Bras armé de la « France des propriétaires » promise par Nicolas Sarkozy, le Prêt à taux zéro +, lancé début 2011, était aussi celui de lamélioration de la performance énergétique de lhabitat des Français. Ces dernières années, lEtat a en effet conditionné une part croissante des aides à laccession à la propriété à lefficacité énergétique des logements acquis. Le PTZ ne fait pas exception : il intègre dans son barème ce critère, au détriment des bâtiments les plus énergivores.
Ce « verdissement » du PTZ+ a-t-il porté ses fruits ? A-t-il contribué à changer les mentalités des Français ? Cest la question que sest posée récemment LAgence nationale pour linformation sur le logement (ANIL), à qui le ministère du Logement a confié une mission dobservation des effets de la réforme de la politique daide à laccession à la propriété.
Un logement neuf sur cinq labellisé
Pour y répondre, lANIL sest appuyée sur les statistiques récoltées par la SGFGAS (*) sur les prêts émis au cours des trois premiers trimestres de 2011. Soit 240.389 opérations immobilières financées en partie par un prêt à taux zéro. Sur ce total, 26% concernent des logements neufs, dont un sur cinq a obtenu le label BBC. Cest peu, mais les chiffres permettent de constater que leur part a tout de même progressé tout au long de lannée 2011, et ce quel que soit le zonage. Ainsi, en zone C, les logements BBC sont passés de 6% des opérations au 1er trimestre 2011 à 10% au troisième.
Il existe toutefois dimportantes différences dune zone à lautre. Au troisième trimestre 2011, sept logements neufs sur dix en zone A, la plus dense et la plus tendue, étaient labellisés BBC, contre 1 sur 2 en zone B1, moins d1 sur 4 en zones B2 et seulement 1 sur 10 en zone C, où se concentre lessentiel de lhabitat individuel neuf.
Des propriétaires incités à la prudence
Doù vient ce relatif désintérêt des propriétaires de maison pour la norme BBC ? Il y a bien sûr le surcoût de construction, qui représente en moyenne 50.000 euros sur un prix moyen de 188.697 euros. Mais ce nest la seule explication, selon lANIL, qui fournit dautres pistes, comme limpossibilité de reporter la réalisation de certains travaux si l'on veut obtenir le label, ou la crainte des contraintes spécifiques liées aux logements à haute performance énergétique. Mais lessentiel, selon lANIL, réside dans l« incapacité des professionnels à satisfaire aux conditions de lobtention du label ».
Lagence pointe en effet « la difficulté de certaines entreprises à acquérir le savoir-faire nécessaire à la mise en uvre des normes [BBC] ». Conséquence : les accédants à la propriété sont incités à la prudence, préférant prendre les devants et éviter le surcoût BBC, plutôt que de risquer de perdre des aides en cas de non-labellisation.
Par ailleurs, les professionnels à qui ils sadressent sont également prompts à critiquer la norme, en exagérant par exemple les contraintes quelles imposent. Difficile, dans ce cas, dentretenir lengouement : depuis 2010, année du pic, les commandes de maisons BBC ont ainsi eu tendance à se tasser, selon lANIL
(*) Société de gestion du Fonds de garantie de laccession sociale à la propriété, qui fait office de relais entre lEtat et les banques pour les prêts immobiliers aidés.















