Selon Meilleurtaux et Empruntis, qui viennent de publier leurs statistiques mensuelles, les barèmes de taux immobiliers affichés par les banques sont encore à la baisse en janvier. Un phénomène inhabituel pour un début d’année, que les courtiers expliquent par le niveau toujours très bas de l’OAT 10 ans et la vive concurrence entre les banques.

« Traditionnellement, janvier est un mois d’attentisme pour les banques et il est rare qu’elles baissent leurs taux dès le début d’année », explique Sandrine Allonier, porte-parole de Meilleurtaux, dans un communiqué. « Mais compte tenu du niveau de l’OAT 10 ans [titre de dette française, NDLR] qui reste très bas (2,12% contre 3,18% en moyenne en janvier 2012) et de la demande de crédit qui demeure fragile, les banques poursuivent leur politique de baisse des taux pour rester compétitives (…) ». Le point de vue est partagé par Maël Bernier, d’Empruntis, dans un communiqué : « Les banques sont plus que jamais demandeuses de nouveaux clients qui domicilient leurs revenus chez elles. Et ces clients emprunteurs sont malheureusement rares, marché au ralenti oblige ».

Ainsi, après analyse des barèmes reçus début janvier, Meilleurtaux estime à 3,47% le taux fixe moyen pour un prêt sur 20 ans, contre 3,55% il y a un mois et 4,31% il y a un an. Soit sur cette dernière période, une économie de 88 euros sur la mensualité d’un crédit de 200.000 euros sur 20 ans (1.157 euros contre 1.245 euros), un coût total du crédit diminué de 21,4% et une capacité d’emprunt, pour une mensualité de 1.000 euros (hors assurance), qui progresse de 7,6%, à 172.885 euros contre 160.658 euros il y a un an. Empruntis, de son côté, estime à 3,20%, nouveau record, le taux du marché pour un crédit sur 15 ans, en repli de 0,10 point sur un mois. « (… ) Ces taux sont ceux affichés, mais (…) dans la réalité, pour un dossier moyen, nous flirtons avec les 3% », explique Maël Bernier.

Une reprise de la production en 2013 ?

En 2012, selon le récent Observatoire Crédit Logement, la production de nouveaux crédits immobiliers a diminué de 33% en glissement annuel. Un repli qui a toutefois relativement épargné les courtiers. Ces derniers sont également assez optimistes pour 2013. Pour Empruntis, les conditions d’emprunt sont actuellement « exceptionnellement bonnes » : « Si vous avez un apport correct et une situation financière stable, n’hésitez pas à vous positionner sur un achat immobilier. Les conditions pourront difficilement être meilleures », explique le courtier. « Outre les zones tendues, qui sont encore très chères, le ratio achat/location notamment dans les villes moyennes plaide nettement en faveur de l’acquisition et l’achat de maisons secondaires dans des zones rurales offre de très belles opportunités, la baisse de prix ayant déjà eu lieu. »

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Hasard ou conséquence ? Meilleurtaux constate une « forte reprise de la demande » sur la première semaine de 2013 : « (…) Le nombre de demandes avec compromis de vente signé est en hausse de 16% par rapport à la même période de 2012. » Mais le courtier compte surtout sur les renégociations (qui concerne 50% des demandes qui lui sont adressées) pour maintenir son niveau d’activité : « (…) On note une véritable envolée avec un nombre de demandes record : près de 8.000 dossiers (…) ont été complétés sur le site meilleurtaux.com ces sept derniers jours, soit presque autant que sur l’ensemble du mois de décembre. » Pour Empruntis, il n’y a pas à hésiter : « Pour les propriétaires, si vous remboursez à un taux supérieur à 4,50%, renégociez votre crédit ! Si votre banque refuse, faites jouer la concurrence, vous ne pouvez qu’être gagnant. »