », et que les dispositifs étaient « lourds et complexes à mettre en place et à gérer, pour des coûts indéterminés ». A la seconde proposition, le comité a également reproché de faire peser un risque supplémentaire dexclusion de certains emprunteurs et de recul du droit à loubli.
Reste une piste, ouverte par lassociation Crésus, sur laquelle le CCSF explique navoir pas eu le temps de travailler : la création dun fichier positif volontaire, où ne seraient recensés que les emprunteurs ayant donné leur accord. Sera-t-elle examinée ? Rien nest moins sûr. Dans ces conclusions, le CCSF ne le suggère pas au gouvernement, et se contente de proposer de tirer un bilan des différentes réformes de la prévention du surendettement, mises en uvre au cours des 5 dernières années.















