L’Agence nationale pour l’information sur le logement (ANIL) vient de publier son indicateur trimestriel des taux immobiliers, qui met en évidence une légère baisse des taux fixes en février. Le constat est le même chez Empruntis, qui publie de son côté ses baromètres régionaux.

L’indicateur de taux de l’ANIL permet de suivre, tous les trois mois, l’évolution des taux pratiqués par les principales banques du marché du crédit immobilier. D’après les relevés effectués par l’agence au 15 février, trois banques ont relevé leurs taux fixes maximum sur 15 ans au cours du dernier trimestre : le Crédit Foncier (4,90%, +0,45 point), le Crédit Mutuel (5,15%, +0,15 pt) et le Crédit Immobilier de France (4,80%, +0,20 pt).

Trois banques affichent, elles, des taux stables : Le Crédit Agricole (4,50%), Cetelem (4,70%) et la Caisse d’Epargne (4,50%). Enfin, la Banque Postale (4,25%, -0,10 pt), BNP Paribas (5%, -0,10 pt) et LCL (4,15%, -0,35 pt) ont légèrement diminué leurs barèmes.

4%, taux du marché à 15 ans

Le courtier Empruntis a publié, de son côté, ses baromètres mensuels des taux régionaux. La méthodologie est différente, mais le constat est le même : les taux fixes moyens ont légèrement baissé au cours du dernier mois. Pour un emprunt sur 15 ans, Empruntis situe le taux moyen du marché à 4%. Seule la région Ouest se situe sous ce seuil (3,95%). Le Nord, le Sud-Ouest et Rhône-Alpes se situent dans la moyenne. En Ile-de-France, dans l’Est et sur le pourtour méditerranéen, il faut plutôt compter sur un taux du marché de 4,05%.

L’écart entre les régions est donc minime, et tend à se resserrer, selon Empruntis. « Les écarts (…) se réduisent énormément en raison principalement des fortes baisses enregistrées dans les régions les plus chères », analyse Maël Bernier, directrice de la communication du courtier. « La région Est affiche ainsi des taux toujours parmi les plus élevés mais enregistre des baisses notables de l’ordre de -0,20% par rapport aux barèmes du mois passé. »

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Coup de chaud sur les durées longues

L’ANIL et Empruntis divergent toutefois sur un point : les conditions actuelles d’octroi des crédits. L’ANIL rejette l’idée d’un resserrement mis en œuvre par les banques : « La réduction du volume de la production de crédits traduit un repli de la demande et non pas un quelconque credit crunch » estime l’agence, dans un communiqué. La réponse à la baisse de la production est plutôt à chercher, selon elle, du côté du repli des aides publiques à l’accession à la propriété, notamment du Prêt à taux zéro. « En France, l’offre de crédit est très sécurisée et son caractère un peu restrictif était jusque-là contrebalancé par l’aide de la collectivité. Cet équilibre est aujourd’hui remis en cause par la réduction massive du volume des aides à l’investissement privé. »

Empruntis constate néanmoins une hausse assez nette des taux moyens appliqués sur les crédits de très longue durée, souvent privilégiés par les primo-accédants. « (…) La durée 30 ans subit un coup de chaud très net dans la plupart des régions avec des hausses pouvant aller jusqu’à 0,40% », explique Maël Bernier. « Signe supplémentaire que les banques restreignent en affichant des taux dissuasifs la distribution de cette durée. »