Le niveau historiquement bas des taux de référence, OAT 10 ans et taux directeur de la BCE, devrait conforter la baisse des taux de crédits immobiliers, à l’œuvre depuis janvier dernier. Pour autant, jusqu’ici, ces très bonnes conditions d’emprunt n’ont pas réussi à faire repartir la production, toujours au ralenti.

Jeudi dernier 5 juillet, la Banque centrale européenne (BCE) annonçait la baisse de son principal taux directeur de 1% à 0,75%. Le lendemain, le taux de l’OAT 10 ans, obligation émise par la France pour refinancer sa dette, baissait à 2,41%, proche des 2,26% atteints le 4 juin dernier. Ce sont donc les deux principaux taux de référence du crédit immobilier qui se situent à des niveaux historiquement bas. Un contexte qui devrait profiter aux futurs emprunteurs : « (…) Tout concourt à ce que les taux des crédits immobiliers restent particulièrement attractifs, continuant ainsi le mouvement de baisse entamé depuis janvier » estime Hervé Hatt, le directeur général du courtier Meilleurtaux.

C’est le cas début juillet. Pour Meilleurtaux, le taux fixe moyen pour un prêt sur 20 ans se situe actuellement à 3,85%, soit un repli de presque un demi-point depuis janvier, et de 0,10 point en un mois. Chez un autre courtier, ACE, le taux le plus bas négocié sur 20 ans est également en repli de 0,05 point en moyenne, à 3,50%. Preuve que certaines banques sont toujours prêtes à accorder, « au cas par cas », des décotes aux clients disposant des dossiers les plus sûrs, comme le confirme Maël Bernier, directrice de la communication d'Empruntis : « L’un de nos clients, ayant un bon dossier, a obtenu un taux de 3,50% sur 20 ans ». Soit un demi-point en-dessous du taux moyen calculé par Empruntis à partir des barèmes actuels : 4% tout rond pour un crédit à taux fixe sur 20 ans.

Fin de l’attentisme ?

Mais qu’en est-il de l’activité du marché immobilier, au point mort depuis le début de l’année 2012 ? Les derniers chiffres publiés par la Banque de France ne sont guère rassurants. 6,4 milliards d’euros de nouveaux crédits à l’habitat ont été distribués en mai, un peu mieux qu’en avril (6,2 milliards) mais près de deux fois moins qu’en mai 2011. Ce qui laisse à penser que la faiblesse des taux ne suffit pas actuellement à faire repartir un marché toujours attentiste.

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Meilleurtaux semble toutefois avoir détecté des signes de reprise du marché en juin. Le nombre de dossiers déposés par des particuliers sur son site internet a en effet progressé de 26% en juin par rapport à juin 2011. Le courtier constate également une hausse de demandes urgentes, émanant d’emprunteurs ayant déjà signé un compromis de vente : +8% en juin par rapport à juin 2011, alors qu’elles étaient en repli de 12% en mai.

ACE, par la voix de son PDG Joël Boumendil, constate également un regain d’activité. Mais il nuance : « [Cette reprise] ne touche pas les primo-accédants pour qui les prix de l’immobilier restent toujours trop élevé et l’offre trop rare, malgré des taux historiquement bas. » Selon lui, c’est avant tout une baisse des prix qu’attendent les emprunteurs potentiels. Mais ils risquent d’être déçus. « (…) La baisse des prix de l’immobilier n’est pas effective », constate-t-il. « Dans ce contexte, je suis convaincu que le comportement des particuliers va changer. (…) Après avoir fait le constat que les prix ne baisseront finalement pas, les particuliers vont se remettre à signer, afin d’éviter que le prix du bien choisi n’augmente. »